Competences & rh

Ingénieurs informatiques: Les Tunisiens moins chers

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5272 Le 15/05/2018 | Partager
A 500 euros par mois, ils coûtent deux fois moins cher que les Marocains
15.000 profils sont formés par an, alors que le Maroc n’en produit que 7.000
Des opérateurs locaux commencent à ouvrir des brèches en Tunisie
ingenieurs-informatiques-072.jpg

La panne d’informaticiens au Maroc décrédibilise les opérateurs auprès des grands donneurs d’ordre. Ces derniers commencent à délocaliser une partie de leur projet en Tunisie où les compétences sont plus disponibles et surtout moins chères

La Tunisie aussi souffre des recrutements massifs des entreprises étrangères. «Quelque 200 informaticiens viennent de prendre le large laissant leur employeur en mauvaise posture», confie la présidente de l’Apebi, Saloua Karkri-Belkeziz (Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring).

Néanmoins, même avec un PIB inférieur à celui du Maroc et une population trois fois moins importante, la Tunisie en forme davantage. «Ils sont près de 15.000 informaticiens tunisiens à sortir sur le marché chaque année», relève Youssef El Alaoui, vice-président de l’Apebi, alors que le Royaume n’en forme qu’à peine 7.000!

Ces profils sont également moins chers et tout aussi compétents que leurs homologues marocains. Cela pousse certaines compagnies à ouvrir des brèches dans le pays. «Plusieurs opérateurs ont commencé à y délocaliser une partie de leur activité», révèle Saloua Karkri-Belkeziz. «La Tunisie facilite l’investissement dans son pays, à travers son guichet unique, cela prend réellement 24 heures pour créer une société», soutient Youssef El Alaoui.

«La rémunération, elle, se situe aux alentours de 1.500 dinars, soit l’équivalent de près de 500 euros. C’est un salaire très compétitif», précise Karkri-Belkeziz. D’ailleurs, la présidente de l’Apebi, également PDG de GFI Maroc, vient de créer une antenne de l’entreprise en Tunisie. Pour l’heure, elle est en phase de recrutement.

Pour Aziz Daddane, patron de S2M, s’installer au pays du jasmin est une option envisageable. «Aujourd’hui, nous faisons face à la cherté des informaticiens et à leur rareté au Maroc. De par notre expérience, les ingénieurs tunisiens que nous avons côtoyés ont une bonne technicité et qualité de travail, d’autant plus que leur niveau de rémunération est plus attractif», souligne-t-il.

S2M a, d’ailleurs, créé en 2016 un nouveau centre appelé A2C (African Card Company), en partenariat avec Tunisie Editique. A travers ce centre, opérationnel depuis fin 2017, l’entreprise étend son activité de personnalisation des cartes. «Nous avons créé cette entité pour répondre au besoin du marché tunisien», souligne Aziz Daddane. «Pour ce qui est d’ouvrir une antenne de S2M, nous y pensons. Nous sommes en train d’étudier cette option», nous confie-t-il.

Mobiblanc, leader marocain en ingénierie mobile et digitale, s’y est également implanté. «Les facilités d’investissement dans le pays et la réactivité de la Compagnie générales d’investissement (l’équivalent du CRI) nous ont vraiment encouragés dans nos démarches», précise Youssef El Alaoui, co-fondateur de l’entreprise et vice-président de l’Apebi.

Mais pour lui, c’est surtout la qualité et la disponibilité des compétences qui l’ont poussé à y créer une antenne. Pour l’heure, la filiale gère quelques projets marocains. Elle s’attaquera plus tard au marché tunisien qui est encore à la traîne côté digitalisation.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc