Régions

Kelaât M’Gouna perd une partie de ses roses

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5271 Le 14/05/2018 | Partager
Une production en baisse cette année à cause du froid et des gelées
Au lieu de distiller les roses, les agriculteurs en ont fait de la confiture
La valorisation du produit encore à la traîne
kelaat-mgouna-rose-071.jpg

La cueillette des roses a subi un retard cette année du fait que les rosiers ont très peu fleuri à cause des pluies tardives qu’a connues cette région (Ph. L’Economiste)

La ville de Kelaât M’Gouna a accueilli du 10 au 13 mai le Salon international de la rose à parfum pour célébrer l’un des produits du terroir les plus prestigieux de la vallée de Dadès. Une 56e édition à laquelle 210 organisations professionnelles, dont une quarantaine de coopératives spécialisées dans la production et valorisation de la rose à parfum, ont participé cette année.

Le printemps et des fragrances mais aussi un bémol: une production en deçà des aspirations des agriculteurs. «La production de cette année, estimée à 3.000 tonnes, a connu une baisse par rapport à l’année dernière où celle-ci a atteint 3.900 tonnes. Ceci est dû à la gelée et au prolongement de la période du froid hivernal», affirment les responsables de l’Office régional de mise en valeur agricole d’Ouarzazate.

D’ailleurs, l’opération de cueillette des roses a subi un retard cette année du fait que les rosiers ont très peu fleuri et ce, suite au froid et aux pluies tardives qu’a connues cette région.

«Les roses cueillies en ce début de mai était insuffisantes pour enclencher l’opération de distillation pour l’obtention de l’eau de rose. Nous nous sommes contentés d’en faire de la confiture, en attendant une meilleure floraison», se désole un membre d’une coopérative à Kelaât M’Gouna.

Pour rappel, la culture de la rose à parfum se pratique sur une superficie d’environ 900 ha (dont 100 ha au niveau des périmètres d’extension) le long de la vallée des roses qui s’étend entre Kelaât M’Gouna et Boumalene. Dans le but de développer la filière rose et de contribuer à l’amélioration des revenus des producteurs, plusieurs projets et programmes sont en cours de réalisation dans le cadre du pilier II du Plan Maroc Vert. 

Le contrat-programme de la filière rose à parfum, s’étalant sur la période 2012-2020, a été signé entre la Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose (FIMAROSE) et l’Etat avec un budget de 100 millions de DH dans l’objectif d’augmenter la superficie et la qualité des rosiers et développer le marché de l’eau de rose naturelle. Pour réaliser ce contrat-programme, la Fimarose a mis au point un plan d’action  réparti en 7 projets.

En marge du festival, une journée de sensibilisation aux techniques de production et de valorisation de la rose à parfum a été organisée par la Chambre d’agriculture du Draa-Tafilalet au profit des agriculteurs de la région. Au programme également, des journées scientifiques sur la chaîne de valeur de la rose à parfum ainsi qu’un atelier sur l’action coopérative.

Rehausser la qualité de la rose à Parfum

La rose à parfum de Kelaât M’Gouna est un produit du terroir représentant une grande richesse pour la population de la vallée de Dadès, son territoire d’origine. Plusieurs actions ont été réalisées dans le cadre du contrat-programme de la filière signé en 2012 visant à rehausser la qualité de ce produit. Ainsi, après la reconnaissance de l’Appellation d’origine protégée «Rose fraîche de Kelaât M’Gouna Dadès» en 2011, l’eau de rose de Kelaât M’Gouna devrait disposer bientôt d’une labellisation Signe distinctif d’origine et de qualité (SDOQ). En parallèle à l’aspect règlementaire, et outre l’aménagement hydro-agricole, le CP vise le repeuplement et la densification des cultures de la rose sur une superficie de 200 ha. Ceci pour améliorer la qualité des plants de la rose à parfum cultivée dans ce territoire, notamment l’espèce Rosa damascena, la variété la plus demandée sur le marché international.

De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc