Régions

Fès-Eclairage public: Ce que contient le contrat de la future SDL

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5399 Le 27/11/2018 | Partager
Un taux de disponibilité d’au moins 97% des 68.000 points lumineux
Une baisse de la consommation annuelle qui avoisine les 60% aussi
Reconstruction des réseaux aérien et souterrain, candélabres, luminaires…
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La nouvelle SDL procédera à la reconstruction du réseau en LED (66.312 luminaires Shreider), l’acquisition de 8.090 candélabres, et la mise à niveau de 35.000 mètres linéaires du réseau aérien, et 92.000 mètres linéaires du réseau souterrain (Ph. Electra Maroc)

Driss El Azami El Idrissi, maire de Fès, a choisi Marrakech pour dévoiler sa stratégie de «ville intelligente». Intervenant devant des acteurs de la vie locale en Afrique et partenaires issus d’autres régions du monde, dans le cadre du 8e Salon international des villes et des collectivités territoriales d’Afrique «Africités 2018», le maire de la capitale spirituelle a résumé sa vision de «smart city» en trois axes: l’administration électronique, la mobilité et déplacement urbain et l’efficacité énergétique.

Pour ce dernier volet, la priorité du maire est d’assurer un taux de disponibilité en éclairage public de 97% (au lieu de 60% actuellement) tout en réduisant la facture énergétique d’au moins 60%. Des chiffres très prometteurs pour les participants au forum de Marrakech qui débattaient (du 20 au 24 novembre) autour de «La transition vers des villes et des territoires durables: le rôle des collectivités territoriales d’Afrique». L’Economiste revient sur la recette de Driss El Azami El Idrissi pour «illuminer» Fès «intelligemment».

■ Le dossier de la SDL en cours d’approbation (Engagements contractuels)

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Entre consommation et maintenance, la facture annuelle de l’éclairage public de la ville de Fès s’élève à quelque 68 millions de DH. Un montant que les dirigeants du conseil communal n’ont pu honorer, laissant des quartiers dans le noir. Ce, parfois pendant plusieurs mois. Pour endiguer ce phénomène, l’actuel maire a opté pour une gouvernance par le biais d’une Société de développement local (SDL).
En effet, c’est après plusieurs mois de tractations et à l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt, que la mairie a révélé, le 25 juillet dernier, son partenaire dans la future SDL en charge du secteur de l’éclairage public.
Il s’agit du groupement de sociétés marocaines «Citelum/Nabilum» qui créera, avec la Ville, la société «Fès Inarati». Pour rappel, le choix s’est porté sur ce groupement «suite à une étude approfondie des offres déposées et une évaluation objective et transparente, sur la base des critères d’évaluation fixés et communiqués dans les conditions de consultation».
Cette SDL aura pour objet de réduire la facture énergétique de la ville d’au moins 60%. Toutefois, l’aboutissement du processus de sa création «reste lié à l’approbation de la convention par le ministère de l’Intérieur et ce conformément à la loi organique relative aux communes». Car, seul le département de Laftit est en mesure de connaître les capacités financières des collectivités territoriales, et surtout éviter les défaillances qui ont suivi la création des SDL dans d’autres villes du Royaume.  

■ Rénovation, extension, maintenance…en priorité

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A la charge de «Fès Inarati by Citelum/Nabilum», la rénovation, l’extension, la maintenance, et l’exploitation des installations du réseau de l’éclairage public de Fès, dont le parc est constitué d’environ 68.094 points lumineux pour une facture énergétique s’élevant à environ 56 millions de DH (en plus de 12 millions de DH pour la maintenance). En fait, les équipements affichent actuellement des taux de vétusté de 30% pour les réseaux aérien et souterrain, 20% pour les armoires de commandes et candélabres et jusqu’à 68% pour les luminaires. Ainsi, la nouvelle SDL promet d’investir 366 millions de DH pour chambouler le secteur. Constituée par la Commune de Fès à hauteur de 51% et l’opérateur privé à hauteur de 49%, celle-ci aura pour performance d’assurer un taux de disponibilité d’environ 97% et une baisse de la consommation annuelle d’environ 60%. Le contrat stipule une durée de 15 ans, et la reconstruction du réseau en LED (66.312 luminaires Schreder), l’acquisition de 8.090 candélabres, et la mise à niveau de 35.000 mètres linéaires du réseau aérien, et 92.000 mètres linéaires du réseau souterrain. La reconstruction de 210 armoires et la télégestion de la totalité des armoires de la ville (1.036) figurent également au programme. En outre, le coût d’exploitation sur la durée du contrat s’élèvera à quelque 216,6 millions de DH. Notons que les engagements et les niveaux de services contractuels tablent sur un taux de disponibilité lumière de 97% et la réduction progressive de la facture énergétique de 32 millions de DH (au bout de la 4e année), soit une baisse de la consommation d’au moins 57,6%.

■Transfert de technologie: Un projet pilote
La SDL s’engage également à livrer un projet pilote de ville intelligente au niveau de l’avenue Allal Benabdallah, l’un des prestigieux boulevards de Fès. Sans donner plus de précision, la Commune annonce aussi le lancement d’un processus de formation continue, un partenariat avec la Faculté des sciences techniques de Fès (FST), ainsi qu’une unité d’assemblage des luminaires. Par ailleurs, la société investira en ressources humaines et équipements afin d’assurer l’exploitation et la maintenance de l’éclairage public. En tout, 7 équipes de maintenances curative, préventive et de gestion seront recrutées. Côté matériels, plusieurs engins seront mis en service. Y figurent notamment 8 fourgonnettes, 3 nacelles, 3 camions grues, en plus des voitures électriques de liaisons. Ainsi, le délégataire sera joignable via un numéro vert 24H/24 et 7J/7. Il est de son devoir d’assurer un délai d’intervention de 2 heures sur le réseau électrique. Il faudra compter 36 heures pour une lampe hors service, et 90 minutes pour une armoire en noir. A noter qu’à la fin de son contrat, la SDL laissera des luminaires et des candélabres avec un âge moyen respectivement de 13 et 19,2 ans.
Le taux de vétusté de son matériel ne devrait pas dépasser le 8%. Notons enfin qu’il a été convenu d’intégrer une mise en lumière du patrimoine de la ville. Bien que cette proposition n’est pas inclue dans le partenariat initial, la mairie souhaite inscrire ce projet dans le cadre de la valorisation des équipements publics et monuments de la médina, ainsi que l’embellissement des artères de la ville nouvelle.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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