Economie

Sommet Africités: Les villes, berceaux d’opportunités mais aussi de casse-têtes

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5397 Le 23/11/2018 | Partager
Planification et gestion urbaines: des enjeux de développement de premier ordre
Le cas du Maroc porté en exemple
Les pistes et recommandations du sommet
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La planification urbaine a été l’un des grands thèmes abordés lors du sommet Africités, l’initiative des Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique, qui se tient à Marrakech jusqu’au 24 novembre (Ph. Pixabay)

La planification urbaine a été l’un des grands thèmes abordés lors du sommet Africités, l’initiative des Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA), qui se tient à Marrakech jusqu’au 24 novembre. Démographie galopante, pauvreté, changements climatiques font de la planification et de la gestion urbaine des enjeux de développement de premier ordre.

Encore faut-il comprendre l’urbanisation, ses moteurs et ses dynamiques mais aussi ses impacts, pour concevoir des politiques à la fois locales, nationales et continentales, qui soient inclusives. Car les défis sont nombreux. Compétitivité, attractivité, gouvernance, innovation et connectivité, mais aussi les défis foncier, écologique et celui de la cohésion sociale, la pression sur les villes est forte.

Le sommet Africités permet ainsi d’échanger, de réfléchir et de tisser des partenariats d’un pays à l’autre. Le Maroc, en plus de sa qualité d’hôte, a fait figure d’exemple étant entré, depuis déjà des décennies, dans une phase accélérée d’urbanisation. Les villes marocaines abritent plus de 62% de la population urbaine et périurbaine, produisent 75% du PIB et drainent 70% des investissements.

«La gouvernance est le premier défi à relever dans ce paysage où les villes intermédiaires émergent. Ces villes qui sont les moteurs de croissance économique de demain» explique Abdellatif Ennahli, secrétaire général du ministère de l’Aménagement du territoire national et d’urbanisme. Via le Schéma national de l’armature urbaine, une priorité dans le programme gouvernemental 2017-2021, les villes intermédiaires s’imposent comme maillons stratégiques des systèmes urbains régionaux.

Sauf qu’elles restent caractérisées par la primauté des fonctions d’encadrement territorial. La question de la gouvernance se pose donc avec une acuité toute particulière pour cette catégorie de villes, dans la mesure où leur développement devra être mené en étroite symbiose avec celui de la ville-mère. Il s’agit en effet d’éviter que cette dernière ne s’accapare les investissements valorisants, ne laissant que des miettes aux villes d’appui.

D’autre part, le niveau et la qualité de service des collectivités territoriales à leurs habitants est largement tributaire des moyens dont elles disposent et qu’elles mettent en oeuvre. En ligne de mire également, la question de la résilience, ou la capacité de la ville à supporter le coût environnemental, économique et social de la mondialisation, et la question de la relation ville-environnement et nature.

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Depuis 2012, les CGLUA publient, tous les 3 ans, un rapport sur les environnements institutionnels des autorités locales en Afrique. L’édition de 2018, qui porte sur 53 pays du continent, place le Maroc parmi les pays dont l’environnement est plutôt favorable aux villes et collectivités. Ce rapport souligne tout de même les points à améliorer. La première recommandation concerne la finalisation, dans des délais raisonnables, de l’arsenal juridique régissant la décentralisation.

La deuxième ayant trait aux rapports Etat-collectivités territoriales, qui doivent être reconsidérés en profondeur pour passer des rapports verticaux d’autorité qu’implique la notion de tutelle, à des rapports basés sur la  légalité, le dialogue, la concertation, la convergence… ce qui suppose notamment la promotion d’une réelle autonomie locale.

L’incapacité des villes à consommer l’intégralité de leurs ressources, faute d’une bonne gestion, l’absence des femmes dans le leadership de la collectivité territoriale ou l’accès limité des collectivités locales à la finance climat étant les autres points d’amélioration à travailler.

Bonne nouvelle, la tendance générale est à l’amélioration de l’espace politique donné par les gouvernements africains aux actions des villes et des collectivités locales. Ainsi, à l’échelle du continent, la comparaison de la note moyenne pour ces 53 pays étudiés a augmenté de 18% entre 2012 et 2018.

Les outils «Africités» pour imaginer l’avenir

Au total, plus de 200 exposants sont présents au sommet, réunis en un salon international, qui met l’accent sur les différents secteurs d’activités liés aux services urbains et aux besoins du marché des collectivités territoriales. L’objectif étant, là encore, d’échanger sur les projets suivis par les différents pays et de conclure des accords de collaboration. Africités, c’est aussi un concours d’idées lancé en direction des jeunes africains du continent et de la diaspora, chargés d’imaginer un futur durable pour les villes et territoires d’Afrique en 2030 et 2063. Dans ce cadre, un «cartoon camp challenge» est destiné aux designers, architectes, urbanistes et artistes et un «virtual reality contest» met en lumière des outils et applications TIC pour les villes africaines intelligentes et durables.

J.A.

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