Economie

Sidérurgie: Les EnR, nouveau relais de croissance

Par Nadia DREF | Edition N°:5402 Le 30/11/2018 | Partager
Les opérateurs sont attirés par le coût bas de l’éolien et du PV
Le secteur réalise un chiffre d’affaires de 11 milliards de DH
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Pour l’ASM, la stratégie énergétique nationale devrait se traduire par des économies pour l’industrie sidérurgiste (Ph. F. Al Nasser)

L’énergie est au cœur de la compétitivité des industries. Les sidérurgistes l’ont compris. Les opérateurs veulent faire appel davantage aux énergies renouvelables pour réaliser des économies tangibles. Ils sont réconfortés dans ce choix par les coûts réduits du renouvelable (PV et éolien). Les prix ont atteint des niveaux très bas au cours des dernières années dans les grands projets au Maroc.

Actuellement, l’éolien est le moins cher, atteignant 0,3 DH/kWh (Nareva). Le photovoltaïque n’est pas en reste. Le tarif est de l’ordre de 0,45 DH/kWh (Acwa). Le cadre légal encourage également le recours au renouvelable. La loi 13-09 permet aux industriels de mettre en place des contrats d’achats d’électricité auprès de producteurs privés.

A titre d’exemple, le renouvelable permettra à un opérateur intégré (aciérie et laminoir) dont le coût d’électricité est de 50 euros/tonne de réduire sa facture de 15 à 20%, soit 7 à 10 euros/tonne, apprend-on auprès de l’Association marocaine de la sidérurgie (ASM).

«L’énergie est un grand défi pour nos industries. Elle représente le deuxième poste de charge après la matière première. Nous avons créé des commissions en interne et conclu des contrats avec des entreprises d’énergie renouvelable pour accélérer le processus de transformation», fait valoir Mohamed Azmi, président de l’ASM.

C’était lors de la deuxième édition de «Steel impulse», organisée le 27 novembre à Casablanca. Un rendez-vous qui a initié des concertations entre les différentes parties prenantes pour l’amélioration du volet énergétique qui est un facteur-clé de compétitivité du secteur. L’objectif visé par l’ASM est de mettre en place une feuille de route à court, moyen et long terme. Une vision globale incluant des incitations et des mesures d’accompagnement.

«La consommation d’énergie dans le secteur industriel se concentre au niveau de 3 branches d’activité, dont le secteur de la sidérurgie», tient à préciser Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable. «Les entreprises industrielles de transformation existantes sont tenues de réduire leurs besoins en énergie fossile, adopter de nouveaux process plus économiques et faire appel aux énergies renouvelables, notamment l'éolien et le solaire», renchérit le ministre.

La montée en puissance des énergies renouvelables génère de nouveaux défis pour le système électrique national en raison du problème d’intermittence. Pour rassurer les investisseurs, l’ONEE a lancé la réalisation d’une plateforme de gestion et de supervision des EnR, consistant à mettre en place un dispatching dédié à la gestion et à la supervision de la production des énergies renouvelables et permettant la prévision de la production intermittente.

«Ce projet permettra d’assurer en temps réel la gestion des flux de production des EnR, l’affichage des informations concernant l’état du réseau, tout en offrant les outils nécessaires d’aide à la décision. L’effort porte également sur le renforcement du réseau électrique pour développer davantage la capacité d’accueil afin d’évacuer l’énergie produite de source renouvelable».

Lors de cette rencontre, les sidérurgistes ont exprimé leur souhait de tirer davantage profit des EnR. Justement, la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables permet l’ouverture du marché de l’énergie électrique de sources renouvelables aux investisseurs privés. Ce qui permettra de produire de l’énergie de sources renouvelables et de la commercialiser au Maroc comme à l’étranger, tout en ayant le droit d’utiliser le réseau électrique national de transport et de distribution.

Suite aux retours des projets réalisés, le ministère travaille actuellement sur la réforme du cadre législatif et réglementaire des EnR pour améliorer la bancabilité des projets. Par ailleurs, un projet de décret d'application de la loi sur l’autoproduction est en cours d’élaboration.

A l’instar d’autres secteurs, la sidérurgie est une industrie énergivore. Le coût de l’énergie au Maroc reste cher en comparaison avec d’autres pays. Toutefois, cette donne n’est pas une fatalité, selon les opérateurs. L’effort doit être porté sur l’adoption des EnR.

Le secteur de la cimenterie est donné en exemple en la matière, notamment pour ses similitudes avec la sidérurgie. Les professionnels tablent également sur les mesures anti-dumping en cours d’examen. Des annonces sont attendues au cours des prochaines semaines.

Indicateurs clés

L’industrie de la sidérurgie emploie actuellement 19.000 personnes dont 5.000 chez les opérateurs et 14.000 dans la collecte de la ferraille. Sa valeur ajoutée est estimée à 1,2 milliard de DH. Le chiffres d’affaires réalisé en 2017 par ce secteur s’élève à 11 milliards de DH. Les exportations ont atteint 183.000 tonnes. Quant à la capacité de production, elle est de 2,6 millions de tonnes. Pour rappel, l’Association des sidérurgistes du Maroc a été créée en 2009 par les principaux opérateurs du secteur. Il s’agit de Sonasid, Maghreb Steel, Moroccan Iron Steel, Univers Acier, Univeral Industrial Steel, Ynna Steel, Somasteel et Riva Industries.

Nadia DREF

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