Analyse

Changements climatiques: Dans le labyrinthe du financement vert

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5380 Le 26/10/2018 | Partager
Des procédures compliquées pour les entreprises
L’audit énergétique, une mesure très recommandée
Les offres des bailleurs de fonds pas toujours adaptées

Pour les entreprises, le financement de la mise à niveau environnementale est un casse-tête chinois. «Pour elles, la grande question est de savoir qui va payer le ticket d’entrée au club entrepreneurial écolo. Les candidats ont besoin d’accompagnement pour instruire leurs dossiers. Ils n’ont pas le temps pour le faire et ce n’est pas leur métier non plus d’établir un audit énergétique par exemple. Il faut leur démontrer l’intérêt et la rentabilité de ce type d’investissement», déclare l’ingénieur et docteur en génie de l’environnement, Smaïl Aboulam.

Les procédures des bailleurs de fonds sont généralement longues et contraignantes au point de décourager les prétendants à un financement. Exemple, le Fonds vert du climat des Nations unies. Son formulaire de note conceptuelle d’un projet de conformité environnementale compte une vingtaine de pages. Il y a de plus une fiche à remplir de 100 pages. Le financement de ce fonds international peut atteindre dix millions de dollars.

Globalement, le recours à un prêt est conditionné par la taille d’une entreprise, son chiffre d’affaires, son activité, son projet. Aussi, pourquoi une société va-t-elle s’endetter plus qu’il n’en faut? «Le recours à un financement externe et à moyen terme est plébiscité. C’est du moins le choix de Confetex Albo pour son projet d’énergie solaire», précise le consultant en environnement, Mohammed Yousfi.   

Maroc PME propose des financements standards et d’autres adaptables. Une convention spécifique aux stations de traitement des eaux usées a été signée avec l’Association marocaine de l’industrie du textile et de l’habillement (AMITH). Les entreprises intéressées peuvent solliciter ce bailleur de fonds national.

Deux conditions. D’abord, le chiffre d’affaires d’une PME ne doit pas dépasser 200 millions de DH. Ensuite, le projet proposé doit créer des emplois. «Le financement Maroc PME peut atteindre les 80% s’il s’agit d’une assistance technique pour une certification ou une étude», précise Smaïl Aboulam.

«Les prêts bancaires classiques et leur taux d’intérêt augmentent l’endettement», témoigne un chef d’entreprise du textile qui préfère se financer ailleurs. 

D’autres financeurs existent comme le Morseff qui compte plusieurs banques européennes dans son tour de table, telles que la Berd et la BEI. Ce fonds dispose de 110 millions d’euros pour les entreprises marocaines souhaitant «une ligne de financement pour des projets d’énergie durable».

Prêt ou leasing, subvention d’investissements de 10% du crédit, assistance technique gratuite pour les projets… Le Morseff offre aussi ses services via la Banque centrale populaire, la BMCE Bank et sa filiale Maghrebail. Une autre option de financement se trouve chez les agences de développement et de coopération notamment européenne. Une entreprise a donc tout intérêt à sonder les offres disponibles sur le marché pour choisir la plus adaptée à ses besoins et la moins  coûteuse.

Reste qu’investir dans la conformité environnementale souffre d’un a priori. Il est encore assimilé à de faux frais ou une dépense de luxe! Or, c’est un engagement qui fait gagner du temps et de l’argent dans cette course effrénée à la compétitivité.

«Il faut commencer par un audit énergétique. Les compresseurs sont de gros consommateurs d’énergie. Un investissement de 120.000 à 145.000 DH économise la consommation de 5 et 7%. Avec un amortissement de 3 à 5 ans», conseille Smaïl Aboulam.

 

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