Economie

La dette du Trésor reste sous pression

Par Franck FAGNON | Edition N°:5372 Le 16/10/2018 | Partager
La dégradation du déficit budgétaire ne sera pas neutre
Le stock culminait à 717 milliards de DH à fin août
76,2 milliards de DH d’emprunts budgétisés pour 2019
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Le gouvernement a réactualisé ses prévisions de déficit à 3,8% du PIB au lieu de 3% initialement. Cette dégradation et l’atonie de la croissance ont poussé Standard & Poor’s à dégrader la perspective de la note souveraine du Maroc

Ce sera quasiment deux ans de perdu dans le redressement des finances publiques si le déficit réactualisé se confirme. Le gouvernement prévoit un gap à 3,8% du PIB contre 3% initialement. Cette détérioration a poussé l’agence de notation financière Standard & Poor’s à dégrader la perspective de la note souveraine du Maroc.

La déviation de la trajectoire retenue se ressentira sur la dette dont le stock s’élevait à 717 milliards de DH à fin août. L’atonie de la croissance économique, la difficulté à élargir l’assiette de l’impôt et le train de vie de l’Etat ont une conséquence lourde sur l’endettement qui a gonflé de 391 milliards de DH depuis 2008. Pour 2019, la facture s’élèvera à 67 milliards de DH (principal + intérêts) selon les projections du budget 2019.

L’exécution du budget 2019 sous l’hypothèse d’une croissance de 3,6% engendrera quand même un besoin brut de financement de 102 milliards de DH. Il sera en partie comblé par des emprunts. Les montants autorisés totalisent 76,2 milliards dont 27 milliards de DH mobilisables à l’extérieur.

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La déviation de la trajectoire retenue se ressentira sur la dette dont le stock s’élevait à 717 milliards de DH à fin août. L’atonie de la croissance économique, la difficulté à élargir l’assiette de l’impôt et le train de vie de l’Etat ont une conséquence lourde sur l’endettement

Les marges de manœuvre semblent de plus en plus limitées sur le levier de la dette. Elle dépassait 65% du PIB à fin 2017. L’inflexion de la courbe pour revenir à des niveaux plus soutenables semble compliquée. Ceci dit, le gouvernement maintient l’objectif d’une dette du Trésor rapportée au PIB inférieure à 60% dans la programmation budgétaire triennale (2019-2021).

Cette prévision est conditionnée à une croissance d’au moins 5% et un déficit budgétaire inférieur à 3%. Sur les cinq dernières années, l’activité n’a progressé qu’en moyenne de 3,5% l’an. Sur un horizon plus long (15 ans), la croissance reste inférieure à 5%. Ce qui est paradoxale pour un pays qui investit massivement.

 

 

 

 

 

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