Société

Une association pour organiser la production artistique

Par Karim Agoumi | Edition N°:5373 Le 17/10/2018 | Partager
L’AMESVI – c’est son nom – sert de porte-voix aux diffuseurs de spectacles
Assouplissements fiscaux sur la billetterie, livre blanc, label qualité… Des projets attendus depuis plus de 15 ans
La formation des jeunes du métier également dans le collimateur de l’organisme
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L’Association marocaine des entrepreneurs privés du spectacle et des arts vivants (AMESVI), récemment créée et présidée par Mehdi Laraki, vient de dévoiler un programme croustillant pour 2019. L’organisme, qui vise à représenter les producteurs artistiques du Royaume, vient de lancer une étude de marché pour mieux orienter les choix de programmation des diffuseurs de spectacles et prévoit également de réaliser un livre blanc intégrant les nombreuses normes de sécurité du domaine (Ph. F. Al Nasser)

Structurer et développer le secteur de la production artistique sous nos latitudes. C’est dans cette optique que l’Association marocaine des entrepreneurs privés du spectacle et des arts vivants (AMESVI), récemment créée, vient de présenter au public son premier programme 2019. Un cahier des charges ambitieux et innovant qui pourrait bel et bien révolutionner un domaine péchant depuis toujours par un manque de réglementation et fonctionnant encore bien trop souvent au feeling.

Lancé il y a quelques mois, l’organisme, qui rassemble déjà une quinzaine de producteurs et de diffuseurs de spectacles parmi lesquels Top Event Productions ou encore Jazzablanca Festival, a pour but de représenter le domaine et de servir de porte-voix auprès des pouvoirs publics ou encore de la Direction générale des impôts (DGI). Un moyen de résoudre des problématiques qui freinent l’élan de ce secteur depuis près d’une vingtaine d’années.

L’Association prévoit ainsi, d’ici la rentrée prochaine, d’obtenir une fiscalité plus attractive pour les sponsors. Le groupement de producteurs vise ainsi à réduire la taxation sur la billetterie. «Pour chaque billet vendu, nous payons 20% à l’Etat. Un taux beaucoup trop élevé qui nous fait perdre beaucoup d’investisseurs», explique le président Mehdi Laraki.

Autre chantier particulièrement attendu au tournant, la réalisation d’un livre blanc qui intègrera les normes de sécurité et de gestion de la foule du secteur ou encore ses différentes conditions techniques. Objectif: instaurer un label qualité et réglementer le domaine en vue d’en professionnaliser les pratiques. «Dans notre métier, n’importe qui peut devenir producteur.

Or, ce dernier comporte un certain nombre de risques qu’il faut limiter autant que possible à travers des process clairement définis», souligne le directeur de Top Event Productions. L’AMESVI projette également d’orienter stratégiquement leurs choix de programmation en fonction des besoins du public. Le groupement de producteurs vient en effet de lancer une étude de marché inédite sur la consommation culturelle marocaine.

Réalisée actuellement par le cabinet Insightek, celle-ci s’étalera sur les principales régions du Royaume. «Cette étude permettra aux producteurs de la scène artistique marocaine de disposer de données fiables et chiffrées sur les besoins du public. Un moyen de jauger ses centres d’intérêt culturel et d’offrir des spectacles autrement plus ciblés», confie dans ce sens le DG du cabinet Nabil Abouzaid.

L’Association accorde par ailleurs une place importante à l’expertise et à la qualification  des jeunes producteurs débutants. Des ateliers ont ainsi été menés dans ce sens lors de la 13e édition de Jazzablanca  par de grands noms du métier, dont notamment Don Bigg ou encore le président de Castquête Nabil Jebbari. Le groupe prévoit aussi de dispenser des formations diplomantes avant la prochaine rentrée scolaire.

 

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