Economie

Mobilisation mondiale pour les migrations

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5402 Le 30/11/2018 | Partager
135 gouvernements représentés au Forum mondial du 5 au 7 décembre à Marrakech
La question de l’articulation entre migrations et développement au cœur du système
Les recommandations de la rencontre internationale très attendues

Pendant plus d’une semaine, les yeux du monde seront rivés sur Marrakech qui accueille la 11e édition du Forum mondial de la migration et du développement (FMMD). Organisée du 5 au 7 décembre à Marrakech, conjointement par le Maroc et l’Allemagne, quelques jours à peine avant le Pacte mondial de la migration, cette manifestation est placée sous un thème fédérateur: «honorer les engagements internationaux pour libérer les  potentialités des migrants pour le développement».

Pas moins de 1.500 responsables sont attendus pour participer à cette rencontre internationale, présidée par Abdelkrim Benatik et son homologue allemand. Cette présidence conjointe est une initiative unique pour au moins trois raisons. Selon le ministre des MRE et des affaires de la migration, elle place les partenaires des pays du Nord et du Sud sur un pied d'égalité pour diriger les discussions sur les préoccupations communes en matière de migration.

En outre, pour la première fois, deux gouvernements ont défini des objectifs clairs et ciblés pour le FMMD à horizon de deux ans. Une période qui coïncide avec l'élaboration du Pacte mondial pour les migrations et la mise en œuvre rapide des cibles en matière de migration, définies dans les objectifs de développement durable. Enfin, les deux gouvernements ont montré l'exemple ces dernières années en introduisant, au niveau national, des politiques migratoires tournées vers l'avenir.

En tout cas, ce duo sera appuyé par la canadienne Louise Arbour, la représentante spéciale pour les migrations auprès du secrétaire général de l’ONU. Antonio Vitorino, le DG de l’Organisation internationale pour les migrations, fera le déplacement. Il apportera son éclairage et son expérience aux débats et aux recommandations du Forum.

Le CNDH, qui s’était déjà impliqué dans les questions migratoires, sera de la partie. Le programme prévoit une intervention de Driss El Yazami. Selon un document, le Forum est une initiative récente des États membres de l'ONU afin de traiter les interconnexions entre migration et développement, de manière pratique et orientée vers l'action.

«C'est un processus informel, non contraignant, volontaire, mené par les gouvernements, qui marque l'aboutissement de plus d'une décennie de dialogue international sur l´importance croissante des liens entre migration et développement», est-il indiqué.

C’est pour cela que pas moins de 135 gouvernements, dont 30 ministres, feront le voyage à Marrakech. Surtout que cette rencontre intervient quelques jours avant la tenue du Pacte mondial pour la migration, que certains pays, à l’instar de l’Italie et d’Israël, ont décidé de boycotter. En tout cas, la société civile sera  fortement représentée à travers l’implication des associations de migrants, des organisations internationales, des chercheurs, des experts et des universitaires.

Le tableau est complété par la mobilisation du secteur privé, des maires et des parlementaires. Lors des débats programmés, l’accent sera mis sur les questions liées à la migration et au développement. Des échanges sur les pratiques en cours auront une place de choix, avec des exposés sur des expériences menées notamment par des Etats dans ce domaine.

A ce titre, la politique marocaine en matière de régularisation des émigrés clandestins, initiée par le Souverain et qui a abouti à l’octroi de plus de 5.000 cartes de séjour en deux vagues, sera présentée. Dans ce même élan, le Maroc a mis en place les mécanismes d’intégration de cette population, à travers notamment le travail, l’habitat et la scolarisation des enfants dans les écoles publiques marocaines.

Les positions prises à l'égard de la migration continuent d'évoluer, mais des différences significatives persistent. Pour le ministère de Abdelkrim Benatiq, la migration est devenue une question plus sensible dans les pays confrontés à de graves problèmes d'intégration ou de marché du travail.

De nombreux migrants perdent la vie en mer et dans le désert, tandis que l'extrême pauvreté, les inégalités entre les sexes et les catastrophes naturelles continuent de pousser des populations à se déplacer. En outre, les effets bénéfiques de la migration, lorsqu'elle est bien gérée, sont de plus en plus reconnus.

De nombreux gouvernements partout dans le monde portent un intérêt de plus en plus marqué aux moyens permettant d'optimiser les avantages de la migration par le biais d’un nombre plus important de partenariats internationaux afin de s'assurer que la migration est bénéfique pour tous», selon la note de cadrage du Forum.

Contrat social

Il est proposé de placer les discussions de ce Forum dans le prolongement de celles tenues lors du dixième sommet de Berlin en 2017 sur le thème «Vers un contrat social mondial sur la migration et le développement». Lors de cette édition de Marrakech, le processus du Pacte mondial sera entré dans sa phase finale avant son adoption à la suite de nombreuses consultations menées à l’échelle nationale, régionale et internationale. Il s’agit d’une migration sûre, ordonnée et régulière, franchissant ainsi une étape importante vers l'établissement d'un «Contrat social mondial». Cependant, l'adoption du Pacte mondial n'est que la première étape. Car, 2019 sera une année cruciale pour les gouvernements et tous les acteurs concernés à l’échelle locale, nationale et internationale qui seront appelés à entamer la mise en œuvre de ce Contrat.

Mohamed CHAOUI

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