Economie

Privatisations: Tout démarra en 1993

Par Franck FAGNON | Edition N°:5389 Le 09/11/2018 | Partager
Plus de 100 transactions, 103 milliards de DH de recettes
Deux entreprises ont généré près de 2/3 du montant
Cédée à 5 milliards de DH, la Samir disparaît avec une ardoise de 12 milliards de DH chez la Douane
recette_privatisation_089.jpg

70% des recettes de privatisation ont été conclues entre 2001 et 2007. Maroc Telecom et Régie des Tabacs à l’origine des 2/3 du montant des cessions

Soders, la société de fabrication de levure devenue Lesaffre Maroc, a bien grandi depuis sa sortie du giron public. Elle pèse 400 millions de DH de chiffre d’affaires et emploie 180 personnes. L’ex-société publique avait ouvert le bal des privatisations en février 1993.

Le désengagement partiel de l’Etat du capital à l’époque (cession de 35,7% du capital) avait rapporté 28,6 millions de DH. Cette première opération sera suivie par une centaine d’autres transactions (1993-2017) qui auront en tout généré une recette de 103 milliards de DH. Quelques grandes opérations auront marqué cette période, à commencer par la cession de Maroc Telecom.

A elles seules, les transactions autour de l’opérateur télécoms ont rapporté 49,3 milliards de DH, soit près de la moitié des recettes de privatisation. L’Etat détient encore une participation de 30% dans le tour de table. Celle-ci est valorisée à 37 milliards de DH sur la base du cours en Bourse de l’entreprise.

Les désengagements du secteur pétrolier et financier ont animé les premières années de privatisation. L’Etat a cédé 54% de BMCE entre décembre 1994 et juin 1997 pour un montant global de 2,5 milliards de DH. Il a aussi transféré 67% de la SNI au secteur privé pour 2 milliards de DH. Des transactions sur plusieurs distributeurs de produits pétroliers (Mobil Maroc, Shell, CMH, Petrom, Total Maroc) ont ramené 1,1 milliard de DH dans les caisses de l’Etat.

Mais l’opération la plus retentissante dans ce secteur reste la vente de la Samir pour 5 milliards de DH (entre 1996 et 1998). Vingt-ans après, cette opération nourrit de nombreux commentaires après la faillite de l’entreprise et l’énorme ardoise laissée aux créanciers: plus de 40 milliards de DH dont 13 milliards à la Douane.

Maroc Telecom et Régie des Tabacs: Deux machines à sous

En dehors de Maroc Telecom, la vente de la Régie des Tabacs a retenu l’attention. L’Etat a récupéré 18 milliards de DH dans cette opération réalisée en deux épisodes (cession de 80% du capital en janvier 2003 et du reliquat 2006). Au total 70% des recettes de privatisation ont été conclues entre 2001 et 2007.

Contrairement à cette période, la relance des opérations de réduction de périmètre de la présence de l’Etat de l’économie semble en partie dictée par des finances publiques tendues, même si le déficit budgétaire en fin d’année et les prévisions pour 2019 sont moins lourds qu’en 2012 par exemple où il avait dérapé à 7% du PIB.

F. Fa.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc