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HACA: Nouveau casting pour la mise à niveau

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5405 Le 05/12/2018 | Partager
Akharbach-Asloune ont l’habitude de travailler en binôme
La nouvelle équipe de la HACA est attendue sur une série de chantiers
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Après sa nomination par le Roi en tant que présidente de la HACA, Latifa Akharbach, ex-ambassadeur en Tunisie et en Bulgarie, est attendue sur plusieurs chantiers, particulièrement en matière d’accompagnement des transformations rapides que connaît le secteur audiovisuel depuis quelques années (Ph. MAP)

La nomination de Latifa Akharbach par le Roi à la tête de la HACA initie le processus de sa mise à niveau. Sur le plan institutionnel, la HACA est devenue une instance constitutionnelle depuis 2011. Aujourd’hui, le renouvellement de ses membres a été mené selon les dispositions de la loi 15-11 sur la réorganisation de cette Haute autorité.

Outre la présidente, le Roi a également désigné Benaissa Asloune, en tant que directeur général de la communication audiovisuelle, en remplacement de Jamaleddine Naji. Akharbach et Asloune avaient pris l’habitude de travailler en binôme.

D’abord à l’ISIC, dirigé par Akharbach entre 2003 et 2007, où Asloune était directeur des études. Celui-ci avait également assuré la fonction de directeur de cabinet de Akharbach, en 2008, lorsqu’elle était secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères.

Ce binôme est attendu actuellement sur le chantier de la redynamisation de l’action du gendarme du secteur audiovisuel. Surtout que le mandat précédent n’a pas été marqué par de grandes décisions. Certains professionnels avancent que Akharbach, qui avait réussi à mettre l’ISIC sur orbite, pourrait donner un coup de fouet à l’action de la HACA et du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle.

L’idée est d’assurer une meilleure régulation du secteur, qui connaît de profondes transformations depuis quelques années, notamment avec le virage numérique et la multiplication des webradios et des web-TV, qui constitue l’un des principaux challenges de la prochaine période.

Outre la présidente et le DG de la HACA, le Souverain a également désigné 4 autres membres de cette instance. Il s’agit de Narjiss Reghay, Jaafar Kansoussi, Ali Bakkali Hassani et Abdelkader Chaoui. Les autres membres sont proposés par les présidents des deux Chambres du Parlement et par le chef du gouvernement. Ce dernier a opté pour Fatima Baroudi, directrice de l’information à la chaîne Al Oula, et Khalil El Alami Idrissi, ex-inspecteur général du ministère de la Communication.

Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, a proposé Badia Radi, députée USFP et journaliste dans le quotidien publié par ce parti. Le président de la 2e Chambre, Hakim Benchamach, a opté pour Mohamed El Maazouz, membre influent du PAM, docteur en anthropologie et en sciences humaines.

La nouvelle équipe de la HACA est attendue sur une série de chantiers. Le communiqué du cabinet royal est on ne peut plus clair, en mettant l’accent sur le souci du Roi de «voir cette institution accomplir ses missions, en particulier celles concernant la garantie de la liberté de la communication audiovisuelle, de la liberté d’expression, du droit à l’information».

Les médias devront aussi disposer d’un «champ audiovisuel diversifié, pluriel et équilibré». Le respect du pluralisme, du professionnalisme et de l’éthique font également partie du cahier des charges de cette instance. Ce renouvellement de la composition de la HACA devra également favoriser la relance de certaines attributions, mises en stand-by durant le dernier mandat. Cela concerne particulièrement l’octroi de nouvelles licences pour la création de radios ou de chaînes de télé.

Surtout que certains opérateurs marocains ont choisi de s’implanter dans d’autres pays pour assurer la diffusion de leurs programmes, pour contourner l’absence de licence. Lors de la mise en place de la HACA, l’objectif était notamment de «mettre fin au monopole de l’Etat et enclencher le processus de mise à niveau et de modernisation du secteur audiovisuel, en favorisant la création d’entreprises privées de radio et de télévision, dans un cadre normatif et institutionnel clair, garantissant une libéralisation saine et régulée».

La HACA a également une mission de conseil, qu’elle devra également redynamiser. Elle peut donner son avis sur toutes les questions relatives au secteur de la communication audiovisuelle et proposer au gouvernement toutes les mesures d’ordre juridique, ainsi que toutes les modifications de nature législative et réglementaire, rendues nécessaires par l’évolution technologique, économique, sociale et culturelle des activités du secteur.

Missions

L’article 165 de la loi fondamentale, qui a consacré le statut constitutionnel de la HACA, stipule qu’elle est «chargée de veiller au respect de l’expression pluraliste des courants d’opinion et de pensée et du droit à l’information dans le domaine de l’audiovisuel et ce, dans le respect des valeurs civilisationnelles fondamentales et des lois du Royaume». Elle transmet au gouvernement, aux deux Chambres du Parlement et aux partis, syndicats et Chambres professionnelles, le relevé du temps d’intervention des personnalités dans les émissions des radios et télévisions, particulièrement durant les périodes électorales.

M.A.M.

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