International

Le gotha mondial convoqué au sommet du G20

Par L'Economiste | Edition N°:5402 Le 30/11/2018 | Partager
L’événement se tient en Argentine en fin de semaine
Panorama des principales puissances
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Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays du G20 (qui concentre 85% du PIB mondial) se réunissent en Argentine du 30 novembre au 1er décembre 2018 (cf. notre édition N° 5399 du 27/11/2018). Buenos Aires attire le gratin mondial: le président des Etats-Unis Donald Trump, ses homologues russe Vladimir Poutine, chinois Xi Jinping, français Emmanuel Macron et bien d’autres. Le sommet se tient entre escalade en Ukraine et inquiétudes pour l’économie mondiale.

Le FMI estime qu’à court terme, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75% en raison de l’accroissement des tensions commerciales. La rencontre sera l’occasion de signer le nouveau traité de libre-échange nord-américain entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.

■ Etats-Unis: Donald Trump se présente à Buenos Aires en chantre de «l’America First». Il est bien décidé à mettre la pression sur ses homologues chinois et russe à l’occasion de leurs rencontres bilatérales. Concernant la Chine, son administration a fait savoir qu’il y avait une bonne chance qu’un accord soit conclu avec Pékin sous certaines conditions. Le président américain a signalé son intention d’imposer des taxes douanières sur les importations de voitures aux Etats-Unis pour protéger l’industrie automobile américaine.

■ Chine: Tous les yeux seront tournés sur la rencontre entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping. Leur entretien s’annonce tendu. L’administration américaine a en effet considéré que la Chine n’avait pour l’heure pas fait de propositions destinées à réformer ses pratiques commerciales. En réponse, Xi Jinping a promis d’améliorer la protection de la propriété intellectuelle et d’ouvrir plus grand les portes du marché chinois.

■ France: Emmanuel Macron va s’efforcer d’avancer sur une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de préserver l’Accord de Paris sur le climat. Les retrouvailles entre Trump et Macron s’annoncent tendus après les tweets provocateurs du locataire de la Maison-Blanche. Le président français a été confronté ces derniers jours au mouvement des «gilets jaunes».

■ Royaume-Uni: Ce sera le premier déplacement d’un chef de gouvernement britannique en Argentine depuis la guerre des Malouines en 1982. Theresa May, la Première ministre conservatrice, est en difficulté à quelques jours d’un vote crucial (11 décembre) au Parlement sur l’accord de Brexit, menacé d’être retoqué par des députés très sceptiques. En cas de sortie de l’UE, Londres mise beaucoup sur un accord de libre-échange avec son allié américain.

■ Allemagne: La chancelière allemande Angela Merkel, en fin de cycle politique, se présentera au G20 nettement affaiblie sur la scène internationale. Avec une croissance du PIB attendue de 1,8% en 2018 et 2019 et un taux de chômage historiquement bas (5%), Berlin se porte économiquement bien en grande partie grâce à ses importants excédents commerciaux. Consciente que son économie repose en partie sur l’export, la chancelière, qui s’oppose à toutes mesures protectionnistes pouvant mettre à mal le libre-échange, devrait à nouveau défendre le multilatéralisme à Buenos Aires.

■ Arabie saoudite: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dit «MBS», arrive au G20 en pleine affaire de la mort du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul. A Buenos Aires, MBS croisera pour la première fois le président turc Recep Tayyip Erdogan. Riyad, qui pourrait aussi profiter de ce sommet pour aborder la question de la chute du cours du pétrole avec les autres poids lourds des hydrocarbures, dont la Russie et les Etats-Unis, doit accueillir le G20 en 2020.
F. Z. T. avec agences

                                                                      

■ Argentine: Le président Mauricio Macri reçoit les chefs des plus grandes puissances mondiales alors que son propre pays traverse une profonde crise économique, avec une inflation annuelle de 45% et une économie en récession. Dans un contexte de crise, la présidence argentine du G20 espère pouvoir trouver des points de consensus pour la déclaration finale, malgré les nombreux contentieux internationaux.

■ Brésil: C’est un Michel Temer sur le départ qui se rend à Buenos Aires. Tous les regards sont déjà tournés vers le président élu d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2019 avec un gouvernement ultra-libéral et qui devrait tourner le dos au multilatéralisme. Invité à participer au G20 par Temer, le futur dirigeant de la première économie d’Amérique latine a décliné pour des raisons de santé.

■ Russie: Fort d’une économie stabilisée depuis la crise de 2014/2015 (inflation basse, déficit maîtrisé), le président Vladimir Poutine sera sans aucun doute une des figures du sommet. Son pays étant au cœur de plusieurs dossiers tels que la guerre en Syrie, la crise en Ukraine, les sanctions occidentales ou les tensions russo-américaines. Mais, dans un contexte d’escalade entre Moscou et Kiev, la rencontre avec Donald Trump pourrait être annulée.

 

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