Régions

David Bloch Gallery Marrakech: Le ludique mélange des genres d’Alëxone

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5274 Le 17/05/2018 | Partager
3e exposition personnelle de l’artiste parisien
Un monde énergisant ouvert au public jusqu’au 17 juin prochain
Inspiré par le graffiti de ses débuts
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Jusqu’au 17 juin, la David Bloch Gallery de Marrakech présente la 3e exposition personnelle de l’artiste parisien Alëxone Dizac. Une nouvelle série de peintures, papiers et bas-reliefs, mais toujours le même univers fantasmagorique très coloré. La marque de l’artiste (Source: David Bloch Gallery)

Certains de ses personnages portent un message, un symbole, d’autres ne sont là que pour le décor. Le joyeux petit monde d’Alexandre Dizac, dit Alëxone, enchante celui qui regarde. Cet univers fantasmagorique très coloré est peuplé d'animaux et de personnages étranges dont l’artiste pousse la difformité à l'extrême.

Pourtant, grâce à la couleur et au sourire que cela provoque, rien n’effraie. La David Bloch Gallery à Marrakech lance la 3e exposition personnelle de ce Parisien inspiré. Jusqu’au 17 juin, «Moment donné» présente une nouvelle série de peintures, papiers et bas-reliefs. Alëxone Dizac a commencé dans la rue et ça se sent encore. Marqué par l'empreinte indélébile du graffiti, il se fait connaître au début des années 90 avec ses "œdiperies" mêlant graffiti, calligraphie épurée et installation in situ élaborée.

Si les figures sont animales, il est pourtant facile d’y voir les stigmates de la société humaine. Poussées au bout du détail, ses toiles racontent, via ces joyeuses fictions, des scènes de vie peintes avec humour. Car l’artiste s’amuse et son travail s’en ressent. Tout semble sortir comme par instinct. La peinture ne reflète-t-elle pas l’âme de celui ou celle qui la manipule? A regarder simplement le travail de ce sacré Dizac, on l’imagine joyeux, complexe et surtout très généreux.

Si ses figures ont des choses à dire, elles semblent le faire avec bienveillance. Comme il le confie lui-même «dans mes toiles, il y a du propre et du sale, du maîtrisé et du hasard. Tout tourne autour de ça. Entre le blanc et le noir, il y a tant de couleurs». Alëxone avoue aimer la subtilité car, sans elle, tout devient vulgaire.

En cette fin des années 80, habitant en banlieue parisienne, il ne pouvait qu’être confronté à la multiplication des «tags», des signatures, qui avaient déjà inondé le métro de New York. C’est là qu’il commence à taguer au marqueur, avant de ne faire plus que ça, de ne plus penser qu’à ça. Il laisse lui aussi sa trace dans le métro, dont les tunnels n’ont plus de secret pour lui, tout comme les rues de Paris. Les rencontres sont tout autant essentielles. Celles au sein d’une génération, qui, comme lui, se passionne pour un graffiti nord-américain où tout est à réinventer.

Aujourd'hui, les tableaux d’Alëxone se reconnaissent au premier coup d’oeil. La marque d’un artiste. On peut prendre le temps de les détailler, tant les scènes sont cocasses et tant les références sont multiples. Le plaisir du regardant tient alors dans sa propre interprétation. A lui de choisir les idées à s’en faire.

De notre correspondante,  Stéphanie JACOB

 

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