Analyse

Petite agriculture: Un secteur très vulnérable au changement du climat

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5387 Le 07/11/2018 | Partager
Cartographie des régions pour une vision claire et synthétique
Un outil pour identifier les priorités et décrocher les financements
Les progrès, 10 ans après le PMV
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L’Agence pour le développement agricole (ADA) a présenté sa cartographie de vulnérabilité et d’adaptation des petits agriculteurs au changement climatique. Un outil indispensable à la prise de décisions (Ph. H. Fossmark)

Dix ans après le Plan Maroc Vert (PMV), l’heure est à l’appréciation des réalisations. L’Agence pour le développement agricole (ADA) vient de présenter la cartographie de vulnérabilité et d’adaptation des petits agriculteurs au changement climatique. Elle s’étend d’Oujda à Tata, dans les régions concernées par les programmes d’appui au PMV financés par le Fonds international de développement agricole (FIDA).

Cet outil d’inclusion des petits exploitants permet de mieux identifier leurs besoins en termes de renforcement de capacité de résilience aux effets des changements climatiques. L’ADA ayant utilisé les résultats de cette cartographie pour soumettre au financement du Fonds vert pour le climat et du Fonds d’adaptation des projets prioritaires au niveau des provinces les plus vulnérables.

Le secrétaire général du département de l’Agriculture, Mohammed Sadiki, tient à rappeler les avancées post-PMV. «En 2016, l’année la plus sèche, le PIB agricole a baissé de 7% quand il diminuait de 70 à 75% les années sèches précédentes». Entre la réduction et la transformation des systèmes existants d’irrigation très consommateurs de la ressource, l’économie d’eau en 10 ans est d’un milliard de m3.

Du côté des petits agriculteurs, ils s’engagent à mettre en oeuvre les résultats de l’étude. Pour autant, il s’agit pour eux d’accélérer la stratégie nationale en valorisant par exemple l’eau des pluies, et se doter des capacités à récupérer cette ressource et à rationaliser son utilisation. Car face à la raréfaction de l’eau, certaines zones très riches du Haouz sont aujourd’hui vulnérables. Cette cartographie permet donc une identification précise des risques.

«Tout en renforçant, et c’est là le point essentiel, la qualité des conseils techniques», ajoute Naoufel Telahigue, chargé des programmes FIDA au Maroc.

Toujours avec ce même objectif d’adaptation, la FAO a elle aussi entrepris une étude approfondie de l’impact du changement climatique sur 50 productions agricoles. En collaboration avec le groupe de la Banque mondiale et les institutions nationales marocaines, les principales zones agro-écologiques étaient concernées, selon plusieurs scénarios de changement climatique.

Cette étude a révélé que le climat plus sec et plus chaud prévu au Maroc aurait des effets négatifs sur les principales cultures pluviales. Que d’ici à 2050, les rendements du blé tendre diminueraient de 33% les années sèches, soit plus du triple de leur baisse en année humide. Plusieurs cultures irriguées importantes seraient aussi touchées et l’impact négatif irait croissant.

 

 

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