Economie

L’agriculture, une affaire de femmes en Afrique

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5269 Le 10/05/2018 | Partager
60% des femmes africaines actives exercent dans le secteur
Elles produisent 30% de moins que les hommes
Faute de soutien, elles s’orientent vers les productions à faible valeur
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La première dame du Niger, S.E Aissata Issoufou (en bleu) a tenu à saluer l’ensemble des femmes agricultrices et/ou membres de coopératives présentes à la 2e édition de l’African women in agriculture. Ci-dessus, S.E Aissata Issoufou avec Nadira El Guermai, gouverneur-coordinatrice nationale de l’INDH (Ph. Mokhtari)

Conjuguer l’agriculture au féminin. Les maîtres mots de la 2e édition de l’African women in agriculture (AWA) qui poursuit ses travaux à Marrakech. Une initiative de Believe in Africa organisée cette année avec le soutien de l’INDH, l’agence marocaine de coopération internationale, l’OCP, l’ONU femmes, l’US African developement foundation et Lilium capital.

Cette initiative vise à créer un réseau dédié à l’autonomisation des femmes dans l’agriculture. D’ailleurs, en parallèle aux sessions de travail prévues par la rencontre africaine, un espace d’expositions permet aux coopératives de présenter leurs produits et savoir-faire. Elles étaient plus de 100 femmes à unir leur force pour générer des idées et à leur tête la première dame du Niger, S.E Aissata Issoufou et présidente de la fondation Guri, marraine de l'initiative.

D’emblée, S.E plante le décor: «Si nous voulons assurer la sécurité alimentaire des 240 millions de personnes mal nourries dans notre continent, nous devons reconnaître le rôle que joue la femme dans l’atteinte des objectifs  de développement durable». Près de 60% des femmes africaines actives exercent dans l’agriculture.

Un chiffre qui confirme que le secteur est le premier pourvoyeur d’emplois pour les femmes sur le continent. Dans certains pays comme le Rwanda ou le Burkina Faso, la main-d’œuvre agricole est presque exclusivement féminine avec des pourcentages dépassant les 90%.

Toutefois, ces indicateurs ne traduisent pas un meilleur traitement des femmes au travail puisqu’elles sont sous-payées, n’ont pas accès au financement et n’ont toujours pas droit à la propriété foncière… Aussi les femmes africaines confrontées à  des facteurs d’exclusion cumulatifs produisent 30% de moins que leurs homologues masculins. Faute de soutien, elles s’orientent vers la production de subsistances et de produits de moindre valeur.

«Pourtant, il a été rapporté dans différents rapports de la FAO que si les agricultrices disposaient du même accès aux intrants agricoles que les hommes, elles pourraient augmenter les rendements de 20 à 30%», appelle la première dame du Niger.

La  2e édition de  l’African women in agriculture prévoit d’ailleurs une session dédiée à la démocratisation de l’accès aux engrais et aux semences qui sera animée entre autres par des cadres de l’OCP Africa, filiale africaine de l’Office chérifien des phosphates (OCP).

Les expériences marocaines peuvent servir d’exemple, estiment les organisateurs de l’AWA. A titre d’exemple, l’Initiative nationale du développement humain a mobilisé des soutiens à 7.100 projets générateurs de revenus et d’emploi en faveur de 60.000 femmes.

Plus de 5.000 projets concernent le secteur de l’agriculture. De même que l’Initiative qui fête cette année ses 13 ans a fédéré les efforts pour la création des coopératives féminines regroupées aujourd’hui en fédération, indique Nadira El Guermai, gouverneur-coordinatrice nationale de l’INDH.

 

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