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    L'Edito

    Abattoirs

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5551 Le 08/07/2019 | Partager
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    Les tergiversations sur la réforme de la filière viande rouge, l’abattage en particulier, ne peuvent pas être passées sous silence. Elles sont soit un aveu d’impuissance, soit elles traduisent la volonté de protéger des lobbys. Il y a urgence à dénoncer un dangereux retard dans le premier comme dans le deuxième cas. 
    Dans le premier, ce petit jeu risque de contribuer à décrédibiliser toute une stratégie, Maroc Vert, qui a pourtant pu donner des résultats dans des écosystèmes réputés hermétiques au changement. Pourquoi ici a-t-elle échoué? Pourquoi faut-il attendre à chaque fois une alerte, une engueulade officielle, un incident pour feindre de tenter d’agir: quand ce ne sont pas les inquiétudes  des partenaires internationaux du Maroc, à qui il est demandé des efforts de convergences, ce sont alors les protestations populaires pour dénoncer des carcasses putréfiées... Dans le deuxième, cela reviendrait à cautionner l’existence d’une chaîne d’intermédiaires qui réaliseraient de juteux bénéfices sur le dos du citoyen, et tiendraient dès lors à conserver le statu quo.
    Si c’était à rire, il aurait été possible de fabuler sur d’autres pistes: les communes tiennent à conserver le «cachet authentique» de leurs abattoirs! En réalité, c’est à pleurer, tellement la responsabilité des élus est engagée. Pourquoi une telle indifférence sur un dossier qui a eu beaucoup de temps et beaucoup d’argent. L’explication selon laquelle des considérations sociales seraient en jeu ne tient pas la route. Sur la balance d’autres arguments sont tout aussi recevables: la santé du citoyen. Des risques soulignés par des centaines de rapports, d’enquêtes, menées par plusieurs générations de journalistes, et qui convergent vers le même constat. Celui des conditions médiévales des abattoirs marocains. Aujourd’hui, c’est de nouveau une alerte à caution scientifique, celle des vétérinaires. Désormais, il ne reste peut-être plus aux Marocains qu’une seule réponse pour se faire entendre. Boycotter définitivement et à grande échelle les produits, peu importe les dégâts économiques qui en découleraient. Le scandale n’a que trop duré.
     

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