L'Edito

Graves désordres

Par Nadia SALAH| Edition N°:5186 Le 10/01/2018 | Partager
nadia_salah.jpg

Quand les élus de la nation vont lire ça, ils vont se demander ce qu’ils ont voté vraiment dans la Loi de Finances. Ça, c’est le dernier examen de la Cour des comptes. Il porte sur l’exercice 2016 et en évidence le désordre régnant  sur les dépenses publiques, mais aussi sur les politiques économiques. Un seul chiffre dit tout le reste: le déficit pèse 1,7 point de PIB de plus que le Budget ne le dit. 

Les plus grosses dettes planquées sont les non-remboursements de la TVA et les arriérés de paiements des achats et chantiers. On peut comprendre le souci du Ministère des Finances: éviter que le Maroc passe en «redressement», sous la tutelle du FMI.

Mais faut-il pour cela semer le désordre dans les comptes au point de loger des salaires dans les investissements ou des cotisations de retraites dans le même sac que les subventions sur le gaz et les fonds contre d’éventuels criquets? Comment savoir ce qu’on fait vraiment avec l’argent? Pas sûr que les fonctionnaires du Ministère s’y retrouvent eux-mêmes, comme ces charmants petits écureuils qui ne savent plus où ils cachent leurs noisettes.

Le pire c’est cette pensée lancinante: si au moins on avait affaire à des voleurs, la solution serait facile. Punition et récupération, et la messe serait dite.  Mais là, point de vol, juste beaucoup de désordres pour cacher la réalité, une réalité pourtant moins grave que ce désordre qui met en panne le pays.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc