International

Le casse-tête du Brexit continue

Par L'Economiste | Edition N°:5380 Le 26/10/2018 | Partager
Un plan pour sortir de l’impasse
Pays et secteurs ne seront pas touchés de la même manière

Les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni quant à un accord de sortie et à un nouvel accord commercial se poursuivent. L’issue des discussions engagées entre les deux parties est incertaine et la probabilité d’un «No deal Brexit» se renforce, précise Euler Hermes dans une récente étude.

■ Durcissement des conditions réglementaires: Si le Royaume-Uni quitte l’UE sans qu’aucun nouvel accord commercial ne soit signé, alors les relations entre les deux parties seront soumises aux règles de l’OMC. Les taxes à l’importation augmenteront des deux côtés et atteindront entre 4 et 5%. En parallèle, une forte dépréciation de la livre face à l’euro est attendue: actuellement à 1,13 euro, la livre atteindrait 0,88 euro fin 2019. Un double effet qui pourrait faire reculer les importations britanniques en provenance de l’Union. Dans le même temps, il faudra s’attendre à un durcissement des conditions réglementaires bilatérales. Les contrôles à la douane seront rallongés et les formalités administratives à remplir plus pointues.

■ Un marché plus complexe et plus coûteux: L’accès au marché britannique serait ainsi plus complexe et plus coûteux pour les entreprises européennes. D’où un important manque à gagner pour les exportateurs de certains pays. L’Allemagne sera le grand perdant, avec des pertes de près de 8 milliards d’euros en exportations de biens en 2019, suivie des Pays-Bas (4 milliards d’euros) et de la Belgique (3 milliards d’euros). La France est également en première ligne, avec des pertes d’exportations de biens de 3 milliards d’euros. Une perte conséquente, puisqu’elle représenterait 16% de la demande additionnelle adressée à la France en 2019 (19 milliards d’euros).

■ La frontière irlandaise: A cinq mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, la Première ministre britannique, Theresa May, a présenté au Parlement son plan pour sortir de l’impasse sur la question de la frontière irlandaise. Elle souhaite qu’un accord douanier, liant l’UE à l’ensemble du Royaume-Uni et pas seulement l’Irlande du Nord, puisse être établi jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange plus large. A la fin de la période de transition, si aucune solution définitive n’était apparue, le Royaume-Uni procéderait alors à «un choix souverain» entre une extension de la période de transition, ou la mise en place de ce nouvel accord douanier. L’UE a proposé de maintenir l’Irlande du Nord dans le marché unique et l’union douanière européenne si aucune autre solution n’était trouvée en décembre 2020, à la fin de la période de transition. Ce scénario du «backstop» (ou filet de sécurité) est rejeté par la dirigeante britannique.

Complexité des changements

Le contrôleur des comptes britanniques, le National Audit Office (NAO), a mis en garde aussi contre les retards dans la préparation des frontières du Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord, qui pourraient «créer des faiblesses en matière de sécurité». Entre 145.000 et 250.000 sociétés seront confrontées pour la première fois à des déclarations auprès des douanes. Le nombre de ces déclarations sera quasiment multiplié par cinq, passant de 55 à 260 millions par an. Le NAO rappelle que même en cas d’accord, qui permettrait la mise en place d’une période de transition jusqu’à fin 2020, «le temps disponible n’est pas important face à la complexité des changements à instaurer». Donnant son avis sur la question, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a assuré que «le Brexit ne pénaliserait pas les entreprises européennes à long terme, et que l’unité des Européens avait permis d’inverser le rapport de force avec Londres…».

 

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