International

FAO: Les prix des denrées alimentaires au plus bas

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5329 Le 06/08/2018 | Partager
Le consommateur devrait le ressentir dans son porte monnaie
Ceci en particulier en ce qui concerne les produits laitiers et le sucre

Les échanges commerciaux des principaux produits ont baissé en juillet 2018. Ceci en particulier en ce qui concerne les produits laitiers et le sucre, entraînant avec eux, une chute des prix mondiaux des produits alimentaires. Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine pourraient être une des raisons majeures.

L’indice établi par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) affichait une moyenne de 168,8 points en juillet, soit 3,7% de moins qu’en juin, marquant ainsi son plus bas niveau depuis l’année dernière. L’indice avait connu une hausse constante en 2018 jusqu’au mois de juin. Voici comment se sont comportés les principaux produits alimentaires:

■ Recul des prix à l’exportation du blé, du maïs et du riz: L’indice FAO des prix des céréales s’est établi en moyenne à 160,9 points en juillet, soit un recul de près de 3,6% par rapport au mois de juin et de 0,8% par rapport à la même période l’année dernière. La baisse de juillet est due à un recul des prix à l’exportation du blé, du maïs et du riz. Les cours internationaux du blé ont, d’une manière générale, faibli pendant la première quinzaine du mois, mais des perspectives de production préoccupantes dans l’Union européenne et en Russie ont relancé la hausse des prix à l’exportation vers la fin du mois.

■ Le marché des céréales secondaires: La tendance à la baisse des cours du maïs s’est poursuivie, en grande partie en raison de la faiblesse de la demande et de perspectives de production favorables aux Etats-Unis. Toutefois, à l’instar des marchés du blé, les cours du maïs ont nettement progressé vers la fin du mois, du fait des craintes suscitées par les conditions météorologiques et de l’accélération de la croissance des exportations. Les cours internationaux du riz ont également fléchi, sous l’effet de la faiblesse de la demande de riz Indica et de riz parfumé, ainsi que des fluctuations des cours du change dans certains des principaux pays exportateurs.

■ Prix de la viande: L’indice s’est établi en moyenne à 170,7 points en juillet, soit un recul de 1,9% par rapport à sa valeur révisée de juin. La révision à la hausse ce mois-ci s’expliquait principalement par la nette progression des prix de la viande bovine brésilienne. Les exportations ayant diminué suite à des problèmes logistiques causés par une grève prolongée des chauffeurs de camion. En juillet, l’Indice a reculé de quelques points, notamment en raison du retour à la normale progressif des exportations de viande au Brésil. Globalement, les prix de la viande de bovins ont reculé, tout comme ceux de la viande de porc et de volaille. En revanche, les prix de la viande d’ovins ont légèrement augmenté, sous l’effet d’une forte demande à l’importation, en particulier en Chine et aux Etats-Unis.

■ Beurre, fromage…: L’indice des prix des produits laitiers s’est établi en moyenne à 199,1 points en juillet, en retrait de 14,1 points (6,6%) par rapport à juin. L’indice progresse donc de 10,7% par rapport à janvier 2018, mais reste inférieur de 8% à la valeur qu’il enregistrait le même mois il y a un an. Les cours internationaux de l’ensemble des produits laitiers (qui figurent dans l’Indice) ont baissé. Les diminutions les plus importantes ayant été enregistrées pour le beurre et le fromage. Les prix du lait entier en poudre et du lait écrémé en poudre ont eux aussi fléchi. La tendance à la baisse des marchés des produits laitiers s’est poursuivie, sous l’effet d’une offre à l’exportation abondante et notamment de perspectives de production favorables en Nouvelle-Zélande.

■ L’effet des pays producteurs de sucre: L’Indice FAO des prix du sucre s’est établi en moyenne à 166,7 points en juillet, soit une baisse de 10,7 points (6%) par rapport à juin et de près de 20% par rapport à sa valeur de l’année dernière à la même période. Le net recul de juillet est principalement imputable à l’amélioration des perspectives de production dans les principaux pays producteurs de sucre, en particulier en Inde et en Thaïlande. La baisse escomptée de la production au Brésil, principal producteur et exportateur mondial de sucre, suite à une sécheresse prolongée et à l’augmentation de l’utilisation de la canne à sucre pour la production d’éthanol, a limité le recul des cours internationaux du sucre.

                                                                           

Cours du blé: Au-dessus des 200 euros la tonne

cours-du-ble-029.jpg

C’est la canicule qui fait plomber les cours du blé (voir aussi Le Monde France daté du 2 août 2018). La barre des 200 euros la tonne a été franchie fin juillet et début du mois août 2018, selon l’opérateur boursier européen Euronext. Plusieurs professionnels du secteur ont été surpris par cette hausse.

Les cours sont ainsi soutenus par la sécheresse qui fait baisser les perspectives de récolte dans plusieurs régions du monde. Après l’abaissement des perspectives de récolte en Europe et notamment en Allemagne, l’Australie fait aussi partie des craintes avec un net déficit hydrique sur le sud-ouest du pays.

Ce qui pourrait conduire à une récolte en blé qui pourrait s’afficher sous les 20 millions de tonnes si les conditions climatiques ne changent pas rapidement, souligne Agritel (Organisme spécialisé dans la gestion des risques des marchés agricoles) dans une récente note. L’Australie avait produit 31,8 millions de tonnes de blé en 2016 et 21,2 millions en 2017.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc