Analyse

Aviculture: Un plan d’action basé sur la reconversion des tueries

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5385 Le 02/11/2018 | Partager
Deux scenarii présentés par la profession pour un coût estimé à 50.000 DH l’unité
Transformation en abattoirs agréés et points de vente des viandes conditionnées
aviculture_2_085.jpg

Comment réformer l’activité d’abattage de volaille? La recette a fait l’objet de propositions de la profession depuis 2015. Des propositions basées sur les conclusions d’une étude menée par le cabinet Mazars et communiquées aux six ministères concernés. Excepté le ministère de l’Agriculture, aucune réaction n’a été enregistrée jusqu’à présent.

Pourtant, les scénarios avancés par la profession ne ciblaient pas la fermeture des tueries. Au contraire, elle appelait à leur mise à niveau pour se conformer aux prescriptions des règles d’hygiène. A cet effet, deux scénarios ont été présentés. Le premier consiste en la reconversion des tueries de quartier disposant de la surface nécessaire en abattoirs de proximité, destinés exclusivement aux ménages. Ils doivent être agréés par l’Onssa et respecter un cahier des charges reprenant les règles de base de l’abattage sain avec un minimum de risques pour la population.

Alors que le second scénario vise à reconvertir les points de vente de la volaille vivante en viande conditionnée provenant des abattoirs agréés. Une fois transformées, ces unités pourraient réaliser un chiffre d’affaires additionnel via la vente de produits de charcuterie, de saucisses, de conserves...
Pour maintenir le niveau d’emplois, il a été proposé de prévoir une subvention de l’ordre de 50.000 DH par point de vente.

Cela permettrait de préserver les 15.000 emplois estimés dans le circuit informel de l’abattage des volailles. Il sera donc question de redéployer le personnel de ce circuit dans les abattoirs de proximité destinés aux ménages, des points de vente, des abattoirs agréés mais aussi au niveau des unités de traitement et de valorisation des déchets. Au préalable, une formation au métier d’abattage et de préparation des viandes est nécessaire. 

Quant au financement de la réforme, la profession  a appelé également à la mise à contribution du fonds Rawaj. De sorte que ce dernier puisse subventionner une partie de l’investissement global. Il est également proposé d’accorder aux intéressés une subvention d’investissement pour le financement partiel de l’équipement, complétée par des prêts à taux bonifiés. Mais qui paiera la facture à l’heure où l’Etat se serre la ceinture?

Au-delà, l’implémentation de la réforme repose en grande partie sur l’accompagnement du changement. Pour la profession, il s’agit d’éviter toute forme de résistance et partant parer à toute crise sociale. Il sera donc présenté aux concernés l’ensemble des avantages qui pourront découler de la modernisation des tueries: amélioration du chiffre d’affaires, création d’emplois et l’offre d’une qualité de service recherchée par les consommateurs. Il en est de même de l’exposé des incitations financières mises en place. Les autorités sanitaires doivent mettre l’accent sur la nécessité du respect de la règlementation et les bienfaits sur la santé publique, la qualité de l’environnement et l’économie.

Pour compléter le dispositif, il est proposé la création d’un label: Djaj Bladi. L’objectif est d’aider le consommateur à reconnaître facilement la viande de volaille provenant des abattoirs agréés. Le label doit certifier à la fois l’origine  et la qualité de la viande de volaille. Il s’agit d’adopter le même système  qui prévaut en France pour les viandes rouges et blanches. Ce label qui doit venir en sus de la marque propre doit être affiché à l’entrée des points de vente agréés.

Extension du contrôle

La nécessité de doter l’Organisme de contrôle de prérogatives d’application de la loi est fortement soulignée par la réforme. Ce contrôle devrait viser de manière stricte les acteurs de la restauration collective, la provenance de la volaille et de son transport vif et abattu. Il serait également judicieux d’élargir le champ d’intervention de l’Onssa en lui accordant un pouvoir de fermeture ou de sanction de tous les intervenants. Car le nerf de la guerre de la réforme consiste à privilégier la santé du citoyen avant toute autre considération. En garantissant la sécurité sanitaire des aliments.

A.G.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc