Competences & rh

RH: Pourquoi pas un Erasmus africain

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5267 Le 08/05/2018 | Partager
L'objectif serait de capter et retenir les cerveaux, une mission encore difficile
Les profils digitaux, très demandés, mettent la pression sur les rémunérations
De plus en plus de Marocains intéressés par des missions en Afrique
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Le cabinet Deloitte Insights vient de réaliser une étude mondiale sur les tendances RH. Il en ressort que les entreprises dont les dirigeants collaborent activement ont un tiers de chance de plus d’obtenir une croissance de 10% supérieure à celles dont les dirigeants travaillent en silos. Au vu de l’opinion des collaborateurs sondés, les organisations se doivent de rénover en profondeur leur workforce

Un Erasmus à la sauce africaine. Une option à envisager pour booster une coopération Sud-Sud porteuse du développement sous toutes ses formes. Car les échanges inter-régionaux sont encore insuffisants. Ce serait là un point de départ pour une bonne compréhension multiculturelle, le premier pas pour que les Etats africains soient en mesure d’opérer eux-mêmes les grandes transformations exigées aujourd’hui.

Sauf que cette mise à niveau demande de savoir capter, épanouir, retenir et développer ses talents. «Pas facile de les attirer dans ce marché mondialisé où nous sommes en concurrence avec les grosses multinationales étrangères», confie Leila Serar Tazi, directrice à la BMCE Bank of Africa. «Les profils digitaux, clairement disputés, à qui il faut proposer des packages élevés, mettent beaucoup de pression sur nos politiques de rémunération», ajoute-t-elle.

Clairement, au sein des entreprises comme dans l’enseignement supérieur, le coche a été raté dans l’accompagnement et la formation des collaborateurs face au tsunami numérique. La récente étude sur la pénurie de talents en France en 2030 peut augmenter les craintes à voir partir les jeunes Africains.

Pour la DRH de Saham Finances, Aline Chambaret, «la lucidité est importante si l’on veut saisir nos chances». Najla Chérif Hamdi, DRH pour Sanofi Maroc, Tunisie et Libye, tient à rappeler les derniers chiffres du HCP sur le comportement des Marocains en recherche d’emploi.

Un constat utile à prendre en compte. En effet, il en ressort que 75% des personnes interrogées sollicitent leur entourage pour trouver du travail, alors que 7,4% répondent aux annonces et moins de 4% passent par un cabinet de recrutement. «Il est également intéressant de savoir que 7,9% tentent leur chance aux concours de l’Etat, ce qui est bien inférieur que dans les pays voisins du Maroc», développe Hamdi.

La fuite des cerveaux, c’est 94.000 talents perdus en Tunisie sur ces 6 dernières années et 8 à 9 cadres marocains sur 10 qui avouent souhaiter quitter le pays. «En 2017, sur la promotion de médecins tunisiens, 40% étaient sur le départ» continue-t-elle. Les raisons avancées par ces talents voyageurs? L’envie de s’épanouir, d’avoir une visibilité de carrière et bien sûr les questions économiques. 

Si tous les regards étaient tournés vers le Nord, aujourd’hui, les opportunités s’ouvrent de plus en plus en interne. Avec l’implantation des «champions nationaux» et des fleurons de l’économie marocaine dans de nombreux pays africains, ce sont autant d’opportunités d’emplois pour les ressources humaines locales.

«Grâce à nos packages d’avantages, nous voyons grossir les demandes en interne pour partir en mission dans l’un des Etats où nous sommes présents», assure la directrice de BMCE Bank of Africa. Pour autant, la question du retour au Maroc dans de bonnes conditions de poste est encore une difficulté. Même stratégie de développement chez Managem et même contrainte dans la gestion des retours.

«Le maillon faible» pour le directeur RSE et RH à l’international, Abdellatif Kissami. «L’expatriation doit être réduite au minimum, dans des postes clés, le reste devant être sourcé localement. D’où l’importance d’avoir des partenaires locaux», ajoute Aziz Debbarh, DRH chez Jacobs Engineering.

Autre solution, qui s’est imposée chez Lesieur où certains talents travaillent pour tout le groupe international, depuis le Maroc. La DRH, Asmae Tazi, relève l’exemple de cette «collaboratrice sénégalaise, formée au Maroc, et qui a été dépêchée à Dakar pour le développement d’une filiale».

La mobilité est donc une clé indispensable au développement du marché de l’emploi en Afrique. Tisser un solide réseau de partenaires est une ambition partagée et en émergence. Une chose est sûre, le continent attire toutes les convoitises et multiplie les opportunités, mais tout autant de difficultés restent à dépasser.

L’élan donné par le Souverain s’inscrit comme une référence pour développer un modèle de coopération économique mutuellement bénéfique. L’objectif majeur étant d’améliorer les conditions de vie des citoyens africains.

 

 

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