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Aérien: Les atouts de l’écosystème Airbus

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5404 Le 04/12/2018 | Partager
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Pour Fouad Attar, DG d’Airbus pour la région Mena, les usines implantées au Maroc suivent la croissance du groupe. C’est important pour répondre au carnet de commandes qui affiche actuellement 8.000 avions déjà vendus, qu’il faudra fabriquer (Ph. Bziouat)

Partenaires de l’Association des compagnies aériennes africaines, les responsables d’Airbus ont profité de l’assemblée générale, tenue la semaine dernière à Rabat, pour renforcer les liens avec leurs principaux clients. Le constructeur, qui dispose de deux usines au Maroc, a déjà équipé des compagnies du continent. L’un des principaux arguments mis en avant: la modernisation de la flotte favorise une économie de carburant et permet de mieux faire face à la concurrence dans ce secteur.

- L’Economiste: Vous venez de participer à l’assemblée générale de l’Association des compagnies aériennes africaines. Quelle est l’importance de cette rencontre pour Airbus?
- Fouad Attar:
Nous sommes partenaires de cette Association. Ces rencontres permettent d’échanger sur ce qui se passe dans le monde de l’aérien au niveau régional et international. Cela concerne différents aspects, notamment le développement de la flotte, les nouveautés technologiques… C’est un moment de mise à jour des informations.

- Parmi les obstacles pointés lors de cette assemblée générale, figure le problème des coûts élevés pour les compagnies aériennes en Afrique. Qu’en pensez-vous?
- Les compagnies aériennes sont sensibles à la question des coûts, parce qu’il y a une compétition féroce, notamment avec l’Open Sky. Au Maroc, la compagnie nationale évolue dans un contexte très compétitif. Elle est challengée par les sociétés de low-cost. Elle doit être compétitive. Donc, il faut avoir les outils pour faire face à cette situation, notamment en termes de flotte performante. Aujourd’hui, les avions ont changé. Les appareils utilisés il y a une dizaine d’années consomment 20% de fuel en plus. Vu la part du carburant dans le prix du billet, l’impact est très important. Donc, les compagnies cherchent toujours à renouveler leurs flottes.
En Afrique du Nord, toutes les compagnies aériennes se sont équipées. Cela concerne Tunisair, Egyptair. Pour Air Algérie, le gouvernement a mobilisé les fonds pour renouveler la flotte à travers l’acquisition de 30 avions d’ici 2025. Nous attendons que la RAM réagisse à ce niveau, parce que c’est important qu’elle suive ce qui se passe dans la région. Par exemple, Tunisair commence à exploiter des A 320 neo. Idem pour Egyptair. Ce nouvel avion permet d’économiser 15 à 20% de carburant par siège. Le calcul est vite fait. Surtout avec le prix du fuel qui continue d’augmenter.

- Comment se porte l’écosystème Airbus au Maroc?
- Airbus est présente au Maroc depuis 50 ans, à travers une série d’entreprises. Aujourd’hui, Stelia, filiale d’Airbus, emploie plus d’un millier de personnes. La 2e usine a pratiquement doublé son effectif. Airbus se développe au Maroc plus facilement, parce que la maison mère est à 2 heures de vol de Casablanca. Dans cet écosystème, nous retrouvons 150 à 200 entreprises de sous-traitance d’aviation, pour équiper des avions Airbus.

- Etes-vous satisfaits de la qualité des ressources humaines au Maroc?
- C’est l’un des éléments décisifs. Le Maroc dispose de compétences formées. Nous avons également des programmes de formation pour adapter les ressources humaines à certaines méthodes d’Airbus.

- Avez-vous prévu de nouveaux investissements?
- Nous continuons d’investir de façon permanente. Les usines opérationnelles sont conçues avec des objectifs de développement. Nos usines suivent notre croissance. Actuellement, notre outil de développement au Maroc c’est Stelia. Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous n’allons pas construire une 3e ou une 4e usine. Tout est possible. Nous avons un carnet de commandes de près de 8.000 avions actuellement qui sont déjà vendus, qu’il faut fabriquer. Donc, nous sommes contents d’avoir des usines qui suivent notre croissance.

- Quel est l’apport de la présence d’Airbus au Maroc en termes de développement des flottes des compagnies africaines?
- Airbus, ce n’est pas seulement l’aviation civile, mais aussi militaire. Dans ces activités, nous avons des développements en Afrique. Pour l’aviation civile, nous sommes présents dans toutes les régions du continent. Par exemple, le Sénégal vient d’acquérir 2 avions A-330 neo de dernière génération, avec des cabines considérées comme les plus modernes au monde. C’est aussi un avion très économe. D’autres compagnies se sont équipées de nouveaux appareils comme l’Ethiopian Airlines qui ont acquis 24 Airbus 350, qui est l’avion le plus moderne du groupe. C’est un avion qui permet à cette compagnie de réduire ses coûts.

- Quelles sont vos attentes vis-à-vis du gouvernement pour accompagner le développement des activités du groupe sur le Royaume?
- Beaucoup de choses ont été déjà réalisées pour faciliter l’installation, que ce soit au niveau logistique, incitations fiscales… Le Maroc a rendu très attractif l’investissement dans le domaine aéronautique. Des efforts ont été menés par le gouvernement pour favoriser le développement de cet écosystème. Maintenant, au niveau de la compagnie nationale, je pense que la RAM doit aller plus vite et commencer à s’équiper. J’espère que ça va venir.

Adaptabilité

Les dirigeants d’Airbus mettent en avant une des principales particularités de leur offre: l’adaptabilité des appareils. Concrètement, «tous les types d’avions de 10 à 600 places font partie d’une même famille. Par exemple, ces appareils peuvent être conduits par les mêmes pilotes, dans la mesure où leurs cabines sont quasiment identiques, en dépit des différences de taille», est-il indiqué.

Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

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