International

Le retour de l’inflation… pas une bonne nouvelle!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5389 Le 09/11/2018 | Partager
Il faut la maintenir à un niveau modéré et stable
Les économies en développement et émergentes les plus touchées
Une nouvelle étude de la Banque mondiale
retour_de_linflation_089.jpg

L'inflation mondiale est passée d'un pic de près de 17% (moyenne annuelle) en 1974 à 2,6% en 2017. La baisse a commencé un peu plus tôt dans les économies avancées que dans les marchés émergents et économies en développement et les pays à faible revenu

Pluisieurs institutions (FMI, OCDE…) ont mis en garde contre le risque d'une accélération de l'inflation. Dans sa nouvelle étude intitulée «Inflation in Emerging and Developing Economies: Evolution, Drivers, and Policies» (qui couvre plus de 175 pays sur la période 1970-2017), la Banque mondiale revient aussi sur les conséquences délétères d’une inflation élevée. Elle impacterait les efforts déployés par les économies émergentes et en développement pour conserver le faible niveau d’inflation de ces dernières décennies.

L'inflation mondiale (définie comme l’inflation médiane des prix à la consommation dans l’ensemble des pays) a fortement diminué depuis la crise financière. Elle est passée de 9,2% (en glissement annuel) au deuxième trimestre 2008 à 2,3% au deuxième trimestre 2018. Dans 80% des marchés émergents et économies en développement, le taux d'inflation à cette période était compris entre 0,9 et 7,5% (en glissement annuel), contre 4,8% à 25,3% il y a dix ans.

Dans les pays émergents, cela a permis à la politique monétaire de soutenir l'activité. Dans les économies avancées, toutefois, la persistance d’une inflation inférieure à la cible depuis la crise financière a accru le risque de désancrage des anticipations inflationnistes. Ce qui a conduit les banques centrales à recourir à des instruments de politique monétaire non conventionnels pour soutenir la demande.

«Un taux d’inflation élevé étant généralement associé à un ralentissement de la croissance économique, il est donc vital de maintenir l’inflation à un niveau modéré et stable si l’on veut lutter contre la pauvreté et les inégalités», d’après les experts de la Banque mondiale (http://www.banquemondiale.org).

Cette étude témoigne de la confluence de facteurs structurels et politiques qui ont conduit au faible niveau de l’inflation mondiale sur les cinq dernières décennies, et en particulier à une intégration sans précédent du commerce international et des marchés financiers.

L’adoption de politiques monétaires, de change et budgétaires plus résilientes a permis à certaines économies émergentes et en développement de mieux maîtriser l’inflation. Cependant, les facteurs extérieurs qui ont contenu l’inflation ces dernières décennies risquent de s’affaiblir ou de disparaître.

L’étude débouche sur plusieurs constats

Un cycle de l’inflation mondiale semble être apparu pendant les années 2000. Depuis 2001, les mouvements de cette inflation sont responsables d’une part non négligeable des fluctuations dans les économies avancées comme dans les économies émergentes et en développement. L’influence de ce cycle mondial est particulièrement marquée dans les pays développés et fortement intégrés à l’économie mondiale.

Le cycle de l’inflation mondiale fluctue en fonction des mouvements de la demande mondiale et des variations brusques des prix du pétrole.

Les anticipations d’inflation sont plus sensibles aux évolutions mondiales et intérieures dans les économies émergentes et en développement que dans les économies avancées. Elles sont plus solidement ancrées dans les premières économies dont le niveau de dette publique est faible et qui sont plus ouvertes aux échanges.

Les fluctuations des taux de change peuvent amplifier l’impact des forces mondiales sur l’inflation nationale dans les économies émergentes et en développement. Lorsque la banque centrale est indépendante et jouit d’une bonne crédibilité, ces fluctuations ont nettement moins de chances de se traduire par des tensions inflationnistes. Au cours des 20 dernières années, l’amélioration des politiques des banques centrales et un ancrage plus fort des anticipations d’inflation expliquent en partie cette moindre incidence des taux de change.

L’amélioration des performances des pays à faible revenu en matière d’inflation semble, dans une large mesure, imputable aux forces extérieures. Si l’inflation mondiale augmente, ces pays risquent donc d’assister à une amplification des tensions inflationnistes.

F. Z. T.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc