Competences & rh

L’EIGSI Casablanca brigue la reconnaissance de l’Etat

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5267 Le 08/05/2018 | Partager
C’est la 1re école à délivrer le diplôme d’ingénieur français à l’étranger
Elle ambitionne d’œuvrer au Maroc pour l’Afrique, avec 50% d’étudiants d’autres pays
100 ingénieurs à former par an d’ici 2022
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Sylvain Orsat, DG de l’EIGSI: «Nous avons investi au Maroc seuls car nous souhaitions conserver la maîtrise complète de notre projet, en termes de valeurs, de choix stratégiques et de programmes. Cela nous permet de délivrer, in fine, le même diplôme qu’en France» (Ph. EIGSI)

Cela fait douze ans que l’école française l’EIGSI (École d'ingénieurs en génie des systèmes industriels) est installée au Maroc, à Casablanca, bien avant la vague d’implantations de ces trois dernières années. Pourtant, elle se fait discrète. Aujourd’hui, elle partage ses ambitions.

Dans son campus flambant neuf au quartier Oasis, où elle a déménagé en 2016, elle a reçu jeudi dernier tout un groupe de journalistes français et marocains, afin de dévoiler ses projets. 

Pour commencer, l’école brigue la reconnaissance de l’Etat, pour pouvoir délivrer des diplômes équivalents. Elle a déposé son dossier auprès du ministère de l’Enseignement supérieur en mars 2017.

En juillet de la même année, elle a été la première école à délivrer le diplôme d’ingénieur français à l’étranger, après avoir obtenu l’avis favorable de la Commission des titres d’ingénieurs française (CTI). Les étudiants de l’EIGSI Casablanca recevront donc, dorénavant, le même diplôme que leurs camarades de l’EIGSI de La Rochelle.

Forte de cet atout, l’école ambitionne de monter en puissance, en formant des ingénieurs pour le continent. Elle souhaite capter 50% de ses étudiants à Casablanca à partir d’autres pays africains. D’ici 2022, elle prévoit de former 100 ingénieurs par an, contre 50 aujourd’hui.
L’établissement entend, par ailleurs, s’ouvrir à de nouvelles spécialités, en fonction des besoins du continent, et d’offrir de nouveaux produits de formation (master, bachelor, formation continue…).    

L’EIGSI Casablanca s’active, en outre, dans la recherche et développement. En 2016, elle a intégré le conseil d’administration et le conseil scientifique du Centre de R&D et d’innovation de Casablanca.

«Nous comptons déployer les mêmes laboratoires de recherche que nous avons en France au Maroc», confie son DG, Sylvain Orsat. Plusieurs projets devraient y être développés dans des secteurs divers, comme la voiture électrique, la mobilité urbaine propre, la digitalisation…

L’EIGSI La Rochelle est une école associative privée fondée en 1901,  labellisée EESPIG (reconnue d’intérêt public et réalisant les objectifs de l’Etat en matière d’enseignement). Elle s’est implantée à Casablanca en 2006.

Dix ans plus tard, elle s’y est offerte un nouveau campus d’une capacité de 500 étudiants, pour un montant de 5 millions d’euros. «Nous avons souhaité nous développer à l’international, et plus particulièrement au Maroc, parce que c’était une demande de nos partenaires industriels», explique Orsat.

Contrairement à d’autres établissements, l’EIGSI a choisi d’investir seule au Maroc, en conservant 100% du capital du campus de Casablanca. Ses sites, français et marocain, font l’objet d’une seule et même gouvernance, une direction des études communes et des référentiels de compétences identiques. Le jury de délivrance des diplômes est, également, unique.

L’école d’ingénieurs généralistes propose neuf dominantes en fin de cursus dans des domaines divers. Comme le Management & Ingénierie des Systèmes industriels, Intégration des Réseaux & des Systèmes d’information, Energie & Environnement, BTP, Logistique et Organisation Transport…
Pour l’instant, le groupe ne prévoit pas de se développer dans d’autres pays.

80% des lauréats démarrent leur carrière à l’étranger

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Dans le campus de Casablanca, les étudiants doivent effectuer un minimum de 50 semaines de stage et 300 heures de projets durant leur cursus.
Environ 56% des lauréats s’insèrent dans l’entreprise où ils ont passé leur stage de fin d’études. Pratiquement la totalité arrive à décrocher un emploi à un mois et demi de la diplomation. Les étudiants passent leur dernière année en France. Du coup, 80% choisissent de ne pas retourner au Maroc à l’issue de leur formation et de démarrer leur carrière à l’étranger.

 

 

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