Economie

Le made in Italy défend ses marques à l’international

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5404 Le 04/12/2018 | Partager
Premier pays européen ciblé par les contrefacteurs
Rencontre ce 4 décembre sur la propriété industrielle
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Diplômée en science politique, l’ambassadrice d’Italie au Maroc, Barbara Bregato, est en poste au Maroc depuis janvier 2018. «Les exportations italiennes vers le Maroc ont augmenté de 17% pour une valeur totale de près de 2 milliards d’euros en 2017», précise la diplomate qui a démarré sa carrière au milieu des années 1980 (Ph. Ambassade d’Italie au Maroc)

- L’Economiste: Pourquoi organisez-vous avec l’OMPIC ce mardi à Casablanca une rencontre sur la promotion de la propriété industrielle?
- Barbara Bregato:
Le «Made in Italy» s’appuie sur une créativité où la tradition est liée à l’innovation. Le séminaire «Maroc-Italie: Coopérer pour la promotion de la propriété industrielle et la lutte anti-contrefaçon» va exposer les instruments de protection des marques, encourager l’échange de bonnes pratiques...D’autant plus que la coopération commerciale entre nos deux pays est excellente dans les domaines des énergies renouvelables, l’hydrocarbure, la construction, les services... L’Italie est le 5e partenaire du Maroc, son 6e fournisseur et son 3e client avec 4,6% de parts de marché.

- Pourquoi l’Italie est le pays européen le plus touché par la contrefaçon?
- Les droits de propriété intellectuelle font partie du patrimoine culturel italien et fonde notre économie. Ils sont supérieurs à la moyenne européenne. Pour les  marques  enregistrées uniquement, l’Italie se classe 4e en Europe. Nous sommes ainsi les plus touchés par la contrefaçon et le second au niveau mondial après les États-Unis. Les produits contrefaits représentent 2,5% du commerce mondial pour un montant de 338 milliards d'euros. Par ailleurs, 5% des importations européennes sont liées aux produits contrefaits pour environ 85 milliards d'euros. Aussi, 15% des produits contrefaits saisis à l’UE sont des imitations de nos marques.

- Quel rôle peut jouer la diplomatie dans la lutte contre la contrefaçon?  
- La diplomatie sensibilise les autorités anti-contrefaçon, les entreprises et les consommateurs et participe à l’échange d’informations. Qu’il s’agisse de l’impact négatif sur l’économie ou des dangers des produits contrefaits sur la santé et la sécurité. La lutte anti-contrefaçon dans la zone euro-méditerranéenne a été renforcée en 2014 sous la présidence italienne de l’UE.  Le Maroc a participé en novembre 2014 à Rome à la 3e réunion des comités nationaux anti-contrefaçon. La «Charte de Rome pour renforcer la lutte anti-contrefaçon» a été signée par 16 pays méditerranéens pour institutionnaliser le réseau CNAC EUMED. Le ministère italien des Affaires étrangères y est actif via ses ambassades. Côté sécuritaire, la Guardia di Finanza est un corps de police spécialisé institué en 1774. Organisé sous forme militaire, il est dirigé par le ministre de l’Economie et des finances.

Propos recueillis par F.F.

 

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