Régions

Casablanca s’attaque à l’anarchie sur les plages

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5323 Le 26/07/2018 | Partager
• La commune va les gérer pour une durée de 20 ans
80% accessibles gratuitement aux populations
Le reste consacré aux activités économiques et commerciales
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Cet été, l’anarchie des plages casablancaises a atteint des sommets. Loueurs de parasols, gardiens de voitures et marchands ambulants font la loi au grand dam des estivants (Ph. Moufiq)

Bonne nouvelle pour cette saison estivale: finie l’exploitation anarchique des plages casablancaises. L’annonce est faite par Abdelaziz El Omari, président du Conseil de la ville, lors de la session extraordinaire qui s’est tenue mercredi 25 juillet.

En effet, en vertu d’une convention avec le ministère de l’Equipement (entérinée par les élus), la commune de Casablanca récupère la gestion directe de ses plages pour une durée de 20 ans. Mais la grande nouveauté est que 80% de ces plages devront être mises à la disposition du public gratuitement. «Seulement, 20% de la superficie globale fera l’objet d’activités commerciales ou économiques», tient à préciser le maire de Casablanca. Jusqu’ici, la commune accordait des concessions à des tiers qui exploitaient les plages pour des activités à caractère commercial, empêchant une large frange de la population d’y avoir accès. S’y ajoute l’anarchie des parkings, loueurs de parasols, vendeurs ambulants, mendiants… Chaque année, la corniche de la ville se transforme en véritable foire à ciel ouvert avec cafés, restauration, animations… Le maire promet d’en finir avec ce chaos.

Parmi les annonces faites lors de cette session figure le lancement d’une nouvelle SDL: «Casa Ressources». Cette structure aura pour mission principale le recensement et la gestion des biens communaux et le recouvrement des créances en souffrance. Non-recouvrement des taxes locales, impayés de tous genres… le Grand Casablanca a cumulé à ce jour plus de 5 milliards de DH de créances à recouvrer. Rien qu’en 2017, la ville a enregistré 1,2 milliard de DH de créances supplémentaires. Pour arriver à rembourser le prêt que la Banque mondiale a débloqué pour la ville (1), le maire s’est engagé à fructifier les recettes à hauteur de 50% d’ici la fin de son mandat. Or, la métropole peine à assurer le recouvrement de ses créances. Cette mission sera dorénavant du ressort de «Casa Ressources». Le Conseil a également adopté les documents constitutifs de cette SDL qui viendra s’ajouter aux autres structures que sont Casa Aménagement (grands projets), Casa Transports (mobilité), Casadev (stationnement), Casa Prestations (propreté, abattoirs, marché de gros…), Casa Events et Animation (aspects culturels) et Casa-Patrimoine. Cette dernière SDL voit d’ailleurs ses prérogatives transférées à Casa-Aménagements. «Après les difficultés financières de Casa-Patrimoine et la démission de sa DG, nous avons décidé de transférer les dossiers les plus urgents», explique El Omari. Dorénavant, c’est Casa-Aménagements qui va mener à terme les projets de réhabilitation du vélodrome, l’église Sacré Coeur, le marché central, la coupole Zevaco… Par ailleurs, les élus ont également voté l’allocation de la 2e tranche du prêt de la Banque mondiale (171 millions de DH). «80% de ce montant a été consacré à la poursuite des programmes du plan de développement du Grand Casablanca (PDGC), le reste sera alloué à quelques projets du plan d’actions communal», assure Hakima Fasli, vice-présidente chargée de la coopération et du partenariat.

Pour rappel, le plus gros de la 1ère tranche du prêt de la Banque mondiale débloquée en février dernier (485,6 millions de DH) a été consacré à la finalisation de la 2e ligne du tramway. Le reste a été alloué entre autres à la desserte nord de Zenata (30 millions de DH), l’aménagement de 2 nouvelles trémies sur les boulevards Gandhi et Zerktouni (50 millions de DH), des corniches d’Aïn Sebaâ et Aïn Diab (50 millions de DH)…

Au chapitre des décisions, entérinées par les élus, figure également le transfert du marché de gros de volaille. Une mission dévolue à CasaPrestation. Cette SDL sera également chargée d’établir une étude de faisabilité pour la création d’une zone consacrée à la vente de gros des produits alimentaires.

(1) Plus de 2 milliards de DH destinés à soutenir la réalisation des objectifs du plan de développement du Grand Casablanca.

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