International

Les scénarios climatiques sont plus sombres

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5401 Le 29/11/2018 | Partager
Les émissions mondiales de CO2 repartent à la hausse
Des mesures urgentes pour respecter l’Accord de Paris
La COP24 se déroulera du 3 au 14 décembre en Pologne
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D’après les chercheurs du Climate Action Tracker (qui regroupe des centres de recherche spécialisés dans les politiques climatiques), le Maroc figure parmi les pays qui respectent leurs objectifs environnementaux. Sa contribution au niveau national est notée +1,5 °C compatible avec l’objectif de l’Accord de Paris

Les émissions mondiales de CO2 ont augmenté en 2017, après avoir été stables pendant trois ans. C’est ce que dévoile le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dans un nouveau rapport publié avant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, la COP 24, qui se déroulera du 3 au 14 décembre à Katowice en Pologne.

Ces émissions ont atteint un niveau historique, à 53,5 gigatonnes (Gt) équivalent CO2, soit 0,7 Gt de plus qu’en 2016. Et 2018 devrait connaître la même tendance, avec une hausse attendue des émissions du secteur de l’énergie (3/4 du total), a déjà prévenu l’Agence internationale de l’énergie.

Si l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions n’est pas comblé avant 2030, il est extrêmement improbable que l’objectif de maintien de la hausse des températures en-deçà de 2 °C puisse encore être atteint, avertissent les experts du PNUE.

Plusieurs pays du G20 en particulier ne devraient pas remplir leurs engagements pris à Paris (UE, Etats-Unis, Australie, Canada...), à en croire leurs trajectoires actuelles. La Chine et la Russie devraient y arriver, mais leurs ambitions étaient relativement limitées.

Cette hausse souligne la nécessité pour les pays de respecter l’Accord de Paris sur le climat et de maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, voire en dessous de 1,5 °C, estime le PNUE, appelé aussi ONU Environnement. La poursuite des tendances actuelles entraînera probablement un réchauffement de la planète d’environ 3 °C d’ici la fin du siècle, puis une augmentation continue de la température.

Les études du PNUE suivent de près le rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique (GIEC), publié en octobre. Celui-ci a déjà alerté les Etats sur les lourdes conséquences d’une hausse des températures au-delà de 1,5 °C.

«Les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2030 doivent être inférieures d’environ 25 à 55% par rapport à 2017 pour que le monde soit sur le chemin le moins coûteux pour limiter le réchauffement climatique», selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Pire encore, il note qu’il n’y a aucun signe de renversement de cette tendance et que seuls 57 pays (représentant 60% des émissions mondiales) sont en voie de combler leur «déficit d’émission» (c’est-à-dire le fossé entre ce qui va probablement avoir lieu et ce qu’il faudrait atteindre). L’augmentation des émissions et la lenteur des mesures prises signifient que ce déficit est plus important que jamais.

Les experts climatiques proposent aux gouvernements des moyens concrets de réduire leurs émissions, notamment par le biais de la politique fiscale, de technologies innovantes, d’actions non étatiques et infranationales… «Quand les gouvernements adoptent des mesures fiscales pour subventionner des solutions à faibles émissions et taxer les combustibles fossiles, ils peuvent stimuler les investissements appropriés dans le secteur de l’énergie et réduire considérablement leurs émissions de carbone», indique Jian Liu, directeur scientifique de l’ONU Environnement.

«Heureusement, le potentiel d’utilisation de la politique fiscale en tant qu’incitation est de plus en plus pris en compte: 51 initiatives de tarification du carbone sont en oeuvre ou en cours de planification, couvrant environ 15% des émissions mondiales», souligne-t-il.

Le cas du Maroc

Plusieurs pays ont soit renforcé les mesures d’atténuation dans leurs contributions déterminées au niveau national soit ont exprimé leur intention de le faire. Par exemple, le Maroc a engagé depuis plusieurs années un programme de transition. Il espère réduire les émissions de gaz à effet de serre de 42% à l’horizon 2030. Il vise également le renforcement de l’utilisation du gaz naturel et des énergies renouvelables.

F. Z. T.

 

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