Economie

Financement: La data pour stimuler le crédit

Par Franck FAGNON | Edition N°:5394 Le 16/11/2018 | Partager
Le Maroc classé 112e pour l’obtention de prêts dans le Doing Business, son plus mauvais rang
Un meilleur usage des données améliorera l’évaluation du risque et l’offre
QuantikScore permet d’identifier les mauvais payeurs et les bons profils desservis
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L’atonie de la croissance du crédit tient pour une partie au ralentissement de l’activité économique, ce qui pèse sur la demande. En même temps, il y a des marges de progrès au niveau de l’offre. En plus des process internes, les établissements de crédit peuvent s’appuyer sur certaines solutions externes pour mieux apprécier le risque et ainsi étendre l’offre à des profils qui éprouvent des difficultés à y accéder

Pour atteindre le top 50 du Doing Business (le Maroc est actuellement classé 60), il faudra libérer un peu plus le crédit. L’instauration du crédit bureau il y a dix ans a entre autres contribué à améliorer le classement du Maroc sur le critère «obtention de prêts» (gain de 19 places depuis 2009). Mais il demeure l’un des points sur lequel la marge de progrès est encore significative puisque le Royaume est 112e dans le dernier rapport, son plus mauvais rang.

La technologie offre de nouvelles opportunités aux banques pour mieux évaluer le risque crédit. Entre les discours sur la transformation numérique et les investissements que les établissements sont prêts à consentir pour faire évoluer leur modèle, il existe un décalage chez certains acteurs. «Les banques ne réalisent pas encore la masse de données sur laquelle elles sont assises.

Pour booster l’industrie du crédit, il faudra s’appuyer sur la data», relève Yacine Faqir, directeur général de Quantik Maroc(1). La filiale marocaine de Dun & Bradstreet Credit Bureau est l’un des deux délégataires de Bank Al-Maghrib pour la gestion de la centrale des risques.

Les évolutions réglementaires avec entre autres l’entrée en vigueur de la norme IFRS 9, qui impose le provisionnement d’un crédit dès l’octroi, supposent aussi un pilotage plus efficace du risque de crédit. Les banques ne peuvent plus rester sur les mêmes outils qu’auparavant surtout dans un contexte de forte concurrence, notamment des acteurs de la nouvelle économie.

Lorsque le risque n’est pas bien cerné, cela donne lieu à des demandes de garanties parfois lourdes qui sont pénalisantes pour les petites et moyennes entreprises. Ces sociétés doivent aussi effectuer un travail sur elles-mêmes pour améliorer leur gouvernance. Les TPME captent seulement le tiers des crédits octroyés aux entreprises.

En plus des process internes, les établissements de crédit peuvent s’appuyer sur certaines solutions externes pour maîtriser le risque crédit. QuantikScore, l’une d’entre elles, sera introduite sur le marché d’ici la fin de l’année.

Grâce à un algorithme, Quantik pourra traduire en chiffres le profil de solvabilité des emprunteurs (entreprises et personnes physiques). «Le score reflète le comportement de l’emprunteur sur les 24 derniers mois. Il permet aussi de déterminer sa probabilité de défaut sur un horizon de 12 mois», explique le directeur général de Quantik.

Pour les risk managers, c’est un outil supplémentaire qui aidera à identifier les mauvais payeurs et surtout d’élargir le périmètre du crédit en intégrant des profils qui éprouvent des difficultés à y accéder. Par ailleurs, l’intégration des données des opérateurs télécoms et des régies de distribution d’eau à partir de 2019 dans la centrale des risques contribuera à affiner le rapport de solvabilité des emprunteurs.

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(1) Intervention mercredi 14 novembre à Casablanca lors de la présentation de la nouvelle identité et des solutions de la société en présence de Miguel Llenas, PDG de Dun & Bradstreet Credit Bureau, et Rajesh Mirchandani, PDG de Dun & Bradstreet Asie du Sud et Moyen-Orient.

F. Fa

 

 

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