Régions

Drâa Tafilalet: Comment faire face aux crues et aux inondations?

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5370 Le 12/10/2018 | Partager
L’Agence du bassin hydraulique de Guir-Ziz-Ghéris lance des actions de protection
Un système d’alerte de prévisions et d’annonces des crues couvrant les bassins de Ziz et Toudgha
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Malgré la forte probabilité de survenue de crues, la population prend parfois des risques, comme ici au niveau de l’oued dans la commune de Goulmima, où des habitants traversent le cours d’eau alors qu’un orage vient de passer et le niveau d’eau est encore élevé (Ph. SB)

La région Drâa Tafilalet connaît deux phénomènes climatiques extrêmes, la sècheresse et les crues. En cette période de l’année, des orages surviennent fréquemment, et entraînent des crues à différents degrés de dangerosité. De plus en plus fortes, les pluies sont capables en quelques minutes de se transformer en crues ravageuses et causer beaucoup de dégâts matériels, et malheureusement humains aussi.

Routes, ponts, habitations, cultures, rien ne résiste face à la violence de l’eau lors d’une crue. Pire encore, par méconnaissance des risques, les habitants ou les touristes, se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment, peuvent y laisser leurs vies.

Dans la perspective de prévenir une montée forte et potentiellement dangereuse du niveau des cours d’eau, l’Agence du bassin hydraulique de Guir-Ziz-Ghéris, qui couvre la majorité du territoire de Drâa Tafilalet, entreprend des actions préventives sur plusieurs fronts.

Ainsi, l’ABH a mis en place depuis quelques années un Système d’alerte de prévisions et d’annonces des crues (SPAC) qui couvre le bassin de Ziz ainsi que celui de Toudgha. Le SPAC consiste en un appareillage placé sur plusieurs points des bassins, et est composé d’un radar, une potence, un datallogger avec un modem radio et GSM et d’un pluviomètre.

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Le système est connecté à un centre informatique au niveau du siège de l’ABH à Errachidia, où les informations sont traitées 24h/24, avec une attention particulière lors de la période des orages. «Notre centre de traitement des données reste vigilant au moindre changement dans les niveaux d’eaux sur les principaux points noirs.

Au niveau des sites à risque, comme oued Toudgha et ses gorges, il y a un afficheur et une sirène pour alerter la population et les touristes en cas de fortes crues», explique Slimani Moulay M’hamed, chef de division Évaluation et Planification des ressources en eau à l’Agence du bassin hydraulique de Guir-Ziz-Rhéris.

Ainsi, dix sites hydrauliques sont équipés de ce système et reliés par 4 relais radar. Concernant le haut du bassin Ziz, le SPAC permet plutôt d’améliorer la gestion du barrage Hassan Addakhil et de protéger la population de l’amont en cas de fortes crues enregistrées au niveau de oued Ziz. Néanmoins, bien que les orages soient un phénomène naturel, plusieurs facteurs rentrent en jeu lorsque les crues surviennent et accentuent leur dangerosité.

D’une part, la région de Drâa Tafilalet est caractérisée par une géomorphologie et une topographie qui accentuent la puissance des crues, avec la faible capacité du milieu récepteur (oued et chaâbats). De plus, l’adoucissement des pentes des cours d’eau au niveau de certains tronçons, entraînent un ralentissement de l’écoulement des eaux causant ainsi le débordement.

D’autre part, les inondations sont liées à l’occupation du domaine public hydrique et à l’intervention humaine sur les tracés des cours d’eau. Dans la région Drâa Tafilalet, il y a des cas d’empiétement sur le domaine public hydraulique, et le développement des habitations et des cultures dans les emprises des oueds et chaâbats.

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 Les crues s’avèrent très dangereuses sur certains tronçons, comme ici sur la route nationale N10 au niveau d’Imider, où une crue violente a causé la fermeture de la route pendant 5 heures, le temps de dégager les galets du chemin (Ph. SB)

La réalisation des prises d’eau à des fins agricoles par la population locale engendre la multiplication des ramifications des cours d’eau qui augmentent l’exposition aux inondations. A cela s’ajoute l’exploitation anarchique et sans réaménagement des lits des oueds comme dépotoirs ou zones de prélèvement. Tous ceci augmente les risques de dommages lors des crues des oueds.

En parallèle au SPAC, l’ABH entreprend des actions structurelles dont l’objectif est d’atténuer les effets des inondations et des crues. Il s’agit de l’édification d’ouvrages hydrauliques comme les murs protecteurs, les barrages recruteurs de crue qui atténuent la force des courants d’eau, et les barrages de retenue.

L’ABH a également entrepris en 2017 une étude dans le cadre du plan directeur de protection contre les inondations dans le bassin de Guir Ziz-Rhéris et Maider qui a pour but de diagnostiquer la situation actuelle et l’élaboration de l’étude hydrologique, ainsi que de réaliser des travaux topographiques et la délimitation des zones inondables. Cette étude permettra in fine l’élaboration d’un Atlas et d’un système de gestion intégrée des zones inondables au niveau de ces deux bassins.

Evènements marquants

  • 2006: les inondations de la vallée de Toudgha (1.200 m3/sec), Merzouga (700 m3/sec), Tinjdad (600 m3/sec)
  • 2008: déversement du barrage Hassan Addakhil (les débits des crues en amont ont atteint 2.500 m3/sec)
  • 2014: fortes crues en novembre (des apports d’eau de 130 mm3 enregistrées au niveau de la retenue du barrage Hassan Addakhil)
  • 2016: fortes crues en septembre (des apports d’eau de 40 mm3 enregistrés au niveau de la retenue du barrage Hassan Addakhil).

De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI

 

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