Economie

Forum mondial de la migration: Les Etats appelés à honorer leurs engagements

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5406 Le 06/12/2018 | Partager
Et aboutir à un pacte après une décennie de dialogue
En prélude du sommet de Marrakech, un forum des Etats membres de l'ONU
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Pour la représentante spéciale de l’ONU pour les migrations, Louise Arbour, le pacte vise à maximiser la sécurité pour les Etats et les migrants (Ph. Mokhtari)   

Plus que quelques jours avant la conclusion et la signature du pacte pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Ce document va être adopté lors du sommet intergouvernemental de Marrakech, les 10 et 11 décembre, et comprend  entre autres des principes garantis par des textes onusiens.

Et parmi ses objectifs, c’est justement la lutte contre la migration clandestine et assurer la sécurité des Etats et des migrants, indique Louise Arbour, représentante spéciale de l’ONU pour les migrations.

L’occasion était la 11e édition du Forum mondial de la migration et du développement (FMMD) qui poursuit ses travaux à Marrakech, à la veille de la signature de ce pacte «historique». Organisé conjointement par le Maroc et l’Allemagne, ce forum est placé sous un thème fédérateur: «honorer les engagements internationaux pour libérer les  potentialités des migrants pour le développement».

Car, finalement, c’est aussi une question d’engagements. Ce pacte, fruit d'un compromis entre quelque 190 pays, a été finalisé le 13 juillet 2018 même si aujourd’hui plusieurs pays européens reviennent sur leurs engagements.

La représentante spéciale de l’ONU pour les migrations est d’ailleurs sur tous les fronts pour expliquer la nature du texte «qui n’est pas un document contraignant», insiste-t-elle. «C'est un processus informel, non contraignant, volontaire, mené par les gouvernements, qui marque l'aboutissement de plus d'une décennie de dialogue international sur l´importance croissante des liens entre migration et développement».

Dans les faits, de nombreux migrants perdent la vie en mer et dans le désert, tandis que l'extrême pauvreté, les inégalités entre les sexes et les catastrophes naturelles continuent de pousser des populations à se déplacer, rappelle Abdelkrim Benatiq, ministre délégué chargé des MRE et des Affaires de la migration.

C’est ce qui a poussé les Nations unies à réfléchir à la nécessité d’organiser ce flux migratoire. Pour le ministre marocain, il ne faudra pas laisser place aux radicaux et aux discours populistes qui s’élèvent contre la ratification du pacte.

Même son de cloche auprès d’Antonio Vitorino, DG de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). «Il ne faut pas faire de la migration un bouc émissaire des problèmes locaux», souligne-t-il.

Le pacte qui reconnaît le lien entre la migration et le développement n’est qu’un début. 2019 sera une année cruciale pour les gouvernements et tous les acteurs concernés à l’échelle locale, nationale et internationale qui seront appelés à entamer la mise en œuvre du pacte. Et à la «narrative négative», Vitorino appelle à une mobilisation des Etats.

Badra BERRISSOULE

 

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