Culture

Les moments forts du festival amazigh

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5274 Le 17/05/2018 | Partager
Franc succès de la 14e édition
Plus de 30 conférenciers de différents pays
La culture, élément central de la démocratie
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Le rideau est tombé sur la quatorzième édition du Festival international de la culture amazighe, qui a eu pour thème: «La culture amazighe et l’avenir de la démocratie en Afrique du Nord». Organisé sous le haut patronage royal par l’Association Fès-Saïss et le Centre Sud-Nord pour le dialogue interculturel en partenariat avec la région Fès-Meknès, ce 14e festival a connu un franc succès.

Trois jours durant (du 11 au 13 mai), l’événement a mis l’accent sur la culture en tant qu’élément central de la démocratie. Il s’agit de l’élaboration de stratégies tangibles pour permettre au multiculturalisme d’être au service du développement et de la démocratie. L’Economiste revient sur les principaux points de cette édition.

■ Le multiculturalisme, un levier de développement

Lors de sa partie débat, qui a réuni 30 conférenciers venant de plusieurs pays de haut calibre comme Moulay Driss Alaoui Mdaghri, Mohamed Kabbaj, Nouzha Skalli, Hassan Aourid, Fatima Sadiqi, Jean-Marie Cimon, Juliane Tauchnitz… les intervenants ont souligné l’impact du multiculturalisme en général et de la culture amazighe en particulier sur la modernité, la démocratie et le développement durable. «Ce congrès a jeté la lumière sur la contribution de la culture des minorités dans le monde islamique et a plaidé pour faire du multiculturalisme un levier du développement économique, social et culturel», indique Moha Ennaji, directeur du festival. Et d’ajouter que le congrès a examiné les moyens susceptibles de promouvoir la culture démocratique dans les pays de l’Afrique du Nord. Au cours des débats, les participants ont relevé le rôle important du patrimoine immatériel amazigh et de la diversité culturelle et leurs apports à la culture de la paix.  Unanimes, des universitaires comme Mohamed Arji (Université de Fès), Abdallah Boumalek (IRCAM), Abdelouahad Mabrour (Université d’El Jadida), Ali Fertahi (University Mly Slimane), Mohamed Chtatou (Université International de Rabat) et Driss Bouyahya (Université Moulay Ismail, Meknès), ont passé en revue l’évolution au fil des années de l’action culturelle amazighe et ses différentes phases de transformation.

■ Dounia Batma remporte tous les suffrages

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A Bab El Makina, les soirées du festival ont réuni des artistes de pays africains et méditerranéens afin de créer une synergie autour des arts et de la culture, facteurs de dialogue, de communication et de paix. Ainsi, une dizaine de groupes de musiciens et quelque 50 artistes représentant différentes régions du Maroc, en plus de l’Italie et de l’Espagne, ont animé la place Moulay El Hassan. Le festival a invité les artistes suivants: Sami Ray, Fatima Tachtoukt, Fayçal, Ahidouss, le groupe italien Carishto, la troupe espagnole Marea Flamenca, l’artiste Houssa 46 et la star Dounia Batma. Celle-ci a animé le spectacle de clôture devant plus de 4.000 festivaliers. La chanteuse marocaine a saisi l’occasion de sa montée sur scène pour remercier le Roi pour la lettre manuscrite qu’il lui a adressé récemment, pour la remercier pour sa chanson «Bcharat Khir» (Bonne nouvelle, ndlr). Dans cette chanson, Dounia Batma célèbre le retour du Roi Mohammed VI suite à son opération réussie à Paris. «Nous te remercions, toi et l’ensemble des artistes et journalistes qui ont participé à cette œuvre distinguées qui reflète les sentiments d’amour, de loyauté et de fidélité que vous nous accordez», peut-on notamment lire dans ce courrier signé par le Souverain et daté du 4 mai 2018.

■ Multiples facettes de la culture amazighe

Le point focal des différentes interventions a mis l’accent sur la promotion de l’amazigh en tant que composante essentielle de la culture et de l’identité marocaines. Et ce, à travers la diversification de la production artistique, académique et littéraire.  A ce titre, et comme à l’accoutumée, le festival a mis à l’honneur l’artisanat amazigh à travers des expositions ainsi que le tifinagh lors d’ateliers d’initiation. «L’ambition de notre manifestation est de montrer les multiples facettes de la culture amazighe», estime Ennaji. Il s’agit d’établir des stratégies cohérentes, permettant de consolider le dialogue interculturel, le dialogue entre religions, la cohésion sociale et la culture démocratique dans toute la région.En tout cas, les débats menés autour de «Amazighité et Démocratie», «Mouvement culturel amazigh: bilan et perspectives», «Amazighité, citoyenneté et culture démocratique», «culture amazighe, démocratie et littérature» et «culture amazighe, multiculturalisme et démocratie après le printemps arabe», ont créé des agoras d’une pensée collective pour un avenir meilleur.

Tahar Ben Jelloun, «l’homme de l’année»

Au cours du festival, les organisateurs ont rendu un vibrant hommage à l’écrivain Tahar Ben Jelloun. Natif de Fès, le lauréat du prix Goncourt (en 1987 pour «La Nuit Sacrée») a été choisi «homme de l’année» par le festival amazigh. Dans un témoignage, Mohamed Kabbaj, fondateur de l’Association Fès-Saïss, est revenu sur les chemins croisés avec Ben Jelloun. «Bien que nous soyons tous deux natifs de la médina de Fès, à quelques centaines de mètres, je vous ai connu à travers vos écrits, romans, et articles de presse», a souligné Kabbaj. Prix Goncourt en 1987 pour «La nuit sacrée» (traduit en 43 langues), Tahar Ben Jelloun est la gloire de l’écriture marocaine: l’arabisation lui a fait quitter son poste d’enseignant de philosophie en 1971, mais lui a ouvert une carrière internationale. Il est l’écrivain francophone le plus traduit au monde. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, poésie et romans. Ecrivain élu membre de l’académie Goncourt (depuis 2008), il est l’auteur de nombreux romans dont «Harrouda», «Les cicatrices du soleil», «Les réclusions solitaires», «La prière de l’absent»…jusqu’au «Un pays sur les nerfs» et «La punition».

 

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