Analyse

Cluster «Art de vivre», le pari de la compétitivité!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5326 Le 01/08/2018 | Partager
Le ministère du tourisme et de l’artisanat crée un projet pilote à Marrakech
Pour un développement touristique plus inclusif
La structure sera mise en place en 2019 et sera dupliquée dans 11 autres régions
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Il faudra près de trois ans avant d’amorcer la croissance et la structuration du nouveau cluster. Les experts de l’OCDE recommandent le soutien des autorités publiques durant cette période

Le tourisme dans la région de Marrakech/Safi, ce n’est pas seulement des infrastructures, des paysages….mais aussi un artisanat, un art de vivre, des produits de terroir. Et c’est pour rassembler le tout en une offre structurée que va être créé un cluster «Art de vivre marocain », à l’initiative du ministère du tourisme, de l’artisanat et du transport.

Tout comme le tourisme, le secteur de l’artisanat est un des plus grands pourvoyeurs d’emploi dans la région. On compte 36.000 artisans rien que dans la ville de Marrakech et 1.900 coopératives pour les produits du terroir. L’enjeu est de consolider l’offre touristique locale, favoriser une montée en gamme des produits artisanaux en créant de la valeur ajoutée tout en s’appuyant sur la dynamique liée au processus de la régionalisation.

A travers le cluster, l’idée est de faire travailler l’ensemble des gens du tourisme, la décoration et l’artisanat, de  l’économie sociale et faire de la région Marrakech/Safi une référence mondiale. Mohamed Sajid, ministre du tourisme, de l’artisanat et du transport aérien et économie sociale et solidaire y croit. 

Pour lui, ce premier cluster est une expérience pilote que son département souhaite généraliser à l’ensemble des 11 autres territoires définis par la vision 2020. Favoriser l’innovation et la coopération entre les acteurs du tourisme, de l’artisanat et de l’économie solidaire va permettre en outre un développement plus inclusif. 

Car si la région compte des villes comme Marrakech ou Essaouira classées dans le top 20 des premières destinations touristiques mondiales, paradoxalement, la région traine des boulets dans des communes limitrophes qui connaissent des taux de pauvreté des plus importants au Maroc et un taux de chômage élevé par rapport à celui de la moyenne nationale. Il est vrai qu’une organisation autour d’un cluster porte de nombreux bénéfices.

Renforcement des capacités, modernisation et expansion, développement de nouveaux produits ou accès aux marchés en sont quelques exemples. D’autant plus que les communes et les provinces disposent d’un savoir-faire important et d’énormes capacités en termes de culture, d’agriculture, d’artisanat, de  produits du terroir. Grâce à ce nouvel outil, les zones rurales vont valoriser ce savoir-faire. Les artisans pourront par exemple vendre leurs produits (poterie, maroquinerie et ferronnerie) au sein des hôtels, les paysans apprendre à accueillir les touristes et créer des gîtes.

Un des points forts de ce cluster est en effet une mise en réseau efficace pour fluidifier l’échange de bons procédés. «Le cluster fera la connexion entre toutes les potentialités de la région et de ses habitants, créant ainsi les synergies nécessaires entre les différents secteurs pour accentuer la dynamique de développement au niveau local, souligne Mehdi Taleb, directeur de la réglementation, du développement et de la qualité au sein du ministère du tourisme.

Les régions limitrophes de la ville Marrakech seront une clé de réussite pour le développement de ce cluster, insiste de son côté Sajid qui a fait appel à l’OCDE dans le cadre de son programme-pays Maroc- pour conduire une étude pour la promotion et le développement de cluster tourisme. Les experts de l’Organisation ont défini un cadre logique pour la mise en œuvre.

Techniquement, ces clusters tourisme pourront opérer en adoptant le même schéma que les clusters industriels. Plusieurs sources de financement peuvent être envisagées: des subventions de fonctionnement ou encore sur acte spécifique, des cotisations des membres, des prestations de services…. explique Alain Dupeyras, chef de la division pour le développement régional et le tourisme au sein de l’OCDE.

 

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