International

Le plan Juncker comble le déficit d’investissement

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5400 Le 28/11/2018 | Partager
Il a mobilisé près de 360 milliards d'euros
Environ 850.000 PME devraient en bénéficier
Il a déjà accru de 0,6% le PIB de l'UE

En quatre ans d'existence, le plan d'investissement pour l'Europe ou «plan Juncker», a-t-il donné ses fruits? Dépassant les attentes et son objectif initial, le plan a mobilisé à ce jour 360 milliards d'euros d'investissements, dont deux tiers provenant de ressources privées, selon un bilan établi par la Commission européenne.

Grâce au soutien du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI), 850.000 petites et moyennes entreprises (PME) devraient bénéficier d'un accès amélioré au financement. Selon les estimations, le Fonds a déjà favorisé la création de plus de 750.000 emplois.

D'ici 2020, ce seront 1,4 million d'emplois qui auront été créés, avec des retombées positives pour des millions de ménages européens. Plusieurs secteurs stratégiques ont pu en bénéficier comme l’Agriculture, le numérique, l’énergie, l’environnement et utilisation efficace des ressources, la recherche, le développement et l’innovation, le Social ou encore les transports…

Le plan Juncker a déjà accru de 0,6% le PIB de l'UE, un chiffre qui devrait atteindre 1,3% d'ici 2020. Il profite à tous les Etats membres, en particulier à ceux qui ont été le plus durement touchés par la crise. Deux innovations ont permis à des centaines de promoteurs de projets de bénéficier d'un soutien sur mesure. Il s’agit de la plateforme européenne de conseil en investissement (qui a déjà traité 860 demandes) et le portail européen de projets d'investissement, qui propose aux investisseurs potentiels un catalogue accessible de projets aboutis.

Des efforts ont également été accomplis pour éliminer les obstacles aux investissements. Pour assurer un bon climat des affaires, il est question de supprimer les obstacles réglementaires et de poursuivre des réformes structurelles favorables aux entreprises. La Commission Juncker a instauré une nouvelle approche basée sur des réformes structurelles, investissement et responsabilité budgétaire.

Grâce à cette approche des progrès ont été constatés dans tous les Etats membres, en particulier en matière de réformes administratives et d'environnement des entreprises. Des efforts supplémentaires de mise en oeuvre des réformes structurelles sont cependant encore nécessaires dans certains pays, par exemple en ce qui concerne l'efficacité des systèmes judiciaires.

La proposition de la Commission pour le prochain budget à long terme de l'UE vise précisément à renforcer l'attractivité des investissements. Le nouveau fonds InvestEU s'appuiera sur le modèle de l'EFSI et visera à mobiliser encore 650 milliards d'euros supplémentaires d'investissements. Tandis que le programme d'appui aux réformes fournira un appui financier et technique aux Etats membres pour les aider à mener des réformes.

Filtrage des investissements étrangers

Les européens sont parvenus à un accord politique sur un cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers. Le principe d'ouverture aux IDE est consacré par les traités de l'UE. Ils alimentent la croissance économique, l'innovation et l'emploi.
Toutefois, dans certains cas, des investisseurs étrangers pourraient chercher à acquérir des actifs stratégiques leur permettant de contrôler ou d'influencer des entreprises européennes dont les activités revêtent une importance critique pour la sécurité et l'ordre public dans l'UE. D’où l’intérêt de ce cadre qui crée notamment un mécanisme de coopération permettant d'échanger des informations et de faire état des préoccupations.

F. Z .T.

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