International

Les matières premières, un marché attractif

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5380 Le 26/10/2018 | Partager
Leur utilisation devrait pratiquement doubler d’ici à 2060
Ce qui accompagnera l’expansion de l’économie et de la démographie
L’OCDE alerte sur les contraintes environnementales
matieres_premieres_080.jpg

La course aux matières premières dans le monde se poursuit. Et ce sont les matériaux de construction qui arrivent en tête de peloton

L’utilisation de matières premières devrait pratiquement doubler dans le monde d’ici à 2060, accompagnant l’expansion de l’économie mondiale et l’élévation des niveaux de vie. Ce qui exercera sur l’environnement une pression deux fois plus forte qu’aujourd’hui.

Dans sa récente étude «Perspectives mondiales des ressources matérielles à l’horizon 2060», l’OCDE indique que l’utilisation mondiale de matières se montera à 167 gigatonnes en 2060, contre 90 gigatonnes actuellement. La population de la planète se hissant à 10 milliards de personnes et le revenu moyen par habitant s’élevant, à l’échelle mondiale, pour rejoindre celui de l’OCDE aujourd’hui (40.000 dollars).

Si aucune action concrète n’est prise pour relever ces défis, il est probable que l’accroissement prévu de l’extraction et du traitement de matières premières (telles que la biomasse, les combustibles fossiles, les métaux et les minerais non métalliques) aggrave la pollution de l’air, de l’eau et des sols et concourt notablement au changement climatique.

La diminution progressive des activités manufacturières au profit des activités de services et l’amélioration permanente de l’efficience de l’industrie, qui limitent la consommation de ressources par unité de PIB, ne l’empêcheront pas. Sans elles, les pressions exercées sur l’environnement seraient pires encore.

Présentée du 22 au 24 octobre 2018 au Forum mondial sur l’économie circulaire, à Yokohama (Japon), par Masamichi Kono, Secrétaire général adjoint de l’OCDE,  l’étude alerte sur le danger de la situation. Il est à rappeler que l’humanité a consommé au 1er août 2018 l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra «à crédit» pendant cinq mois, selon l’ONG Global Footprint Network, qui souligne que cette date survient de plus en plus tôt.

L’OCDE indique que c’est l’utilisation de minéraux, notamment de matériaux de construction et de métaux, qui augmentera le plus, en particulier dans les économies en développement en forte croissance. En masse, les produits minéraux non métalliques comme le sable, les graviers, le calcaire et les roches concassées représentent plus de la moitié de la totalité des matières utilisées aujourd’hui.

Si l’on y ajoute les autres matières, le total utilisé quotidiennement par une famille moyenne remplit une baignoire. Ces volumes ne feront qu’augmenter entre aujourd’hui et 2060. L’extraction et la combustion de combustibles fossiles et la production de fer, d’acier et de matériaux de construction sont d’ores et déjà responsables d’une grande partie de la pollution de l’air et des émissions de gaz à effet de serre.

En l’absence de nouvelles mesures de réduction, l’ensemble des émissions imputables à la gestion des matières passera, selon l’étude, de 28 à 50 gigatonnes d’équivalent CO2 d’ici à 2060.

D’autre part, le secteur du recyclage, qui représente aujourd’hui un dixième du poids du secteur minier dans le PIB, devrait gagner en compétitivité et se développer. Mais il continuera de peser beaucoup moins lourd que les activités d’extraction de matières premières.

 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc