Société

CAN 2019: Les atouts de la candidature du Maroc

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5405 Le 05/12/2018 | Partager
L’organisation de cette compétition nécessite zéro investissement
Les infrastructures prêtes, proximité de l’Europe, matchs joués en été
L’évènement renforcera la visibilité internationale du Royaume
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Sur la photo, la victoire du Maroc (4-0) contre la Mauritanie en ouverture du CHAN 2018. Après cet événement, la CAN sera un véritable test organisationnel. Pour de nombreux observateurs, le pays présente tous les atouts  (Ph. Jarfi)

Plusieurs jours après la sentence de la CAF privant le Cameroun de l’organisation de la CAN, le Maroc n’a pas encore officiellement présenté sa candidature. Rien n’est encore joué, Rabat dispose encore de temps pour le faire. Pas d'annonce non plus sur le site de la CAF.

Dans cette affaire, l’essentiel réside dans la décision politique. Surtout qu’au cours des 20 dernières années, le pays a consenti d’énormes investissements pour le développement des infrastructures, particulièrement footballistiques.

Aujourd’hui, l’enjeu est de chercher à rentabiliser et valoriser ces équipements, notamment les grands stades. Car, dans le football, les infrastructures de haut niveau servent aux matchs de championnat. Mais cela ne suffit pas pour justifier les montants engloutis. En effet, pour jouer au foot, un club a besoin d’un terrain de 15 à 20.000 spectateurs. Or, les grands stades comme ceux notamment de Marrakech ou d’Agadir doivent trouver d’autres opportunités pour être rentabilisés.

D’autant que le Maroc a été certifié par la task force de la FIFA comme un pays capable d’organiser une coupe du monde à 48 en 2026. De plus, après la visite du Premier ministre espagnol, le Maroc serait candidat pour 2030 à côté de l’Espagne. Il s’inscrit dans la logique qui conforte la valorisation de ces infrastructures.

Par ailleurs, les retombées économiques de ce genre de compétition sont incontestables. Le Maroc est entré dans une phase où l’organisation d’un tel événement nécessite zéro investissement. En plus, une grande partie des frais de la CAN sera assurée par la CAF qui prendra en charge la logistique.

Avec la vente des billets, le tour est bouclé. Sans oublier que les matchs seront retransmis par toutes les chaînes de télévision du monde entier. En pratique, cette organisation aura des effets sur le tourisme. Il faudra compter sur la présence de 1.000 joueurs, soit 40 par équipe. Sur un mois de compétition, le total des 30.000 nuitées en hôtellerie est vite franchi.

En outre, c’est la période estivale qui démarre: la compétition de la CAN à 24 équipes, la première fois, au lieu de 16 comme avant, se jouera entre le 15 juin et le 13 juillet. Sur le plan de la communication, le Maroc sera visible au niveau mondial. Durant cette période, aucune compétition internationale de football ne viendra lui faire de l’ombre. Du coup, la CAN sera très suivie. Et les joueurs des équipes nationales africaines sont de haut niveau, pratiquant le football dans les grands clubs européens.

Sous un autre angle, il s’agira d’un véritable test organisationnel, après le CHAN. La CAN est la 3e compétition mondiale, après la Coupe du monde et la Coupe d’Europe. Cela permettra de faire jouer 24 équipes sur les 6 stades dont dispose le Maroc, et de valoriser d’autres infrastructures comme notamment les chemins de fer et la LGV, les autoroutes,…  Surtout qu’il s’agit d’une compétition qui draine beaucoup de spectateurs, de visiteurs,… La communauté africaine installée en Europe, à proximité du Maroc, sera tentée de faire la traversée. Aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour valoriser les investissements réalisés.

Reste que l’organisation de la CAN n’est pas une formalité. Elle n’est pas acquise comme semble le présenter de nombreux commentaires. Car, un tour d’horizon fait apparaître 3 pays du continent ayant la capacité d’abriter cette compétition. Il s’agit de l’Afrique du Sud, qui avait organisé la Coupe du monde en 2010, l’Egypte et le Maroc.

A cela s’ajoute la possibilité de voir des pays présenter des candidatures conjointes comme par exemple l’Algérie et la Tunisie. Cette formule conjointe a déjà été pratiquée lors de la CAN 2015 par le Gabon et la Guinée équatoriale. Du coup,  de «fortes chances de se retrouver avec 6 ou 7 candidatures existent. La logique de rentabilisation des infrastructures est valable pour d’autres pays. Le Maroc a du potentiel mais les autres en disposent également», souligne un proche du dossier.

En tout cas, le pays abritant cette fête de football africain aura au moins 6 mois pour se préparer, procéder aux retouches nécessaires des tribunes des stades, concevoir la cérémonie d’ouverture,… Le cahier des charges de la CAN fixe les modalités du choix de l’adjudicataire. En effet, une commission technique prépare un rapport sur les différentes candidatures sur la base duquel les membres du comité exécutif de la CAF trancheront par le vote.

Une deuxième chance pour le Cameroun

La CAF a décidé vendredi dernier de retirer au Cameroun l’organisation de la CAN 2019 pour cause de retards dans les travaux d'infrastructures. Cette décision fait suite à une récente inspection sécuritaire et une visite des installations, des stades et des sites d’hébergement dans le pays. Cependant, de nombreux Camerounais n’étaient pas surpris de cette sentence. Officiellement, Yaoundé a pris connaissance avec «consternation de la décision du comité exécutif de la CAF». Toutefois, le gouvernement invite l’opinion publique à «ne pas céder à la tentation des polémiques stériles». En tout cas, il prévoit de terminer les constructions en février prochain. Pour cela, il a contracté un emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA à la Bourse des valeurs de Douala, dont 70% seront destinés à l’achèvement des travaux pour la CAN-2019. Qu’importe, dans cette affaire, le Cameroun n’a finalement pas été pénalisé, sachant que le règlement prévoit le retrait de l’organisation, assorti de pénalités. Au contraire, Yaoundé a été conforté en lui accordant plus de temps pour se préparer à l’organisation de la CAN en 2021.

Mohamed CHAOUI

 

 

 

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