Economie

Paiement mobile: Une inconnue, le modèle économique

Par L'Economiste | Edition N°:5393 Le 15/11/2018 | Partager
Les transactions sont peu rémunérées, jugent certains acteurs
Tout l’enjeu sera de développer les usages
Le plafonnement de la commission d’interchange réduirait le coût supporté par le commerçant
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400 milliards de DH de transactions seraient dématérialisables dans un premier temps. Les opérateurs espèrent capter 50 à 60 milliards de DH au bout de la cinquième année. L’essor du paiement mobile repose entre autres sur la création d’un écosystème marchand assez dense. Pour cela, il faut réussir à convaincre les entreprises dans le secteur des biens de consommation à adhérer et être aussi très compétitif en matière de tarification

6 millions de clients et 1,3 milliard de transactions par an à l’horizon 2024. Les objectifs affichés par l’écosystème du paiement mobile lors de la présentation de la solution mardi 13 novembre à la Banque centrale sont bien optimistes. Le modèle économique retenu n’emballe pas tous les acteurs et pourrait influencer les investissements futurs.

«Le modèle est peu attractif parce que les transactions sont faiblement rémunérées», regrette un dirigeant. Samira Khamlichi présidente de l’association professionnelle des établissements de paiement et PDG de Wafacash tempère: «nous ne sommes pas dans une logique de court terme. C’est un projet pour lequel la rentabilité s’appréciera sur le long terme».

Les discussions autour de la tarification et des incitations pour susciter l’adhésion à la fois des clients et des commerçants se poursuivent et promettent d’être tenaces. «Puisque c’est une solution de paiement destinée à encourager l’inclusion financière, il faut qu’elle soit la plus compétitive possible.

Pour des transactions d’un montant faible, il faut envisager la gratuité pour le client et le commerçant», plaide Lotfi Sekkat, représentant de la fédération services bancaires et financiers à la CGEM et directeur général délégué de CIH Bank. Le plafond n’est pas encore déterminé, mais il se situerait entre 50 et 100 DH.

Pour l’heure, cinq services (la souscription, la recharge en espèces, le paiement chez le commerçant, la consultation du solde et la résiliation du compte) ne seront pas facturés. Mais, l’absence d’incitations pour les commerçants pourrait être un véritable handicap.

La constitution d’un écosystème marchand dense est essentielle pour assurer le développement du paiement mobile. Elle l’est également pour permettre aux opérateurs d’entrevoir rapidement le seuil de rentabilité. Les opérations de paiement sont plus rémunératrices que les autres. «Le développement de l’usage de la monnaie électronique requiert d’embarquer dans l’écosystème les entreprises de biens de consommation et qu’elles y trouvent leur intérêt aussi», avance un spécialiste des services financiers. Il y a une réflexion pour pousser ces entreprises à encourager leurs détaillants à les régler via le mobile. 

Les acteurs du marché espèrent convaincre 50 à 100.000 commerçants à accepter le paiement via le mobile à moyen terme. Il faudra réussir là où le paiement par carte bancaire a du mal à percer. Même si, les performances enregistrées ces dernières années laissent penser qu’il y a une évolution des habitudes. Le faible équipement des commerçants en TPE explique aussi l’usage limité de ce moyen de paiement.

Le principal argument avancé par les entreprises non équipées est la cherté de la commission du CMI (autour de 3% dont une commission d’interchange de 1,2% qui elle, est reversée aux banques). Pour le paiement mobile, il a été décidé de plafonner la commission d’interchange que reverse l’établissement du commerçant à celui du client à 0,5%.

Cela permettra de réduire le coût de la transaction pour le commerçant, fait savoir Asmaa Bennani, directrice de la surveillance des systèmes et moyens de paiement et de l’inclusion financière à Bank Al-Maghrib. Par ailleurs, les opérateurs ont sollicité quelques incitations fiscales dont la suppression du droit de timbre pour soutenir l’essor du paiement mobile. 

Les investisseurs sur ce marché pourraient espérer tirer profit de cette activité à partir de la troisième année si les volumes sont au rendez-vous. C’est tout l’enjeu aujourd’hui. «Ce système n’aura aucun sens si les transactions ne sont pas élevées», relève un banquier. Cela suppose de développer les usages pour qu’ils ne se concentrent pas que sur des opérations de dépôt et de retrait comme dans plusieurs marchés émergents.

Les services gratuits

■ Souscription au « m-wallet » ;
■ Recharge en espèces du « m-wallet »;
■ Paiement chez le commerçant pour le payeur (hors paiement de factures);
■ Consultation du solde ;
■ Résiliation du « m-wallet ».

Etablissements agréés

 - Wafacash
- M2T
- Cash Plus
- NAPS
- Maymouna Services financiers
- CMI
- Orange Money Maroc
- Barid Cash
- MT Cash
- Fpay
- Wana Money

Entreprises homologuées pour l’interopérabilité

- Al Barid Bank
- CIH Bank
- BP
- BMCE Bank
- Crédit Agricole du Maroc
- Wafacash
- Maymouna Services financiers
- Société Générale

F.Fa

 

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