International

Négociations commerciales: Le face-à-face UE-USA

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5274 Le 17/05/2018 | Partager
Les discussions portent sur les taxes sur l'acier et l'aluminium
Echéance: le 31 mai prochain à minuit
Des répercussions sur les entreprises
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Les données clés des échanges commerciaux entre l'Union européenne et les Etats-Unis

L'administration Trump continue les négociations avec ses principaux partenaire commerciaux (l ’UE, le Canada, le Mexique et la Chine…). Les conflits  ne manquent pas.

■ La guerre des taxes: Les discussions entre le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, et la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, concernent le dossier des taxes douanières américaines sur les importations européennes d'acier et d'aluminium. Pour l'heure, celles-ci ont été suspendues par la Maison-Blanche jusqu'au 31 mai à minuit. Wilbur Ross a prévenu que, si aucune «conclusion raisonnable» n'était trouvée, les taxes entreraient en vigueur.

■ Que faire? Pour exempter définitivement l'UE de ces taxes, Washington exige une plus grande ouverture du marché européen. Tandis que Bruxelles a posé comme préalable à toute discussion avec son partenaire américain une exemption «complète et inconditionnelle» de ces taxes. La décision de l'OMC risque de crisper encore davantage les tractations sur le commerce entre Washington et Bruxelles. Elles sont déjà tendues par la décision de Donald Trump de sortir les Etats-Unis de l'accord nucléaire avec l'Iran.
■ L'affaire Airbus-Boeing: En matière de politique commerciale, les litiges ne manquent pas. En effet, l'administration Trump a été confortée dans une potentielle offensive contre Bruxelles par une nouvelle décision de l'OMC. L'Organisation mondiale du commerce déclare que «l'UE n'a pas respecté ses nombreux jugements antérieurs et versé plus de 22 milliards de dollars en subventions illégales au constructeur d'avions européen Airbus». Un verdict final donnant le droit aux Etats-Unis d'appliquer des sanctions commerciales évaluées à plusieurs milliards de dollars par an, selon Washington. L'UE ne peut pas faire appel de ce jugement.

■ Le combat ne date pas d’aujourd’hui: Après une trêve dans les années 1990, Airbus et Boeing s'affrontent depuis octobre 2004 devant l'OMC par le biais de leurs capitales respectives, qui ont déposé deux plaintes simultanées dénonçant les aides publiques accordées à chacun d'entre eux. Dans l'affaire, l'Organisation avait rendu en 2010 un premier verdict sévère pour l'UE dont des décennies d'aides à l'avionneur Airbus avaient été jugées illégales. Européens et Américains avaient fait appel de la décision. En mai 2011, l'OMC était revenue sur une partie de son verdict, invalidant notamment le fait que des financements offerts par l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni pour développer l'A380 constituaient une subvention à l'exportation prohibée. Mais l'OMC avait en revanche confirmé plusieurs éléments du premier jugement.

■ Menaces sur l’Aléna: Cette semaine pourrait s'avérer cruciale pour le traité de libre-échange nord-américain (Aléna). Les négociateurs américains, canadiens et mexicains travaillent depuis des mois à la modernisation de cet accord en vigueur depuis 1994. Ceci à la demande de Donald Trump qui l'accuse d'avoir détruit de nombreux emplois américains. A l'approche des élections de mi-mandat (midterm elections) le 6 novembre, le compte à rebours a donc commencé pour les négociateurs américains. L'administration Trump bénéficie actuellement d'une procédure dite «fast track» (ou Trade Promotion Authority), qui permet au président de faire voter les accords commerciaux par le Congrès sans que celui-ci ait la possibilité de les amender. Pour l'heure, la procédure n'a pas été prolongée. Faute de progrès sur cette question, les négociations pourraient être suspendues pendant de longs mois. Jusqu'à présent, les discussions bloquent notamment sur les «règles d'origine», Washington voulant imposer que les voitures fabriquées dans la zone Aléna soient largement composées d'éléments américains.

ZTE peut être sauvé

En ce qui concerne la sanction imposée au géant chinois des télécoms ZTE, le secrétaire américain au Commerce s’attelle à trouver des solutions alternatives. Au fait, Washington accuse ZTE d'avoir violé ses engagements sur des embargos commerciaux contre l'Iran et la Corée du Nord. En rétorsion, l'administration Trump avait décidé mi-avril d'interdire, pendant sept ans, l'exportation de composants électroniques américains destinés à ZTE, comme les microprocesseurs indispensables à ses smartphones. Le géant chinois (qui a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires d’environ 16,7 milliards de dollars) avait annoncé la semaine dernière que ses principales activités avaient dû cesser à la suite de cette décision qui met en danger sa survie même. Mais il avait précisé communiquer avec l'administration américaine pour modifier ou annuler la sanction.

 

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