International

Chine: Du nouveau pour les banques étrangères

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5338 Le 28/08/2018 | Partager
Elles peuvent détenir 100% du capital de groupes financiers chinois
Un marché de 40 trilliards de dollars s’offre à elles

Plusieurs raisons ont incité la Chine à entreprendre sa libéralisation économique et financière. Parmi elles figurent la pression de pays étrangers, envie de développer la maturité de ses marchés souvent très volatils ou encore volonté de promouvoir le profil international de sa monnaie.

Pékin envisage d’autres mesures supplémentaires pour faire face aux pressions américaines. En effet, la Commission chinoise de régulation des marchés financiers (CSRC) a donné son feu vert aux banques étrangères pour monter à 100% dans le capital des géants financiers de l’empire du Milieu (contre 20 à 25% jusqu’ici), rapporte les Echos France daté du 27 août 2018. La mesure était attendue depuis janvier 2017.

Elle donne accès à plusieurs groupes américains et européens à un marché bancaire de 40 trilliards de dollars. Selon les simulations de Bloomberg citées par l’agence AFP, les groupes bancaires étrangers pourraient ainsi multiplier par dix leurs revenus d’ici à 2030.

Toutefois, la libéralisation du secteur du courtage et de l’assurance-vie devrait s’opérer un rythme plus lent. Les acteurs étrangers pourraient contrôler jusqu’à 51% du capital, mais il leur faudra attendre 2021 pour être pleinement propriétaire, souligne le journal français.

Pour l’heure, Nomura, UBS et JP Morgan ont demandé l’autorisation de créer des joint-ventures avec des partenaires locaux en particulier dans le secteur du courtage ainsi que le japonais Daiwa Securities. La Bank of Communications est également prête à faire monter davantage à son capital HSBC. La CSRC assure qu’elle mènera un audit de façon efficace et conformément aux lois en vigueur.

En 2016, les banques étrangères détenaient à peine plus de 420 milliards de dollars d’actifs en Chine, soit pas plus que 1,3% de parts de marché, selon la Commission de régulation chinoise. L’an dernier, elles ont dégagé 12,8 milliards de yuans de profits (soit moins de 2 milliards de dollars), l’équivalent de 1% des bénéfices dégagés par leurs contreparties chinoises...

Si les titres des banques chinoises se sont bien portés, certains économistes craignent des poussées des créances douteuses dans les mois qui viennent. Et les raisons ne manquent pas: la Fed qui continue de resserrer sa politique monétaire et la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Des facteurs qui mettent le Yuan sous pression. Selon le sondage de BofA ML réalisé entre le 3 et le 9 août 2018 (voir aussi l’article «Comment Donald Trump a conquis les investisseurs» publié dans les Echos France daté du 17 août 2018), une guerre commerciale est considérée par 57% des sondés comme le principal risque majeur pour les marchés. Et ce pour le troisième mois de suite.

Les particuliers étrangers

Le régulateur boursier chinois a annoncé qu’il autorisera désormais les particuliers étrangers travaillant en Chine à acheter et vendre des «actions de type A» libellées en yuans. La mesure prendra effet le 15 septembre. Elle bénéficiera également aux employés étrangers d’entreprises chinoises cotées qui travaillent hors de Chine, a indiqué la Commission chinoise de régulation des marchés financiers (CSRC). Jusqu’à présent, les étrangers pouvaient acheter des «actions de type B», libellées en devises étrangères et spécifiquement destinées aux investisseurs internationaux. Mais l’accès aux «actions de type A» (qui couvrent davantage d’entreprises) était principalement réservé aux investisseurs étrangers institutionnels agréés. La Chine avait déjà entrouvert ces dernières années la porte de ses marchés d’actions. Elle avait lancé en 2014 et 2016 deux plateformes connectant les Bourses de Shanghai et Shenzhen à celle de Hong Kong. Par ailleurs, Pékin ambitionne de lancer prochainement une plateforme boursière similaire connectant Shanghai et Londres.

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