Régions

Brexit: L’alternative d’étendre la transition envisagée

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5374 Le 18/10/2018 | Partager
Répit d’un an pour aplanir le problème de l’Irlande du Nord
L’option permet d’éviter les coûts et délais de contrôle aux frontières

L’Union européenne veut aller de l’avant dans ses négociations sur le Brexit. Quitte à accorder au Royaume-Uni  une prolongation de la période de transition. L’objectif affiché est d’éviter les dégâts collatéraux d’un contrôle douanier qui peut s’avérer pénalisant pour  les entreprises européennes. L’option a été annoncée par le négociateur en chef de l’UE, la veille de la tenue du sommet européen.

Pour Michel Barnier, «il s’agit de débloquer les négociations toujours dans l’impasse». Tout particulièrement, pour  résoudre la question de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord qui en constitue la pierre d'achoppement.
A cet effet, la période de transition pourrait être prolongée d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2021, a-t-il été précisé par deux diplomates européens. Mais les services du négociateur en chef de l’UE se refusent à tout commentaire.

La Première ministre britannique Theresa May était hier mercredi  en fin d'après-midi à Bruxelles, pour une brève intervention devant les dirigeants de l'Union européenne, avant que ces derniers ne se retrouvent entre eux pour un dîner à 27.
Ce sommet était initialement présenté comme un «moment de vérité» à moins de six mois du départ du Royaume-Uni, prévu le 29 mars 2019, suivi par la période de transition.

Mais les dernières discussions n’ont pas abouti à des résultats tangibles, butant en particulier sur la question d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. Pour résoudre cette question, Londres propose de rester aligné sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large.

La proposition  Michel Barnier, présentée aux ministres des Affaires européennes de l'UE, permettrait de gagner du temps pour négocier cet accord commercial, réduisant ainsi le risque de devoir recourir «au filet de sécurité» sur la frontière irlandaise, qui s'appliquerait si aucune solution n'est trouvée lors de ces négociations.

Concrètement, les 27 souhaitent dans ce cas l'engagement que l'Irlande du Nord restera dans l'union douanière à la fin de la période de transition, ce que le Royaume-Uni refuse.

En dépit de la détermination affichée dans les deux camps, l'état des discussions n'incite pas à l'optimisme, avait estimé mardi le président du Conseil européen Donald Tusk, qui devait  rencontrer  Theresa May en tête à tête mercredi en fin d’après-midi. «Pour sortir de l’impasse, il faut adopter une nouvelle démarche préservant à la fois les valeurs de l’UE et la souveraineté du Royaume-Uni», a-t-il prévenu.

L'industrie automobile s’inquiète 

L'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) a tiré hier  mercredi la sonnette d'alarme. Elle redoute le risque d'une absence d'accord dans les négociations sur le Brexit.
Selon l’ACEA, «chaque jour, 1.100 camions de l'UE traversent la Manche pour livrer des voitures et des moteurs au Royaume-Uni». Après le Brexit, même de courts délais à la douane entraîneront d'énormes problèmes logistiques, perturbant le processus de production et générant des coûts importants.
Si aucun accord n'est conclu entre l'UE et le Royaume-Uni dans le secteur automobile, des droits de douane de 10% s'appliqueraient à toutes les voitures échangées entre les deux marchés. L’Association, qui représente les 15 principaux  constructeurs  européens, estime qu’il est urgent de mettre en place un plan de sauvetage.  Certains membres de la profession n’écartent pas l’éventualité d’observer un temps d’arrêt de la production post-Brexit.

 

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