L'Edito

Evaluation

Par Nadia SALAH| Edition N°:5007 Le 20/04/2017 | Partager
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Chaque Premier ministre, chaque chef de gouvernement (le changement de nom doit marquer la marge d’autonomie/responsabilité  par rapport au Trône)  se soumet à l’exercice: présenter un programme et obtenir la confiance de la majorité. Ce deuxième point  affaiblit considérablement l’efficacité du premier: le programme d’une coalition est-il encore un programme? Personne n’a trouvé de réponse à cette contradiction. Il faudra vivre avec. Et aussi avec l’usage qui veut qu’il n’y a pas d’évaluation de l’action du gouvernement précédent.

A très juste titre, on fera remarquer qu’il y a divers et multiples organes pour s’en occuper: la Cour des comptes, l’opposition parlementaire, des travaux universitaires, le gouvernement suivant, le CESE, sans oublier le FMI et la Banque mondiale.

Ces trois derniers sont devenus si experts en langue diplomatique  qu’ils ont perdu de leur efficacité. C’est bien dommage: ils devraient être encore et toujours des référents.  La Cour des comptes est efficace sur les services et entreprises, mais ni l’opposition, ni la société civile n’estiment nécessaire de s’emparer des évaluations stratégiques pour faire pression sur les gouvernements. Aurions-nous, quelque part dans la culture marocaine, un gène qui nous empêcherait d’évaluer le passé, même tout récent?

Quant à l’opposition parlementaire, dont la raison d’être est l’évaluation du travail de  la majorité, prenons ici le cruel pari qu’elle se contentera de dire, comme d’habitude: «le programme d’El Othmani  ne répond pas aux attentes des Marocains», avant de retourner à ses affaires.

C’est d’autant plus regrettable que seule l’évaluation permettrait de changer les vieux usages de gestion politique, ceux qui ont mis 2,5 millions de jeunes Marocains hors jeu, alors qu’ils auraient dû être l’aubaine démographique du pays.

 

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