Economie

Le marché des radars: Enfin ou presque à destination

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5379 Le 25/10/2018 | Partager
Le groupement Al Omra-Vitronic bien positionné
Ne reste qu’à attester de sa conformité fiscale et sociale
552 équipements pour un montant global de 275 millions de DH
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Parmi les 204 radars qui seront installés à l’intérieur des agglomérations, certains permettront de flasher les infractions au feu rouge (Ph. Vitronic)

Le marché des radars fixes arrive-t-il enfin à destination? En tout cas, et c’est la première fois après dix tentatives, qu’un groupement est retenu suite à l’ouverture des plis jeudi 18 octobre dernier. Le consortium est composé de la société marocaine Al Omra et du constructeur allemand Vitronic qui avait soumissionné aux côtés du consortium marocain GSTI, Megec et Nomatis. Ce dernier a vu son offre rejetée suite à la non-conformité de sa documentation technique. C’est la première fois que le marché des radars arrive à ce stade de la consultation publique.

C’est donc le duo Al Omra-Vitronic qui est bien parti pour décrocher le marché malgré un surcoût de 17% par rapport au montant estimé par le maître d’ouvrage et une baisse des frais de maintenance de 14%. Des niveaux qui restent dans la limite de la marge de tolérance qui est respectivement de 20% et 35% en comparaison avec l’estimation du marché qui est d’un peu plus de 275 millions de DH. Le groupement Al Omra-Vitronic a une semaine pour produire les documents attestant sa conformité sociale et fiscale. Si le tout est jugé conforme, le ministère de l’Equipement dispose d’un délai de 75 jours- prorogeable de 30 jours- pour donner l’ordre de service.

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Les 72 radars portiques qui seront installés sur les autoroutes permettront de mesurer la vitesse de circulation moyenne d’un véhicule sur un tronçon autoroutier (Ph. Vitronic)

L’appel d’offres porte sur l’acquisition, l’installation et la maintenance de 552 radars dont des radars de vitesse classiques, de vitesse moyenne via des portiques, de franchissement de ligne continue et voie interdite, et de franchissement de feux rouges à l’intérieur des agglomérations.
L’adjudicataire du marché aura un an pour installer les radars dans les 12 régions selon l’arrivée des ordres de service. En principe, l’ensemble des radars devraient en être déployés dans un délai d’un an.

Le consortium propose ce qu’il y a de meilleur de la technologie allemande, fonctionnant au laser. Ces radars combleront les insuffisances des 150 modèles dits à effet Doppler, installés depuis 2008, et permettront d’identifier avec une précision parfaite la ou les voitures en excès de vitesse même si elles sont à l’intérieur de 4 files ainsi que leur couloir de circulation.

Le marché des radars a été saucissonné en 13 lots, 12 pour 12 régions, le 13e pour le logiciel. Le ministère du Transport compte installer en tout 1.200 radars d’ici 2026 pour lutter contre les accidents de la circulation et réduire la mortalité routière.
Lorsque le ministère du Transport a soumis les 150 radars installés depuis une dizaine d’années, il s’est avéré que le tiers de ces équipements n’avait jamais fonctionné du fait qu’ils n’avaient pas été branchés au réseau électrique.

Au début de la préparation du marché des radars, il fallait trouver un opérateur qui puisse à la fois installer le matériel, assurer la maintenance et gérer les avis d’infraction ainsi que le recouvrement. Mais il était difficile de dénicher un intervenant en mesure d’assurer l’ensemble de ces prestations.

Du coup, le prestataire sélectionné sera chargé uniquement de l’acquisition, de l’installation et de la maintenance pendant une période de dix ans, y compris un an pour l’installation et un pour la garantie. Après expiration du contrat, un nouvel appel d’offres sera lancé pour choisir un nouvel opérateur qui sera chargé de la maintenance des radars et qui pourra être l’adjudicataire du marché. La maintenance des 150 radars actuels a été confiée à la société Infraroute, qui vient de décrocher de nouveau le marché.

Le recouvrement des amendes pour excès de vitesse constaté par radar fixe pose régulièrement problème. L’une des principales causes concerne les changements d’adresse et les difficultés d’acheminement des avis d’infraction. Le code de la route, dans sa version adoptée en 2016, prévoit une amende de 200 DH contre les conducteurs qui déménagent et omettent de signaler leur nouvelle adresse dans un délai de 2 mois. Une disposition difficile à vérifier.

Vérifiez la date d’étalonnage

Lorsqu’un conducteur reçoit un avis d’infraction de vitesse, il doit systématiquement vérifier une information figurant au dos de l’avis et qui indique la date à laquelle le radar a été vérifié. S’il s’est passé un an après la date d’étalonnage du radar, le constat de l’infraction est nul et non avenu. L’obligation de la vérification des radars et autres moyens technologiques  utilisés pour constater les infractions doivent être régulièrement étalonnés sous peine de nullité. Elle figure également dans le décret relatif à la vérification périodique des instruments de mesure de manière générale: compteurs d’eau, d’électricité, de taxis… Cette disposition est respectée, du moins dans les faits, pour les radars fixes puisqu’elle est mentionnée au dos des avis. Mais pas du tout pour les 4.000 radars mobiles puisque le procès-verbal pour excès de vitesse ne comporte aucune mention sur sa vérification. Ce qui pose la question même de leur légalité parce qu’un appareil électronique s’use avec le temps et doit être régulièrement contrôlé.

Une marge de tolérance de 7 km

Puisqu’un instrument technologique de contrôle de la vitesse n’est pas infaillible  à 100%, l’article 195-7 du code de la route prévoit une marge de tolérance en-deçà de laquelle un conducteur ne peut pas être verbalisé. Celle-ci est plafonnée à 10% sans excéder 7 km. Ainsi, lorsque la vitesse maximale est fixée à 60 km, le conducteur sera flashé dès 67 km. Est également considéré comme infraction le fait de rouler à 107 km ou 127 km dans des axes routiers où la vitesse maximale est respectivement fixée à 100 km et 120 km.
La zone de tolérance de 7 km se justifie également par la marge d’erreur des compteurs de véhicules qui indiquent des vitesses supérieures de 1% à 7% à celle à laquelle on roule.

 

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