Economie

Changement climatique: Les chantiers prioritaires

Par Nadia DREF | Edition N°:5398 Le 26/11/2018 | Partager
Le Maroc mobilisé à renforcer ses capacités d’adaptation
Des projets pilotes bancables seront dévoilés lors de la COP24

A la veille de la COP24 et de l’échéance 2020 (agenda de mise en œuvre de l’accord de Paris), les pays africains doivent se mobiliser pour mieux défendre leurs intérêts face aux réticences des puissances polluantes. Malgré le fait que les émissions en gaz à effet de serre ne dépassent pas les 4% en Afrique, ce continent demeure le plus impacté et le plus vulnérable au changement climatique.

«Le renforcement de la résilience de nos pays en particulier et de notre continent en général est une urgence primordiale. Nos engagements dans les processus respectifs des plans nationaux d’adaptation sont plus qu’une nécessité», fait valoir Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable. C’était lors d’un atelier régional africain dédié au renforcement des capacités tenu à Casablanca.

Et d’ajouter: «Nous devrions veiller à l’implication efficace et effective de toutes les parties prenantes, notamment les décideurs, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et la communauté scientifique ainsi que l’inclusion du genre et des jeunes».

La réussite de ces processus devra déboucher sur des projets bien ficelés capables de mobiliser des financements climatiques à travers les fonds disponibles, notamment le Fonds Vert qui allouera 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020. «Au niveau des territoires, nous sommes prêts à relever les défis, mais nous n’avons pas les moyens pour faire face aux catastrophes naturelles», tient à préciser Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca.

Le Maroc s’est engagé à réduire de 42% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. Les émissions annuelles sont estimées à près de 100 millions de tonnes, à raison de 3 tonnes de CO2 équivalent/an/habitant. Plusieurs chantiers sont déjà lancés afin d’atteindre cet objectif qui nécessite une forte mobilisation.

«Sur la période 2005-2010, le Royaume a consacré 64% des dépenses climatiques aux efforts d’adaptation, ce qui équivaut à 9% des dépenses globales d’investissement. Ce chiffre est nécessairement appelé à augmenter dans les années et décennies à venir pour atteindre 15% des budgets d’investissement dédiés à l’adaptation», précise la ministre El Ouafi.

Pour l’heure, le secrétariat d’Etat chargé du Développement durable mène un programme de renforcement des capacités multi-acteurs en matière de finance climat et d’accompagnement de quelques régions pilotes dans l’élaboration de projets climatiques bancables qui sont en cours de réalisation. C’est le cas de Souss-Massa, Marrakech-Safi et Béni Mellal-Khénifra.

«Ces projets seront présentés lors de la COP24», annonce la secrétaire d’Etat. Souss-Massa est le territoire le mieux avancé dans ce domaine. Fin septembre dernier, un projet de système de mesure, reporting & vérification (MRV) a été lancé. Une sorte de cartographie régionale de la vulnérabilité face aux changements climatiques.

Un projet qui a bénéficié d’un financement onusien de 125.000 dollars dans le cadre de l’Initiative pour la transparence de l´action climatique (ICAT). Quant à Casablanca-Settat, une SDL y sera dédiée à l’environnement. Elle portera le nom de «Casa Baiaa». D’autres projets sont en cours de finalisation au niveau de Marrakech-Safi.

Coopération Sud-Sud

Fort de son leadership régional en matière de protection des impacts du changement climatique, le Maroc accompagne 11 pays africains avec lesquels il a signé des conventions de coopération dans ce domaine. Ce qui passe à travers le lancement d’une série d’ateliers africains de renforcement des compétences, dont le premier du genre a été organisé, les 23 et 24 novembre, à Casablanca, avec la participation du Centre de compétences du changement climatique Maroc (4C Maroc) et l’appui de la Coopération allemande ainsi que l’Organisation de l’alimentation et de l’agriculture (FAO). Y ont pris part les représentants de plusieurs pays (Madagascar, Mali, Guinée, Niger, Burkina-Faso, Côte  d’Ivoire…) ou encore les acteurs nationaux et territoriaux. Cet atelier permet d’appuyer les pays participants à honorer leurs engagements au titre de l’accord de Paris, notamment dans les processus nationaux de planification de l’adaptation. Autre nouveauté: 4C proposera des formations à la carte aux pays africains. Au programme, des missions d’experts dont la dernière a eu lieu en ce mois de novembre à Madagascar.

Nadia DREF

 

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