Analyse

Commerce extérieur: La facture énergétique creuse le déficit

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5337 Le 27/08/2018 | Partager
Elle en est responsable à hauteur de 74% de l’aggravation
Forte reprise des phosphates et dérivés
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Sur les 4 dernières années, le déficit de la balance commerciale des biens, désormais structurel, s’est stabilisé aux alentours de 100 milliards de DH, soit 10% du PIB.  Facture énergétique, alimentation et produits finis de consommation expliquent la tendance

A fin juillet, le déficit commercial s’est creusé de 8,8 milliards de DH à 118,3 milliards. C’est, pour l’essentiel, la flambée de la facture énergétique qui a grimpé de près de 17%. Cette forte hausse qui se chiffre à 6,5 milliards de DH explique pour 74% l’aggravation du déficit sur les 6 premiers mois.

Durant 5 mois, de février jusqu’au 10 juillet, le prix du West Texas Intermediate (WTI), le brut américain de référence, avait fortement grimpé, passant de 56 dollars à près de 73 dollars le baril.  Il en est de même du brut de la mer du Nord qui avait atteint son plus haut niveau de 80 dollars à la mi-mai. Mais la tendance s’est inversée depuis la première décade du moi d’août.

Le brut américain s’échange actuellement aux alentours de 66 dollars le baril. Il a reculé de 90% par rapport au mois de juillet. L’évolution a été similaire pour le brut de la mer du Nord, dont le cours est tombé à  71,4 dollars le baril. Comment s’explique cette contraction? C’est la combinaison de 3 facteurs: l’offre a augmenté, la demande s’est repliée, et la guerre commerciale qui se dessine entre la Chine et les Etats-Unis pourrait peser sur la consommation des prochains mois. La seule inconnue réside dans les conséquences du bras de fer qui oppose les USA à l’Iran. D’autant plus que ce dernier pays pourrait entraver l’acheminement du brut via le détroit d’Ormuz.

Au total, les importations s’établissent à 278,3 milliards de DH contre 253,4 milliards, en hausse de 9,8%. Selon les données de l’Office des changes, plusieurs  groupes de produits ont enregistré de fortes hausses. En particulier,   les achats de biens d’équipement (+7,4 milliards de DH), de produits énergétiques (+6,5 milliards) et de produits finis de consommation (+4,2 milliards de DH).

A eux seuls, ces 3 groupes interviennent à raison de 73% dans la hausse des importations totales
Les biens d’équipement se positionnent en tête des importations avec 68,6 milliards de DH. Ils sont directement suivis par les produits finis de consommation (62,3 milliards et les produits semi-transformés (58,8 milliards de DH).
Signe de reprise du secteur du BTP, les achats des fils et barres ont augmenté du tiers passant, sur une année, de 2,3 à 3,1 milliards de DH.

En ce qui concerne les exportations, celles-ci progressent de 11,2% à  159,9 milliards de DH contre 144,9 milliards à fin juillet 2017. Ce résultat s’explique  par la hausse des ventes de tous les secteurs, notamment l’automobile (+5,6 milliards de DH), soit l’équivalent de 34,7% de la hausse totale des exportations.

Les phosphates et dérivés ont également enregistré une forte hausse de plus de 15% (+3, 8 milliards de DH) à 29,2 milliards de DH.  Les exportations de produits agricoles frais et transformés restent également sur leur trend haussier. Il en est de même des textiles et cuir, des composants de l’industrie automobile et des médicaments.
En revanche, les composants électroniques et l’industrie alimentaire affichent une stagnation sur les 7 premiers mois.

Les plus fortes hausses

  • A l’import

- Produits énergétiques: 16,8%

- Parties et pièces pour voitures: 26,7%

- Fils, barres et profilés: 33,5%- Produits finis de consommation: 7,2%

- Biens d’équipement: 12,1%

  • A l’export

- Automobile: 16,9%

- Phosphates et dérivés: 15,1%

- Produits agricoles frais: 13%

- Aéronautique: 20%

- Articles de bonneterie: 5,4%

Les IDE plongent de 25,6%

L’année 2018 n’a pas été favorable aux investissements directs étrangers. A fin juillet, ils ont plongé de plus du ¼. Au total, 12,6 milliards de DH ont été attirés par le pays contre près de 17 milliards. L’Office des changes explique la situation  par la baisse des recettes qui se sont contractées de 2,5 milliards de DH conjuguée à la hausse des dépenses: dividendes et assistance technique  (+1,8 milliard de DH). Selon des experts, c’est le manque de diversification en direction d’industriels potentiels dans des secteurs autres que les nouveaux métiers mondiaux du Maroc. Dans ce dernier domaine, la pluparts des opérateurs mondiaux sont déjà installés dans le pays.
En revanche, les transferts des MRE et le tourisme maintiennent le cap. Les premiers ont progressé de 5,3% à 37,6 milliards de DH. Alors que la balance voyage dégage un excèdent de 27,6 milliards de DH.

 

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