International

France: Les «gilets jaunes» obtiennent des concessions

Par L'Economiste | Edition N°:5400 Le 28/11/2018 | Partager
L’impact des taxes sur le carburant pourrait être limité
La fiscalité sur l’essence et le diesel va s’adapter aux fluctuations des prix

Après  dix jours de mobilisation pour dénoncer la baisse du pouvoir d’achat en France, le mouvement des «gilets jaunes» a obtenu mardi 27 novembre 2018 quelques concessions de la part du président français Emmanuel Macron.

■ La grogne se poursuit: Le mouvement s’inscrit dans une longue tradition française de contestation de l’impôt. Au départ, la colère des manifestants était focalisée sur la hausse des taxes sur les carburants, dont une nouvelle salve doit intervenir le 1er janvier. Mais au fil du temps, les revendications du mouvement qui s’organise sur les réseaux sociaux ont muté. Au-delà d’une baisse des taxes sur l’essence et le diesel, certains protestataires réclament le rétablissement d’un impôt sur les grandes fortunes, d’autres des mesures pour le pouvoir d’achat des plus modestes. Les plus radicaux d’entre eux appellent à la dissolution de l’Assemblée nationale, voire la démission d’Emmanuel Macron. Pour éviter d’être trop désorganisés, une délégation de huit communicants officiels, a été créée afin de porter une série de doléances. Ils demandent principalement de revoir à la baisse toutes les taxes et la création d’une assemblée citoyenne.

■ Les annonces d’Emmanuel Macron: Face à ce mouvement de grogne soutenu par environ 70% des Français selon plusieurs sondages, le président français a annoncé son intention de limiter l’impact des taxes sur le carburant. Il a notamment indiqué que la fiscalité sur l’essence et le diesel serait adaptée aux fluctuations des prix du pétrole. En résumé, si le baril grimpe, le gouvernement pourrait décider de suspendre ou réduire la hausse de la fiscalité qui reste maintenue au 1er janvier 2019. Le chef de l’Etat a en outre annoncé une grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale, rassemblant associations, élus et représentants des gilets jaunes, pour, dans les trois mois qui viennent, élaborer des solutions, des méthodes d’accompagnement. Des représentants des «gilets jaunes» seront par ailleurs reçus par le ministre de la Transition écologique, François de Rugy. Pas question cependant de remettre en cause la politique de transition écologique du gouvernement qui doit encourager les Français à adopter des modes de vie et de transport moins polluants.

Le mouvement peut-il durer?

A lire certaines réactions sur les réseaux sociaux, les annonces d’Emmanuel Macron n’ont pas convaincu. Avec une mobilisation en baisse, la question d’un essoufflement du mouvement se pose néanmoins. La première journée de protestation, le 17 novembre, a réuni près de 300.000 manifestants dans toute la France, sous diverses formes d’action, principalement des blocages routiers. Et lors de l’acte II, samedi dernier, ils étaient trois fois moins à reprendre leurs actions, dont 8.000 à Paris. C’est d’ailleurs dans la capitale que l’attention s’est focalisée, avec des incidents entre manifestants et forces de l’ordre sur la célèbre artère des Champs-Elysées.

F. Z. T. avec agences

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