International

Face à Trump, la Chine contre-attaque

Par L'Economiste | Edition N°:5387 Le 07/11/2018 | Partager
Elle veut ouvrir davantage son marché et accroître ses importations
Les obstacles au climat des affaires sont nombreux
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«La porte de la Chine ne se refermera jamais, elle s’ouvrira davantage…», a déclaré le président chinois Xi Jinping devant plusieurs personnalités en marge du Salon des importations de Shanghai qui se tient du 5 au 10 novembre 2018 (Ph. AFP)

Ouvrir son marché et accroître ses achats à l’étranger… C’est devant un parterre de dirigeants mondiaux réunis au tout premier Salon des importations de Shanghai (du 5 au 10 novembre 2018) que le président chinois Xi Jinping a promis une nouvelle fois d’ouvrir davantage le marché chinois aux importations. Ce qui peut être perçue comme une réponse à la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump, mécontent des déficits colossaux accumulés par son pays.

L’administration Trump n’est pas représentée à la foire de Shanghai où plus de 3.000 entreprises étrangères de 130 pays y participent. Mais Trump et Xi devraient se rencontrer à la fin du mois, en marge d’un sommet international en Argentine. Un rendez-vous qui suscite l’espoir d’un apaisement des tensions commerciales.

Venus nombreux à l’événement, les représentants des entrepreneurs étrangers ont fait part de leur déception à l’égard du discours du président chinois. Dans le collimateur: le soutien accordé traditionnellement par Pékin aux entreprises publiques aux dépens des entrepreneurs privés et étrangers.

«Il reste de la marge pour réformer davantage le marché intérieur en Chine, ce qui contribuerait à renforcer le système commercial mondial, et pour adopter des réformes qui aideraient à libérer le potentiel entier de tant d’entreprises du secteur privé», a suggéré Christine Lagarde, la patronne du FMI.

Pékin et Washington ont levé ces derniers mois des droits de douane punitifs sur leurs importations mutuelles, mais l’excédent bilatéral chinois n’a fait que continuer à battre des records. Alors que la moitié environ des importations chinoises aux Etats-Unis sont déjà soumises à ces sanctions, Donald Trump a menacé de frapper la totalité des produits chinois. L’attractivité du commerce chinois suscite aussi des critiques en dehors des Etats-Unis.

Prenant la parole après Xi Jinping, le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a rappelé que le commerce entre son pays et la Chine avait été multiplié par près de huit en l’espace de 10 ans, reflet des investissements colossaux de Pékin en Afrique. «Ce commerce est cependant lourdement déséquilibré en faveur de la Chine. Il est donc important que nous corrigions ce déséquilibre afin de parvenir à un partage équitable des fruits du commerce», a-t-il lancé.

Dans une tribune publiée récemment dans la presse chinoise, les ambassadeurs de France et d’Allemagne avaient demandé à Pékin «d’en faire plus pour garantir une concurrence équitable aux entreprises étrangères». Ils n’ont pas manqué de saluer les mesures encourageantes prises par la Chine en 2018, comme la baisse des droits de douane (de 25 à 15%) sur les automobiles importées et la levée d’ici cinq ans des restrictions empêchant les constructeurs étrangers de contrôler leur filiale locale. Mais les obstacles sont nombreux.

Réglementations obscures, bureaucratie, discriminations face aux groupes étatiques chinois, protection toute relative de la propriété intellectuelle… compagnies et gouvernements étrangers se plaignent régulièrement des barrières qu’ils rencontrent en Chine. Dans l’autre sens, des capitaux chinois ont racheté ou investi ces dernières années dans plusieurs fleurons européens (du fabricant allemand de machines-outils Kuka à la société de gestion de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, en passant par le Club Med…).

La Chine pointe au 59e rang des 62 pays étudiés par l’OCDE pour leur ouverture aux investissements étrangers. Dans le rapport Doing Business 2019, établi par le Groupe de la Banque mondiale, le pays fait partie des dix économies dont la progression a été la plus importante, ayant gagné plus de 30 places pour se classer au 46e rang mondial.

Le Maroc y participe

Le Maroc prend part à cet événement avec l’objectif de tirer profit des énormes opportunités d’affaires offertes et de renforcer sa présence sur les marchés internationaux. La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial du Maroc avec un volume d’échanges de 3,83 milliards de dollars en 2017. Les relations entre les deux pays ont pris un nouvel élan après la visite du Roi Mohammed VI en Chine en 2016, durant laquelle une trentaine d’accords de coopération ont été signés. Depuis cette visite, le volume des investissements entre les deux pays a bondi de 60% et les échanges commerciaux ont grimpé de 30%.

F. Z. T. avec agences

 

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