Analyse

La CNT «arrache» un contrat-progrès pour des miettes

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5268 Le 09/05/2018 | Partager
En jeu, une mise à niveau administrative et organisationnelle
Et la création de ses fédérations régionales
Faute de conviction, le secteur public délaisse le secteur

La Confédération nationale du tourisme et, à travers elle, le secteur privé, subit un revers au moment même où elle vient «d’arracher» des ministères de tutelle et des Finances un contrat-progrès qui lui octroie un soutien financier pour accompagner son développement et corriger les tirs, notamment pour soutenir sa trésorerie.

Ces contrats-progrès devraient permettre un schéma de collaboration avec les instances représentatives. L’Etat est sollicité pour 9 millions de DH qui seront dédiés, entre autres, à la mise à niveau administrative et organisationnelle de la CNT et la création de fédérations régionales du tourisme. A condition que le privé, les fédérations métiers puissent elles aussi mobiliser des ressources à hauteur de 2 millions de DH durant la même période.

Ce contrat-progrès est comparable aux contrats de performance signés entre le ministère de l’Industrie et l’Association marocaine pour l'industrie et le commerce automobile (Amica), ou encore avec l’Association marocaine de l’industrie du textile.

L’engagement des ministères du Tourisme et des Finances auprès de la CNT court sur une période de trois ans (2018-2020) et devra être affecté aux chantiers suivants: la gouvernance et le renforcements des capacités de la CNT et la mise en place d’une structure d’animation chargée de la mise en œuvre du développement des services et prestations aux membres, le renforcement de partenariats et  la sensibilisation à la communication.

De son côté, la CNT s’engage à travailler sur la gouvernance aussi bien au niveau national que local avec la mise en place de fédérations régionales du tourisme, le chaînon manquant à la mise en œuvre de la stratégie sectorielle Vision 2020. Celles-ci devront regrouper l’ensemble des associations professionnelles en un seul comité.

«Ces fédérations régionales du tourisme créeront une synergie entre les différents acteurs du tourisme pour une meilleure gestion de la chose touristique», indique Abdellatif Kabbaj, président de la CNT. Autre engagement pris par la confédération, la création de la structure d’animation.

Cette instance devra se charger de la réalisation des études sectorielles et sera aussi un centre de médiation qui a pour mission le règlement à l’amiable des différends nés ou pouvant naître entre les fédérations régionales.

Pour veiller à la réalisation de ce contrat, un comité de suivi, présidé par le ministère du Tourisme et auquel participera aussi le ministère des Finances se chargera d’évaluer deux fois par an les chantiers mis en place dans le cadre du contrat. Sauf que si la CNT revient sous le giron de la CGEM, ce contrat-progrès sera caduc. C’est aussi un des enjeux de ce micmac interprofessionnel.

A noter que, outre les guerres intestines entre professionnels, il n’y a pas eu depuis quelques années de mobilisation du côté public, faute de conviction politique claire, même lorsque le secteur avait été secoué en 2013 et en 2014 et durant toute l’année 2015 par des crises touristiques successives.

Par exemple, le Conseil stratégique du tourisme qui ne s’est réuni qu’une seule fois en six ans alors qu’il était supposé donner sens et cohérence à l’action des pouvoirs publics, les programmes régionaux de développement touristique (PDRT) n’ont jamais vu le jour, les budgets de promotion sont de plus en plus bas et, mieux, le bras armé de la promotion du Maroc, l’ONMT, fonctionne depuis plusieurs mois sans pilote.

Candidature avant l’heure

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Affiliée au départ à la CGEM, la Fédération nationale du tourisme a été fondée et présidée par Mohamed Benamour -un des instigateurs du premier contrat-programme du secteur- jusqu’en 2000. Benamour passe la main à Jalil Benabes Taarji, président actuel de l’Anit.
En 2007, c’est Othmane Cherif Alami, voyagiste et actuel président de la Fédération des transporteurs touristiques, qui préside l’institution, qui sera par la suite externalisée. Chérif Alami passera le flambeau à Ali Ghanam.
En 2013, la FNT devient la Confédération nationale du tourisme avec de nouveaux statuts et nouvelles missions dont la création de fédérations régionales du tourisme.
Depuis 2015, c’est Abdellatif Kabbaj qui officie à la présidence de la CNT en binôme avec Fouzi Zemrani. Son mandat s’achève ce mois de mai. D’ores et déjà, il annonce rempiler pour un second mandat en binôme avec Hamid Bentahar si la confédération reste autonome.

 

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