International

Quelle relation post-Brexit entre l’UE et Londres?

Par L'Economiste | Edition N°:5398 Le 26/11/2018 | Partager
La question a été abordée lors du sommet du 25 novembre
Les dirigeants des 27 approuvent l’accord de divorce

Les dirigeants des pays européens ont approuvé, dimanche 25 novembre, à Bruxelles, le retrait britannique de l’UE. Auparavant, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé que l’Espagne avait obtenu un accord sur Gibraltar et voterait en faveur du Brexit.

Ce «traité de retrait» devra toutefois encore passer l’épreuve de la ratification du Parlement européen et surtout celle du Parlement britannique avant d’entrer en vigueur le 29 mars 2019. Voici les principaux points du projet de déclaration politique visant à définir le cadre de la future relation entre l’UE et le Royaume-Uni:

■ Commerce: Le texte prévoit un partenariat économique comprenant une zone de libre-échange ainsi qu’une coopération sectorielle. Il devra garantir l’absence de droits de douane et de quotas dans tous les secteurs. Ce partenariat devra respecter l’intégrité du marché unique et de l’union douanière de l’UE ainsi que le marché intérieur britannique. Il devra aussi reconnaître le développement par le Royaume-Uni d’une politique commerciale indépendante.

■ Réglementation: Tout en préservant leur autonomie réglementaire, l’UE et le Royaume-Uni mettront en place des dispositions pour éviter les obstacles inutiles au commerce des marchandises. Dans ce contexte, le Royaume-Uni envisagera de s’aligner sur les règles de l’Union dans les domaines pertinents.

■ Services financiers: Les liens entre la City londonienne et l’UE ne seront pas aussi poussés après le Brexit qu’aujourd’hui, les deux parties souhaitant préserver leur autonomie réglementaire et décisionnelle. Un travail sur la délivrance d’équivalences pour les institutions financières britanniques débutera dès que possible.

■ Circulation des personnes:  La future relation devra respecter le résultat du référendum de 2016 sur la fin de la libre circulation des personnes entre l’Union et le Royaume-Uni. Ces derniers devront prévoir (...) l’exemption de visa pour les voyages de courte durée et étudier la possibilité de faciliter le franchissement de leurs frontières respectives pour les voyages légitimes. De plus, les conditions d’entrée et de séjour à des fins de recherche, d’études, de formation et d’échanges de jeunes seront examinées au cours des négociations.

■ Irlande: Les deux parties réaffirment que les engagements (liés au déroulement) du processus de paix en Irlande du Nord resteront d’une importance capitale. Elles rappellent qu’elles sont déterminées à remplacer la solution du filet de sécurité concernant l’Irlande du Nord par un accord ultérieur. Pour garantir l’absence d’une frontière dure sur l’île d’Irlande, Londres et Bruxelles pourraient mettre en place divers dispositifs afin de faciliter d’éventuels contrôles douaniers.

D’autres volets

- L’UE et le Royaume-Uni devront établir un nouvel accord de pêche, en particulier sur l’accès aux zones maritimes et sur la répartition des quotas.
- La déclaration envisage une coopération entre les deux parties en matière de politique étrangère et défense. L’UE perd avec le Brexit l’une de ses principales puissances militaires et la déclaration ouvre la voie à la participation du Royaume-Uni aux projets européens de défense.
- Le Royaume-Uni et l’UE entameront chacun de leur côté des travaux préparatoires en vue de commencer les négociations dès le départ des Britanniques, le 29 mars 2019. Au cours de ces discussions, qui s’achèveront à l’issue d’une période de transition pour l’instant fixée au 31 décembre 2020, une rencontre se tiendra tous les six mois pour faire le point sur les progrès accomplis.

F. Z. T. avec agences

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