International

Sommet du G20: Les dirigeants y placent beaucoup d’espoirs

Par L'Economiste | Edition N°:5399 Le 27/11/2018 | Partager
Commerce, climat, Brexit et enjeux politiques au menu
L’événement est prévu en fin de semaine en Argentine

Au conflit commercial entre les grandes puissances, s’ajoutent nombre de préoccupations, comme le bon déroulement du Brexit, les débats autour du budget italien ou encore les enjeux climatiques. Des sujets qui ne manqueront pas d’être évoqués lors du sommet du G20 qui se tient en Argentine le vendredi 30 novembre et samedi 1er décembre 2018.

La sécurité sera renforcée à cette rencontre où sont attendus notamment Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping et Emmanuel Macron. Tous les yeux seront tournés sur la rencontre entre le président américain et son homologue chinois en marge des réunions officielles.

Dans un G20 (représentant 85% de la production économique mondiale)  qui s’annonce conflictuel, la France s’efforcera d’avancer sur une réforme de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) et de préserver l’Accord de Paris. L’Hexagone compte sur le soutien de pays comme le Canada et l’Argentine pour proposer un renforcement de l’OMC et améliorer le fonctionnement de l’organe d’appel. Les plus grandes économies mondiales ont imposé 40 nouvelles barrières commerciales entre mi-mai et mi-octobre, sur un volume d’échanges de près de 500 milliards de dollars, a révélé l’OMC dans un rapport sur le suivi des mesures commerciales appliquées par les membres du G20.

Le volume des échanges couverts par de nouvelles mesures de restriction à l’importation a atteint 481 milliards de dollars. C’est un montant plus de six fois supérieure à celui enregistré au cours de la période précédente et le plus important depuis que cette mesure a été calculée pour la première fois en 2012.

Le DG de l’OMC, Roberto Azevedo, a lancé un avertissement en jugeant les conclusions du rapport «très préoccupantes et a appelé à une action immédiate pour désamorcer la situation». Si aucune solution n’est trouvée, les risques économiques augmenteront, avec des conséquences possibles sur la croissance, l’emploi et les prix à la consommation dans le monde.

Le gendarme du commerce international a accepté de trancher le différend commercial opposant les Etats-Unis à l’UE et 6 pays, dont la Chine, qui dénoncent ces droits de douane américains. Il s’est aussi engagé à se prononcer sur la légalité des diverses mesures de représailles mises en place ces derniers mois par l’Union européenne, le Canada, la Chine et le Mexique à l’encontre de produits américains.

Sur le climat, l’Accord de Paris avait fait l’objet d’un front au G20 de Hambourg malgré la sortie des États-Unis. «Nous ne souhaiterons pas cautionner un texte moins ambitieux», souligne Paris, qui veut consolider l’Accord, juste avant la réunion de la COP24 en Pologne. Les pays européens ont affirmé en octobre dernier qu’ils étaient prêts à revoir leur ambition sur le climat à la hausse en 2020.

Côté Brexit, après avoir arraché un accord avec l’UE (cf. notre édition N°5398 du lundi 26 novembre 2018), la Première ministre britannique Theresa May a réuni hier lundi matin son cabinet et doit s’employer à convaincre avant Noël son pays et le Parlement d’avoir trouvé le meilleur accord possible. Celui-ci prévoit une période de transition de 21 mois après le Brexit, fixé au 29 mars 2019, pendant laquelle quasiment rien ne change entre les deux parties et qui pourrait même être prolongée jusqu’en 2022. Restera alors le prochain défi: négocier la future relation.

Concernant l’Italie, le bras de fer est officiel. Bruxelles a en effet de nouveau rejeté le projet de budget pour 2019 de la coalition populiste, ouvrant la voie à de possibles sanctions financières. Et le gouvernement italien a réaffirmé sa volonté de maintenir sa copie en l’état.

Des défis pour le Maroc

De par sa position géographique, le Maroc est un partenaire économique stratégique de l’Argentine. D’où l’intérêt de conclure un accord de libre-échange pour renforcer les relations commerciales entre les deux pays. C’est ce qu’a affirmé récemment à Rabat le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Faurie. Pêche maritime et agriculture… sont autant de secteurs où la coopération doit être renforcée.

                                                   

L’économie argentine

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Pays Hôte , l’Argentine, est elle-même sous forte pression économique. Son président de centre-droit, Mauricio Macri, a engagé des coupes budgétaires drastiques en échange d’un prêt de 56 milliards de dollars du Fonds monétaire international pour sortir d’une grave récession.

Le défi est donc que les réformes structurelles et la cure d’austérité, dénoncées dans la rue par des manifestants, soient accompagnées d’un message positif sur le front commercial. Ce G20 aura aussi un aspect historique, avec la réconciliation symbolique entre l’Argentine et le Royaume-Uni, 36 ans après la guerre des Malouines de 1982. Theresa May sera le premier chef de gouvernement britannique à se rendre à Buenos Aires.

F. Z. T. avec agences

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