Competences & rh

«L’EMSI restera une école dédiée à la classe moyenne»

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5352 Le 18/09/2018 | Partager
Après avoir intégré le réseau Honoris, le groupe ne compte pas changer de cap
Pas de hausse des frais de scolarité en vue
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Kamal Daissaoui, président de l’EMSI: «Nous sommes dans une logique de proximité, avec des sites dans les grandes villes. Nous adoptons, également, une politique de mixité sociale permettant à des jeunes issus de classes défavorisées d’accéder à notre formation» (Ph. EMSI)

- L’Economiste: Nous assistons depuis 3 ans à un engouement des Fonds d’investissements pour les écoles au Maroc. Comment expliquez-vous cette tendance?

- Kamal Daissaoui: Absolument, ces dernières années, il y a eu un développement de synergies entre établissements, et une dynamique dans le secteur. L’arrivée de fonds d’investissement le démontre. Pour l’EMSI, nous avons intégré le réseau Honoris United Universities, qui est l’émanation du fonds d’investissements anglais Actis. Nous sommes à présent 8 établissements africains, dont 3 en Tunisie, 2 en Afrique du Sud, 1 en Ile Maurice et 2 au Maroc, dont l’EMSI et Mundiapolis. Une troisième école marocaine nous rejoindra dès cette rentrée (ndlr: l’Ecole d’architecture de Casablanca), ainsi qu’une université égyptienne.

- Concrètement, sur quoi porte votre deal avec Honoris?
- Honoris est désormais l’unique actionnaire de l’EMSI. Le management de l’école est maintenu, et nos équipes pédagogiques et de recherches continuent à travailler en toute autonomie. Les budgets, eux, sont discutés avec nos actionnaires. 

- Vous avez récemment obtenu la reconnaissance de l’Etat. Qu’est-ce que cela implique pour vous?
-Tout d’abord, notre démarche qualité n’est pas née de la reconnaissance de l’Etat. C’est l’employabilité de nos lauréats, la confiance des employeurs et la qualité de notre formation qui nous ont permis d’acquérir notre notoriété. La reconnaissance n’est que le couronnement de tout ce travail. Par ailleurs, nous sommes l’une des rares écoles dont le processeur formation est certifié ISO. D’ailleurs, nous avons adopté cette démarche de manière volontariste.

- Avec une douzaine d’écoles reconnues, sur quoi porte à présent la compétition?
- Il n’y a pas de compétition. Nous œuvrons tous à la formation de cadres marocains. Toutefois, chaque école a sa spécificité et son propre projet pédagogique. Pour nous, c’est la formation d’ingénieurs. Le classement du cabinet Diorh qui nous positionne comme première école d’ingénieurs privée au Maroc, ainsi que le retour positif des employeurs, nous confortent dans nos choix. Nous allons donc continuer sur cette lancée, en gardant la même approche, celle de former des ingénieurs polyvalents, alliant théorie et pratique.

-  Comptez-vous revoir à la hausse les frais d’inscriptions ou le coût de la formation?  
- En aucun cas. Nous continuerons à cibler la classe moyenne. Même si nous sommes une école privée spécialisée dans les sciences de l’ingénieur, la formation que nous délivrons correspond à celle des établissements publics. De plus, même si notre métier nécessite un lourd budget, nous restons moins chers que les écoles de management. Nous sommes dans une logique de proximité, avec des sites dans les grandes villes. Nous adoptons également une politique de mixité sociale permettant à des jeunes issus de classes sociales défavorisées d’accéder à notre formation. Des bourses de mérite, couvrant l’intégralité ou la majeure partie des frais, sont octroyées.

- Mais le coût de la formation privée reste très élevé par rapport aux revenus des ménages?
- Nous pratiquons des prix très abordables, surtout pour une formation d’ingénieurs. Le tarif annuel du cursus est de moins de 40.000 DH, frais d’inscriptions et de scolarité compris.

- Après la reconnaissance, comptez-vous revoir votre offre de formation?  
- Depuis sa création, l’EMSI s’est inscrite dans la formation d’ingénieurs. La nouveauté aujourd’hui est que l’école est reconnue. Les lauréats et les enseignants disposeront des mêmes droits que ceux du secteur public. Mais je tiens à préciser que nous avons perduré depuis 1986 sans reconnaissance, car nous ne formons pas pour les administrations. Nous continuerons sur la même logique, avec un nouvel atout: la reconnaissance.

- Qu’en est-il de l’insertion professionnelle de vos lauréats?
- L’employabilité de nos étudiants est prise en considération dès leur première année. Ils démarrent par un stage ouvrier, pour finir avec un projet de fin d’études en entreprise. Une grande partie de nos lauréats est recrutée suite à ce stage. Nous avons aussi un service permanent en relation avec les entreprises. Ce département s’occupe de l’accompagnement des étudiants dans leurs recherches de stages et d’emploi. Cet accompagnement, en plus d’un programme de coaching, de communication et de langues leur permet de mieux appréhender les entretiens. Par ailleurs, les certifications que nous leur offrons leur apportent un plus auprès des employeurs.

Un futur campus à Tanger?

L’EMSI, présente à Casablanca, Rabat et Marrakech, ne compte pas changer de modèle, mais elle ambitionne de se développer dans d’autres régions. «Nous allons déposer un dossier auprès de la tutelle dans les mois à venir, afin de déployer davantage nos sites vers la région du Nord, notamment à Tanger», confie Kamal Daissaoui. «Cette démarche nous permettra d’être au plus près des jeunes bacheliers au niveau de toutes les régions», poursuit-il.

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

 

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