Economie

Universités françaises: Pourquoi les frais d’inscription vont flamber

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5397 Le 23/11/2018 | Partager
Des hausses pharamineuses: de 170 à 2.770 euros pour la licence
Lot de consolation: maintien du tarif actuel pour les étudiants déjà inscrits
Ils basculeront dans le nouveau dispositif à la sortie du cycle

Coup de tonnerre au sein des familles marocaines ayant des enfants poursuivant des études en France ou celles qui s’apprêtent à en envoyer. Et pour cause, la France a décidé d’augmenter les frais d’inscription dans le supérieur pour les étudiants non européens. Ainsi, à partir de la prochaine rentrée universitaire, les tarifs passeront de 170 à 2.770 euros pour le cycle de la licence, de 243  à 3.770 euros pour les masters et les doctorats.

Cette hausse vertigineuse et non préparée inquiète les familles des 40.000 étudiants marocains que compte la France. Ils arrivent dans l’Hexagone à hauteur de 13.000 étudiants chaque année. Il s’agit de la première communauté étrangère, avant les Chinois, les Algériens et les Tunisiens. L’un des parents ayant deux enfants à Lille rappelle qu’il ne s’agit pas «d’une augmentation de 9, 15 ou 30% des frais, mais d’une hécatombe».

Lui comme d’autres pensent déjà à rapatrier et inscrire leur progéniture dans le système marocain. Sauf que Clélia Chevrier Kolacko, DG de l’Institut français du Maroc, qui est montée au créneau, pour mieux vulgariser la nouvelle «stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux», présentée par le Premier ministre français lundi dernier, a annoncé un lot de consolation lors d’un briefing mercredi au sein de l’ambassade de France au Maroc.

Ainsi, les étudiants engagés dans la vie universitaire française resteront sur le tarif en cours actuellement jusqu’à la fin de leur cycle. C’est en changeant de cycle que le nouveau dispositif entrera en vigueur, dit-elle. De même, les étudiants qui partent en France dans le cadre d’accords de coopération ne sont pas concernés par les nouveaux prix.

En tout cas, aucun montant de l’enveloppe générée par cette hausse n’est avancé. Mais une estimation sommaire donne 1 milliard d’euros de recettes d’inscription des étudiants étrangers. Côté français, on se contente de rappeler que l’augmentation projetée représente «le tiers du coût réel d’un étudiant» pour les Finances publiques.

«Nous resterons très en-dessous des 8.000 à 13.000 euros de nos voisins néerlandais et des dizaines de milliers de livres en Grande-Bretagne, et de la plupart des pays européens, sans évoquer bien sûr la situation sur le continent nord-américain», a fait valoir Clélia Chevrier Kolacko, un argument avancé lundi par le Premier ministre français Edouard Philippe. L’Etat continuera à financer les deux tiers restants du système. Dans cette affaire, c’est l’équité financière qui est recherchée.

Pour convaincre, elle donne l’exemple d’étudiants étrangers riches qui paient le même prix d’inscription que des Français issus de milieux défavorisés. En tout, la DG est persuadée, comme d’ailleurs son Premier ministre, que ce plan améliorera l’attractivité des universités françaises.

Il table sur un objectif de 500.000 étudiants étrangers en 2027 contre 343.000 étudiants étrangers aujourd’hui, soit une hausse de 46%. Il résume sa stratégie en un Twitt: «Opérer une forme de révolution pour que notre attractivité ne soit plus tant fondée sur la quasi-gratuité que sur un vrai choix, un vrai désir, celui de l’excellence».

Pour lui, cette hausse des droits d’inscription permettra également  de financer davantage de bourses. Ainsi, il est prévu de créer 15.000 bourses d’exemption des frais d’études, visant principalement les étudiants de pays en développement. Les Affaires étrangères accordent 7.000 bourses aux étudiants étrangers.

Trois piliers

La stratégie annoncée repose sur 3 piliers  dont le premier vise à garantir de meilleures conditions d’accueil des étudiants au niveau des démarches administratives d’inscription, de logement,… Si le deuxième cible l’équité financière entre tous les étudiants, français et étrangers, le dernier pilier propose de soutenir les établissements français qui souhaitent aller s’installer auprès des étudiants à l’étranger. Le Maroc compte déjà 7 établissements. D’autres sont en cours de préparation, note Clélia Chevrier Kolacko. 

M.C.

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